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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 16:13

Audience du 28 novembre 2012 ROME, mercredi 28 novembre 2012 (ZENIT.org)

– Pour parler de Dieu « il est nécessaire de retrouver la simplicité, de revenir à l’essentiel de l’annonce », qui n’est autre que la « bonne nouvelle d’un Dieu-Amour qui se fait proche en Jésus-Christ », déclare Benoît XVI.

Le pape a poursuivi sa catéchèse sur la foi au cours de l’audience de ce 28 novembre, en la Salle Paul VI du Vatican, devant des milliers de visiteurs. « Parler de Dieu », a-t-il encore dit, suppose « une familiarité avec lui », à travers « l’écoute » et la prière. Catéchèse de Benoît XVI en italien :

 

  Chers frères et sœurs,

 

La question centrale que nous nous posons aujourd’hui est la suivante : comment parler de Dieu à notre époque ?

Comment communiquer l’Evangile, pour ouvrir la voie à la vérité salvifique dans les cœurs souvent fermés de nos contemporains et dans leurs esprits parfois distraits par tant de lueurs de notre société.

Jésus lui-même, nous disent les évangélistes, s’est posé cette question lorsqu’il annonçait le règne de Dieu : « Comment allons-nous comparer le Royaume de Dieu ? Ou par quelle parabole allons-nous le figurer ? » (Mc 4, 30).

Comment parler de Dieu aujourd’hui ?

 La première réponse est que nous pouvons parler de Dieu parce qu’il a parlé avec nous. La première condition pour parler de Dieu est donc l’écoute de ce qu’il a dit lui-même. Dieu a parlé avec nous ! Dieu n’est donc pas une hypothèse lointaine sur l’origine du monde ; il n’est pas une intelligence mathématique très loin de nous. Dieu s’intéresse à nous, il nous aime, il est entré personnellement dans la réalité de notre histoire, il s’est « auto-communiqué » jusqu’à s’incarner. Dieu est donc une réalité de notre vie, il est si grand qu’il a même du temps pour nous, il s’occupe de nous.

En Jésus de Nazareth, nous rencontrons le visage de Dieu, qui est descendu du Ciel pour s’immerger dans le monde des hommes, notre monde, et nous enseigner « l’art de vivre », la voie du bonheur ; pour nous libérer du péché et faire de nous des enfants de Dieu (cf. Ep 1,5 ; Rm 8,14).

Jésus est venu pour nous sauver et nous montrer la vie bonne de l’évangile.

Parler de Dieu veut dire, avant tout, avoir bien clair à l’esprit ce que nous devons apporter aux hommes et aux femmes de notre temps : non pas un Dieu abstrait, une hypothèse, mais un Dieu concret, un Dieu qui existe, qui est entré dans l’histoire et qui y est présent, le Dieu de Jésus-Christ, comme réponse à la question fondamentale du pourquoi et du comment vivre.

C’est pourquoi parler de Dieu demande une familiarité avec Jésus et son Evangile, suppose une connaissance personnelle et réelle de Dieu et une passion vive pour son projet de salut, sans céder à la tentation du succès, mais en suivant la méthode de Dieu lui-même.

La méthode de Dieu est celle de l’humilité : Dieu s’est fait l’un de nous ; c’est la méthode qui s’est réalisée dans l’incarnation, dans la maison simple de Nazareth et dans la grotte de Bethléem, la méthode du grain de sénevé. Il ne faut pas craindre l’humilité des petits pas, et avoir confiance dans le levain qui pénètre dans la pâte et la fait lever mystérieusement (cf. Mt 13, 33).

Pour parler de Dieu dans l’évangélisation, sous la conduite de l’Esprit-Saint, il est nécessaire de retrouver la simplicité, de revenir à l’essentiel de l’annonce : la Bonne Nouvelle d’un Dieu qui est réel et concret, un Dieu qui s’intéresse à nous, un Dieu-Amour qui se fait proche de nous en Jésus-Christ jusqu’à la Croix et qui, dans la résurrection, nous donne l’espérance et nous ouvre à une vie qui n’a pas de fin, la vie éternelle.

