Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 07:24

Texte tiré du livre : « François, le mendiant magnifique » écrit par Jean Egen (éd. du Signe, en1998)

 http://www.lessignets.com/signetsdiane/calendrier/images/mai/30/4/clip_image001.jpg

Assis devant la cheminée, François s’amuse des petites flammes qui dansent autour des bûches. On frappe. La mère et l’enfant se regardent. –Qui est là ? demande Madame Bernadone. – J’ai faim, répond une voix cassée qui arrive à peine à traverser la porte. … Madame Bernadone a ouvert et le mendiant est entré. Le vent, le froid, le soir de novembre sont entrés derrière lui. Le feu s’est fâché tout rouge et a craché des étincelles. Le chien a grondé et a montré les dents. François lui-même a froncé les sourcils. Madame Bernadone a souri. –Asseyez-vous, grand-père, a-t-elle dit. Et faîtes comme chez-vous !Maintenant, elle lui sert une grosse potée de soupe que le vieux lape à grand bruit. Puis, elle lui apporte de la viande que le famélique dévore comme un loup. Il prend à peine le temps de grogner merci. Il mange.

François le regarde. Il est affamé ce mendiant. C’est égal, il pourrait manger plus proprement. Il est plutôt repoussant du reste, ce qui n’empêche pas maman de s’occuper de lui comme s’il était le Signor Bernadone en personne. Elle lui demande si la soupe est assez chaude et la viande assez tendre. Elle lui parle avec déférence pour ne pas dire avec affection. L’enfant trouve cela bizarre. Et même un peu choquant.

Maman est venue s’asseoir près de François, devant la cheminée, tandis que le mendiant continue à bâfrer. Dans le silence, on entend travailler ses mâchoires.

-Maman, murmure François, pourquoi mange-t-il comme ça ? –Parce qu’il a faim, chuchote maman. –Quand je fais du bruit en mangeant, tu me traites de petit cochon. Pourquoi tu ne lui dis rien à lui ? –Parce que c’est un pauvre. « Curieuse raison » pense François. Alors, parce que c’est un pauvre, il peut tout se permettre ? Il regarde le marmiteux par en dessous : - Maman ! Chuchote-t-il encore. – Quoi ? –Il est encore plus sale que mes petits copains. –C’est qu’il doit se laver encore moins souvent. Pourquoi tu ne lui dis pas de se laver ? –Tais-toi, François, tu es mal élevé.

Cette fois, maman exagère. C’est le mendiant qui est sale, c’est le mendiant qui fait du bruit en mangeant et c’est François qui est mal élevé ! Il veut protester, mais voici que maman se lève et demande poliment au pouilleux s’il n’a plus faim. – Non, répond le mendiant d’une voix peu gracieuse. J’ai sommeil.

Que fait maman ? Elle entreprend aussitôt de vanter la chaleur de l’étable et la douceur de la paille. –Vous serez très bien, vous verrez. D’ailleurs c’est là que mon fils est né,ajoute-t-elle, pour faire comprendre au vagabond qu’elle ne saurait lui offrir de meilleure couchette. « De mieux en mieux, pense l’enfant. Qu’est-ce qu’il va s’imaginer, ce pouilleux ? »

Enfin, le voilà parti. François est soulagé. On dirait qu’il boude. Oui, Madame Bernardone, il boude. Il trouve que vous avez été injuste. Vous parliez au vagabond d’une voix douce, comme s’il était votre fils. Et vous avez rabroué votre fils comme s’il était vagabond. François se trouve vexé et il espère que vous en aurez du regret.

Madame Bernadone en a. Elle prend son petit garçon sur les genoux, comme autrefois :

-Je vais te raconter une histoire, dit-elle. C’était dans un pays comme le nôtre. Un homme et une femme erraient sur la route, un soir d’hiver. La pauvre Signora attendait un enfant. Le pauvre Signor frappait à toutes les portes, et toutes les portes restaient closes…

François l’interrompt : - Je la connais. C’est l’histoire du petit Jésus. – Oui. C’est l’histoire du petit Jésus. Seulement, elle recommence tous les jours. Sur toutes les routes du monde. Tous ces pauvres qui ont faim, qui ont froid, qui ont mal, c’est la famille du petit Jésus qui revient.