Le communicateur exceptionnel que fut saint Paul nous donne une leçon qui va droit au centre de la foi avec une grande simplicité. Il écrit, dans la première Lettre aux Corinthiens : « Pour moi, quand je suis venu chez vous, frères, je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu avec le prestige de la parole ou de la sagesse. Non, je n'ai rien voulu savoir parmi vous, sinon Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié » (2, 1-2).

Par conséquent, la première réalité est que Paul ne parle pas d’une philosophie qu’il aurait développée, il ne parle pas d’idées qu’il a trouvées quelque part ou inventées, mais il parle d’une réalité de sa vie, de Dieu qui est entré dans sa vie, un Dieu réel et vivant qui a parlé avec lui et qui parlera avec nous ; il parle du Christ crucifié et ressuscité.

 

La seconde réalité est que Paul ne se cherche pas lui-même, il ne veut pas se créer un cercle d’admirateurs ni entrer dans l’histoire comme le chef d’une école de grandes connaissances, il ne se cherche pas lui-même. Paul annonce le Christ et veut gagner les personnes au Dieu vrai et réel. Il parle avec l’unique désir de prêcher celui qui est entré dans sa vie et qui est la vraie vie, qui l’a conquis sur le chemin de Damas.

 

Parler de Dieu veut donc dire donner de la place à celui qui nous le fait connaître, qui nous révèle son visage d’amour ; cela veut dire exproprier son propre moi en l’offrant au Christ, conscient que ce n’est pas nous qui pouvons gagner les autres à Dieu, mais que nous devons les attendre de Dieu lui-même, l’invoquer pour qu’il nous les envoie.

 

Parler de Dieu naît toujours de l’écoute, de notre connaissance de Dieu qui se réalise dans une familiarité avec lui, dans une vie de prière et selon les commandements.

Pour saint Paul, communiquer la foi ne signifie pas s’apporter soi-même, mais dire ouvertement et publiquement ce qu’il a vu et entendu en rencontrant le Christ, ce qu’il a expérimenté dans son existence désormais transformée par cette rencontre : c’est apporter ce Jésus qu’il sent présent en lui et qui est devenu la véritable orientation de sa vie, pour faire comprendre à tous que Jésus est nécessaire pour le monde et décisif pour la liberté de tout homme.

L’apôtre ne se contente pas de proclamer des paroles, mais il implique toute son existence dans la grande œuvre de la foi.

 

Pour parler de Dieu, il faut lui faire de la place, en étant confiant que c’est lui qui agit dans notre faiblesse : lui faire de la place sans peur, avec simplicité et joie, avec la conviction profonde que plus nous le mettons au centre, et non pas nous, plus notre communication portera du fruit. Et cela vaut aussi pour les communautés chrétiennes : elles sont appelées à montrer l’action transformante de la grâce de Dieu, en dépassant les individualismes, les fermetures, les égoïsmes, l’indifférence, et en vivant l’amour de Dieu dans les relations quotidiennes.

Demandons-nous si nos communautés chrétiennes sont vraiment comme cela. Nous devons nous mettre en route pour devenir toujours et réellement ainsi, annonciateurs du Christ et non pas de nous-mêmes. Nous devons maintenant nous demander comment Jésus communiquait. Jésus parle de son père, Abba, et du Royaume de Dieu, avec un regard plein de compassion pour les désagréments et les difficultés de l’existence humaine.

Il parle avec un grand réalisme et, je dirais, l’essentiel de l’annonce de Jésus est qu’il rend le monde transparent et que notre vie a de la valeur pour Dieu. Jésus montre que le visage de Dieu transparaît dans le monde et dans la création et il nous montre aussi comment Dieu est présent dans les histoires quotidiennes de notre vie.

C’est vrai dans les paraboles de la nature, du grain de sénevé, du champ où le semeur est parti semé, comme dans notre vie, si nous pensons à la parabole du fils prodigue, de Lazare ou d’autres paraboles de Jésus. Dans les évangiles, nous voyons comment Jésus s’intéresse à chaque situation humaine qu’il rencontre, il s’immerge dans la réalité des hommes et des femmes de son temps, avec une confiance totale dans l’aide de son Père. Dieu est réellement présent dans l’histoire, de manière cachée, et nous pouvons le rencontrer si nous sommes attentifs.

Et les disciples, qui vivent avec Jésus, les foules qui le rencontrent, voient sa réaction aux problèmes les plus divers ; ils voient comment il parle, comment il se comporte ; ils voient en lui l’action de l’Esprit-Saint, l’action de Dieu. En lui, l’annonce et la vie s’entremêlent : Jésus agit et enseigne, en partant toujours d’une relation intime avec Dieu son Père.

Ce style devient une indication essentielle pour nous qui sommes croyants : notre mode de vie dans la foi et dans la charité devient une manière de parler de Dieu dans l’aujourd’hui, parce qu’il montre, par une existence vécue dans le Christ, la crédibilité, le réalisme de ce que nous disons par nos paroles ; ce ne sont pas seulement des paroles, mais elles montrent la réalité, la réalité véritable.

Sur ce point, nous devons être attentifs à saisir les signes des temps de notre époque, c’est-à-dire distinguer les potentialités, les désirs, les obstacles que l’on rencontre dans la culture actuelle, en particulier le désir d’authenticité, la soif de transcendance, la sensibilité pour la sauvegarde de la création, et communiquer sans peur la réponse qu’offre la foi en Dieu.

 L’Année de la foi est une occasion de découvrir, avec une imagination animée par l’Esprit-Saint, de nouveaux parcours au niveau personnel ou communautaire, afin qu’en tous lieux la force de l’Evangile soit sagesse de vie et orientation de l’existence.

A notre époque aussi, la famille est un lieu privilégié pour parler de Dieu, la première école pour communiquer la foi aux nouvelles générations.

Le concile Vatican II parle des parents comme des premiers messagers de Dieu (cf. Lumen Gentium, 11 ; Apostolicam actuositatem, 11), appelés à redécouvrir leur mission, en assumant la responsabilité qu’ils ont d’éduquer, d’ouvrir les consciences des petits à l’amour de Dieu, comme un service fondamental pour leur vie, d’être les premiers catéchistes et maîtres de la foi pour leurs enfants.

 Dans cette tâche, il est avant tout important d’être vigilant, c’est-à-dire de savoir saisir les occasions favorables pour introduire dans la famille le discours de la foi et pour faire mûrir une réflexion critique sur les nombreux conditionnements auxquels les enfants sont soumis. Cette attention des parents est aussi une sensibilité à accueillir les questions religieuses qui peuvent être présentes dans l’esprit des enfants, parfois évidentes, parfois cachées.

Et puis, la joie : la communication de la foi doit toujours avoir la tonalité de la joie. C’est la joie pascale, qui ne tait et ne cache pas les réalités de la douleur, de la souffrance, de la fatigue, des difficultés, des incompréhensions et de la mort, mais qui sait offrir des critères pour tout interpréter dans la perspective de l’espérance chrétienne.

La vie bonne de l’Evangile est précisément ce regard neuf, cette capacité à voir toute situation avec les yeux de Dieu. Il est important d’aider tous les membres de la famille à comprendre que la foi n’est pas un poids, mais la source d’une joie profonde, et de percevoir l’action de Dieu, de reconnaître la présence du bien, qui ne fait pas de bruit ; la foi offre des orientations précieuses pour bien vivre sa propre existence.