-Et nous, demande François, et nous ? Nous ne sommes pas de la famille du petit Jésus ? – Si, bien sûr, mais… -Mais quoi ? demandent les yeux du petit Bernardone. -Tu comprends, commence maman. Les pauvres sont dehors et nous, nous sommes dedans…

Elle s’exprime très mal, mais François comprends très bien. Il met les paroles maternelles en images, il les met en musique. Dedans c’est le feu qui chante et dehors c’est le vent qui gémit. Dedans sont les enfants des marchands drapiers. Ils se pourlèchent de miel et s’empiffrent de galettes. Ils dorment dans des petits lits bien chauds, sur de petits oreillers bien doux, qui les protègent du vent, des loups, de la tempête… Dehors sont les enfants des pauvres. Ils grignotent des tartines de vent. Ils dorment sur la pierre et se serrent les uns aux autres quand le froid les empoigne. Les enfants riches ont de belles joues roses. Les enfants pauvres ont de tristes joues bleues…

Alors, poursuit Madame Bernadone, il faut les faire entrer. Il faut leur ouvrir la porte de notre maison. Et celle de notre cœur. Ainsi, nous ferons partie d’une même famille. François continue de lever sur sa mère des yeux pleins de gravité. Il réfléchit et dit soudain : -je ne crois pas. – Comment tu ne crois pas ? – C’est pas comme ça qu’il faut faire. – Voyons si le petit Jésus venait frapper à la porte ce soir, tu ne lui ouvrirais pas ? Tu ne lui donnerais pas ton lit ? – Si bien sûr, répond le petit François. Mais il ne resterait pas.

C’est pourtant vrai. Madame Bernardone n’imagine pas Jésus s’installant dans la famille du marchand drapier. –Alors, commence François. – Alors ? –Puisqu’il repartirait, je repartirais avec lui.

Si maman comprend bien le petit Bernardone, il ne suffit pas de faire entrer les pauvres chez soi. Il faut aller sur les routes. Avec eux.

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Soeurs Franciscaines de N Dame des Douleurs
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Congrégation des Soeurs Franciscaines
  • Congrégation des Soeurs Franciscaines
  • : Congrégation vouée au service des malades,fondée en Pologne en 1881.Diffuse en permanence L'apostolat dans différents pays.
  • Contact

Bienvenue-Witamy

 Pieta-01.jpg         Bonjour à tous -Witamy         
Bienvenue à tous et à toutes .Merci pour votre passage sur notre site.La congrégation des soeurs Franciscaines de Notre dame des Douleurs oeuvre avec volonté et acharnement pour soulager et accompagner les plus meurtris par la vie,en leur prodiguant les soins physiques et spirituels nécéssaires à leur bien-être.

Dziękujemy wszystkim odwiedzającym nasze stronice internetowe za poświecony czas na przeglądnięcie artykułów i zapoznanie się z naszym posłannictwem i misją w Kościele. Zgromadzenie Córek Matki Bożej Bolesnej zgodnie z charyzmatem Założycieli stara się służyć i pomagać ubogim,chorym i cierpiącym.
Zgromadzenie świadome ogromu pracy w tej dziedzinie, przychodzi z pomocą potrzebującym. Podejmuje dzieła z przekonaniem i oddaniem aby w miarę możliwosci poprawić i stworzyć lepsze warunki życia człowieka. 

Centre de soins infirmiers

      
Centre de soins infirmiers des Sœurs

29, rue du Marché
95160 Montmorency
Tel:01.39.64.75.40


Permanence au Centre:
de: 12h à 12h30
      16h à 17h
      19h à 19h30
Soins infirmiers à domicile sur RV

Place des Victimes du V2

95170 Deuil la Barre

Tel :01.39.83.15.52

 

Permanence :

de :   12h à 12h30

et de: 18h à 18h 30
Samedi et Dimanche sur RV

Soins infirmiers à domicile

Sur RV

Messes à Deuil et Montmorency

Messes dominicales à Deuil la Barre
Samedi à 18 h à Notre Dame

dimanche à 9h.30 
en l'église Notre Dame
Place des Victimes du V2
à 11h
en l'église Saint Louis
10 rue du Chateau

 

Messes dominicales à Montmorency

samedi à 18h30 à la Collégiale

dimanche à 10h

en l'église St.François

à 11h15

à la Collégiale

Visit from 10/09/07