 Enfin, la capacité d’écoute et de dialogue : la famille doit être un environnement dans lequel on apprend à être ensemble, à surmonter les disputes dans un dialogue réciproque qui est fait d’écoute et de parole, à se comprendre et à s’aimer, pour être signe, les uns pour les autres, de l’amour miséricordieux de Dieu. Parler de Dieu veut donc dire faire comprendre par la parole et par la vie que Dieu n’est pas le concurrent de notre existence, mais qu’il en est plutôt le garant, le garant de la grandeur de la personne humaine.

Ainsi nous sommes revenus au début : parler de Dieu c’est communiquer, avec force et simplicité, par la parole et par la vie, ce qui est essentiel : le Dieu de Jésus-Christ, ce Dieu qui nous a montré un amour si grand qu’il s’est incarné, il est mort et il est ressuscité pour nous ; ce Dieu qui demande de le suivre et de nous laisser transformer par son immense amour pour renouveler notre vie et nos relations ; ce Dieu qui nous a donné l’Eglise, pour que nous marchions ensemble et, à travers sa parole et les sacrements, pour renouveler toute la Cité des hommes, afin qu’elle puisse devenir la Cité de Dieu. Merci.

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 15:49

ROME, mercredi 5 décembre 2012 (Zenit.org) –

 

 L’acte de foi est la « réponse de l’homme à la Révélation de Dieu, qui se fait connaître et qui manifeste son dessein de bienveillance », déclare Benoît XVI.

Cette Révélation, explique-t-il, entraîne une « conversion », c’est-à-dire un « changement de mentalité », parce que Dieu devient le « rocher » qui donne « stabilité à notre vie ».

Le pape a poursuivi son cycle de catéchèses pour l’Année de la foi, au cours de l’audience générale de ce mercredi 5 décembre, devant quelque 4000 personnes, en la salle Paul VI du Vatican. Catéchèse de Benoît XVI en italien :

 

Chers frères et sœurs,

Au début de sa lettre aux chrétiens d’Ephèse (cf. 1, 3-14), l’apôtre Paul élève une prière de bénédiction à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous introduit dans le temps de l’Avent, dans le contexte de l’Année de la foi. Le thème de cet hymne de louange est le projet de Dieu pour l’homme, défini avec des termes pleins de joie, d’étonnement et d’action de grâce, comme un « dessein de bienveillance » (v. 9), de miséricorde et d’amour.

Pourquoi l’apôtre élève-t-il vers Dieu cette bénédiction, du plus profond de son cœur ? Parce qu’il regarde son action dans l’histoire du salut, qui a culminé dans l’incarnation, la mort et la résurrection de Jésus, et il contemple comment le Père céleste nous a choisis avant même la création du monde, pour que nous soyons ses fils adoptifs, en son Fils unique, Jésus-Christ (cf. Rm 8, 14 suiv. ; Gal 4, 4 suiv.).

Nous existions dans l’esprit de Dieu depuis l’éternité, dans un grand projet que Dieu a gardé en lui et qu’il a décidé de réaliser et de révéler « à la plénitude des temps » (cf. Ep 1, 10).

Saint Paul nous fait donc comprendre que toute la création et en particulier l’homme et la femme, ne sont pas le fruit du hasard, mais ils répondent à un dessein de bienveillance de la raison éternelle de Dieu qui, par la puissance créatrice et rédemptrice de sa Parole, donne au monde son origine.

Cette première affirmation nous rappelle que notre vocation n’est pas simplement d’exister dans le monde, d’être insérés dans une histoire, ni même seulement d’être des créatures de Dieu ; c’est quelque chose de plus grand ; c’est d’être choisis par Dieu, dès avant la création du monde, dans son Fils, Jésus-Christ. En lui, donc, nous existons, pour ainsi dire, depuis toujours. Dieu nous contemple dans le Christ, comme ses fils adoptifs.

Le « dessein de bienveillance » de Dieu, qualifié par l’apôtre de « dessein d’amour » (Ep 1, 5), est défini comme « le mystère » de la volonté divine (v. 9), caché et maintenant manifesté dans la personne et dans l’œuvre du Christ. L’initiative divine précède toute réponse humaine : c’est un don gratuit de son amour qui nous enveloppe et nous transforme. Mais quel est le but ultime de ce dessein mystérieux ? Quel est le cœur de la volonté de Dieu ? C’est, nous dit saint Paul, de « ramener toutes choses sous un seul Chef, le Christ » (v. 10).

Dans cette expression, nous trouvons une des formulations centrales du Nouveau Testament qui nous font comprendre le dessein de Dieu, son projet d’amour pour l’humanité entière ; c’est une formulation que saint Irénée de Lyon, au second siècle, a placée au cœur de sa christologie : « récapituler » toute la réalité dans le Christ.

Peut-être que certains d’entre vous se souviennent de la formule utilisée par le pape saint Pie X pour la consécration du monde au cœur sacré de Jésus : « Instaurare omnia in Christo » (« Instaurer toute chose dans le Christ »), formule qui se réfère à cette expression paulinienne et qui était aussi la devise de ce saint pape. Mais l’apôtre parle plus précisément de récapitulation de l’univers dans le Christ, et cela signifie que, dans le grand dessein de la création et de l’histoire, le Christ se lève comme le centre de tout le cheminement du monde, comme l’axe qui porte tout, qui attire à soi la réalité tout entière, pour dépasser la dispersion et les limites et tout amener à la plénitude voulue par Dieu (cf. Ep 1, 23).

Ce « dessein de bienveillance » n’est pas resté, pour ainsi dire, dans le silence de Dieu, dans les hauteurs de son ciel, mais il l’a fait connaître en entrant en relation avec l’homme auquel il n’a pas révélé seulement quelque chose, mais il s’est révélé lui-même. Il n’a pas simplement communiqué un ensemble de vérités, mais il s’est « auto-communiqué » à nous, au point d’être l’un de nous, au point de s’incarner.

Le concile œcuménique Vatican II dit, dans la constitution dogmatique Dei Verbum : « Il a plu à Dieu dans sa bonté et sa sagesse de se révéler en personne et de faire connaître le mystère de sa volonté (cf. Ep 1, 9) grâce auquel les hommes, par le Christ, le Verbe fait chair, accèdent dans l’Esprit Saint, auprès du Père et sont rendus participants de la nature divine » (n.2).

Non seulement Dieu dit quelque chose, mais il se communique, il nous attire dans la nature divine au point que nous aussi, nous sommes en elle, divinisés. Dieu révèle son grand dessein d’amour en entrant en relation avec l’homme, en s’approchant de lui au point de se faire homme lui-même.

Le concile continue : « Par cette révélation, le Dieu invisible (cf. Col 1, 15 ; 1 Tm 1, 17) s’adresse aux hommes en son surabondant amour comme à des amis (cf. Ex 33, 11 ; Jn 15, 14-15), il s’entretient avec eux (cf. Ba 3, 28) pour les inviter et les admettre à partager sa propre vie » (ibid.).

L’homme n’aurait pas pu, par sa seule intelligence et ses capacités, atteindre cette révélation si lumineuse de l’amour de Dieu ; c’est Dieu qui a ouvert son ciel et qui s’est abaissé pour guider l’homme dans l’abime de son amour. Saint Paul écrit encore aux chrétiens de Corinthe : « Mais, selon qu'il est écrit, nous annonçons ce que l'œil n'a pas vu, ce que l'oreille n'a pas entendu, ce qui n'est pas monté au cœur de l'homme, tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l'aiment. Car c'est à nous que Dieu l'a révélé par l'Esprit ; l'Esprit en effet sonde tout, jusqu'aux profondeurs de Dieu » (I Co, 2, 9-10).

 Et saint Jean Chrysostome, dans un célèbre commentaire du début de la lettre aux Ephésiens, invite à goûter toute la beauté de ce « dessein de bienveillance » de Dieu révélé dans le Christ, par ces paroles : « Que vous manque-t-il encore ? Vous êtes désormais immortel, libre, fils, juste, frère, cohéritier ; vous avez part à la royauté et aux hommages ; tout vous a été octroyé. " Comment, avec lui ", est-il écrit, " ne nous donnerait-il pas aussi toutes choses?" (Rom. VIII, 32.) Vos prémices sont adorées par des anges […] Que vous manque-t-il encore ? » (PG 62, 11).

Cette communion dans le Christ, par l’œuvre de l’Esprit-Saint, offerte par Dieu à tous les hommes avec la lumière de la Révélation, n’est pas quelque chose qui vient se superposer à notre humanité mais c’est la réalisation des aspirations les plus profondes, de ce désir d’infini et de plénitude qui réside dans l’intime de l’être humain et l’ouvre à un bonheur qui n’est pas momentané et limité, mais éternel.

Saint Bonaventure de Bagnoregio, en se référant à Dieu qui se révèle et nous parle à travers les Ecritures pour nous conduire à lui, affirme ceci : « Car elle est l’Ecriture dans laquelle sont les paroles de la vie éternelle, elle est donc écrite, non seulement pour que nous croyions, mais aussi pour que nous possédions la vie éternelle dans laquelle nous verrons, nous aimerons et où nos désirs seront universellement comblés » (Breviloquium, Prol. ; Opera omnia V, 201s).

 

Le bienheureux pape Jean-Paul II, enfin, rappelait que « La Révélation introduit dans l'histoire un point de repère que l'homme ne peut ignorer s'il veut arriver à comprendre le mystère de son existence ; mais, d'autre part, cette connaissance renvoie constamment au mystère de Dieu que l'esprit ne peut explorer à fond mais seulement recevoir et accueillir dans la foi » (Enc. Fides et ratio, 14).

 

Dans cette perspective, qu’est donc l’acte de foi ?

C’est la réponse de l’homme à la Révélation de Dieu, qui se fait connaître et qui manifeste son dessein de bienveillance ; c’est, pour utiliser une expression augustinienne, se laisser saisir par la vérité qui est Dieu, une vérité qui est amour. C’est la raison pour laquelle saint Paul souligne que, à Dieu qui nous a révélé son mystère, est due « l’obéissance de la foi » (Rm 16, 26 ; cf. 1, 5 ; 2 Co 10, 5-6), attitude par laquelle « l’homme s’en remet tout entier et librement à Dieu dans "un complet hommage d’intelligence et de volonté à Dieu qui révèle" et dans un assentiment volontaire à la révélation qu’il fait » (Const. dogm. Dei Verbum, 5).

Tout ceci entraîne un changement fondamental du mode de relations que l’on entretient avec la réalité toute entière ; tout apparaît sous un nouveau jour, il s’agit donc d’une véritable « conversion », la foi est un « changement de mentalité », parce que le Dieu qui s’est révélé dans le Christ et qui a fait connaître son dessein d’amour, nous saisit, nous attire à lui, et devient le sens qui soutient notre vie, le rocher sur lequel elle peut trouver sa stabilité.

Dans l’Ancien Testament, nous trouvons une expression dense sur la foi, que Dieu confie au prophète Isaïe pour qu’il la communique au roi de Juda, Achaz. Dieu affirme : « Si vous ne croyez pas, - c’est-à-dire si vous ne restez pas fidèles à Dieu - vous ne vous maintiendrez pas » (Is 7, 9b).

Il existe donc un lien entre se tenir et comprendre, qui exprime bien comment la foi consiste à accueillir dans la vie la vision de Dieu sur la réalité, à laisser Dieu nous amener à comprendre, par sa parole et par les sacrements, ce que nous devons faire, quel est le chemin que nous devons parcourir, comment vivre. Mais en même temps, c’est précisément le fait de comprendre selon Dieu, de voir avec ses yeux, qui donne stabilité à notre vie et nous permet de « nous tenir debout », de ne pas tomber.

 

Chers amis, l’Avent, le temps liturgique dans lequel nous venons d’entrer et qui nous prépare à Noël, nous met devant le mystère lumineux de la venue du Fils de Dieu, devant le « dessein de bienveillance » par lequel il veut nous attirer à lui, pour nous faire vivre dans une pleine communion de joie et de paix avec lui.

 L’Avent nous invite encore une fois, au milieu des nombreuses difficultés, à raviver notre certitude que Dieu est présent : il est entré dans le monde, en se faisant homme comme nous, pour mener à la plénitude son plan d’amour.

Et Dieu demande que nous aussi nous devenions le signe de son action dans le monde. Par notre foi, notre espérance et notre charité, il veut entrer sans cesse de nouveau dans le monde, et faire à nouveau resplendir sa lumière dans notre nuit.

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 21:18

Audience du 21 novembre 2012 ROME, mercredi 21 novembre 2012 (ZENIT.org) –

  A271110 9

 La foi « fait confiance à la raison humaine », déclare Benoît XVI qui précise : « la foi s’exerce avec la raison qui pense et invite à penser ». Il affirme le « caractère raisonnable de la foi en Dieu ». Le pape a poursuivi sa catéchèse sur la foi, comme chaque mercredi depuis le lancement de l’Année de la foi, le 11 octobre, au cours de l’audience de ce 21 novembre en la Salle Paul VI du Vatican, devant des milliers de personnes. Catéchèse de Benoît XVI en italien :

 

Chers frères et sœurs,

 

Nous avançons dans cette Année de la foi en portant, dans notre cœur, l’espérance de redécouvrir toute la joie qu’il y a à croire et de retrouver l’enthousiasme de communiquer à tous les vérités de la foi. Ces vérités ne sont pas simplement un message sur Dieu, une information particulière à son sujet. Elles expriment au contraire l’événement de la rencontre de Dieu avec les hommes, rencontre qui sauve et libère, réalisant les aspirations les plus profondes de l’homme, ses désirs de paix, de fraternité et d’amour.

La foi amène à découvrir que la rencontre avec Dieu valorise, perfectionne et élève ce qu’il y a de vrai, de bon et de beau dans l’homme. Ainsi, lorsque Dieu se révèle et se laisse connaître, l’homme en vient à savoir qui est Dieu et, en le connaissant, il se découvre lui-même, son origine, son destin, la grandeur et la dignité de la vie humaine. La foi permet un savoir authentique sur Dieu qui implique toute la personne humaine : c’est un savoir, une connaissance qui donne de la saveur à la vie, un goût nouveau d’exister, un mode joyeux d’être dans le monde.

La foi s’exprime dans le don de soi pour les autres, dans la fraternité qui rend solidaire, capable d’aimer et vainqueur de la solitude qui rend triste. Cette connaissance de Dieu à travers la foi n’est donc pas seulement intellectuelle, elle est vitale. C’est la connaissance de Dieu-amour, grâce à son propre amour. Et l’amour de Dieu fait voir, ouvre les yeux, permet de connaître toute la réalité, au-delà des perspectives étroites de l’individualisme et du subjectivisme qui désorientent les consciences.

La connaissance de Dieu est donc une expérience de foi et implique, en même temps, un cheminement intellectuel et moral : touchés au plus profond de nous-mêmes par la présence de l’Esprit de Jésus, nous dépassons les horizons de nos égoïsmes et nous nous ouvrons aux véritables valeurs de l’existence.

Aujourd’hui, dans cette catéchèse, je voudrais m’arrêter au caractère raisonnable de la foi en Dieu. La tradition catholique a, dès le début, rejeté le fidéisme qui est la volonté de croire contre la raison. Credo quia absurdum (je crois parce que c’est absurde) n’est pas une formule qui interprète la foi catholique. Dieu, en effet, n’est pas absurde, mais il est un mystère. Le mystère, à son tour, n’est pas irrationnel, mais surabondance de sens, de signification, de vérité.

Si, en regardant le mystère, la raison voit l’obscurité, ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de lumière dans le mystère, mais plutôt parce qu’il y en a trop. De même lorsque les yeux de l’homme se dirigent directement vers le soleil pour le regarder, ils ne voient que les ténèbres ; mais qui oserait dire que le soleil n’est pas lumineux ? Au contraire, il est la source de la lumière.

 La foi permet de regarder le « soleil », Dieu, parce qu’elle est accueil de sa révélation dans l’histoire et, pour ainsi dire, elle reçoit vraiment toute la luminosité du mystère de Dieu, reconnaissant ce grand miracle : Dieu s’est approché de l’homme et s’est offert à sa connaissance, se rendant accessible à la limite créée de sa raison (cf. Concile oecum. Vatican II, Const. dogm. Dei Verbum, 13).

En même temps, Dieu, par sa grâce, éclaire la raison, lui ouvre des horizons nouveaux, immenses et infinis. C’est pourquoi la foi constitue un stimulant pour chercher davantage sans jamais s’arrêter ni se reposer, à la découverte inépuisable de la vérité et de la réalité. Le préjugé qu’ont certains penseurs modernes, pour lesquels la raison humaine serait comme bloquée par les dogmes de la foi, est faux. C’est exactement le contraire qui est vrai, comme l’ont démontré les grands maîtres de la tradition catholique.

Avant sa conversion, saint Augustin cherche la vérité avec beaucoup d’inquiétude, à travers toutes les philosophies disponibles, les trouvant toutes insatisfaisantes. Sa pénible recherche rationnelle est pour lui une pédagogie importante pour la rencontre avec la vérité du Christ. Quand il dit : « Comprends pour croire, et crois pour comprendre » (Discours 43, 9 : PL 38, 258), c’est comme s’il racontait son expérience de vie. Intellect et foi, devant la Révélation divine, ne sont pas étrangers ni antagonistes, mais ils sont l’un et l’autre les conditions pour en comprendre le sens, pour en recevoir le message authentique, en approchant le seuil du mystère.

Saint Augustin, ainsi que de nombreux autres auteurs chrétiens, est le témoin d’une foi qui s’exerce avec la raison, qui pense et invite à penser.

Dans son sillage, saint Anselme dira, dans son Proslogion, que la foi catholique est fides quaerens intellectum : chercher l’intelligence est un acte intérieur à celui de croire.

Ce sera surtout saint Thomas d’Aquin qui, fort de cette tradition, se confrontera à la raison des philosophes, montrant la vitalité rationnelle nouvelle et féconde qui découle de la greffe des principes et des vérités de la foi chrétienne sur la pensée humaine. La foi catholique est donc raisonnable et fait confiance à la raison humaine.

Le Concile Vatican I, dans la constitution dogmatique Dei Filius, a affirmé que la raison est en mesure de connaître avec certitude l’existence de Dieu à travers la voie de la création, alors qu’il n’appartient qu’à la foi de pouvoir connaître « facilement, avec une certitude absolue et sans erreur » (DS 3005) les vérités qui concernent Dieu, à la lumière de la grâce.

La connaissance de la foi, en outre, n’est pas contre la raison droite. En effet, dans son encyclique Fides et ratio, le bienheureux pape Jean-Paul II l’exprime de manière synthétique : « La raison de l'homme n'est ni anéantie ni humiliée lorsqu'elle donne son assentiment au contenu de la foi; celui-ci est toujours atteint par un choix libre et conscient. » (n. 43).

Dans le désir irrésistible de vérité, seul un rapport harmonieux entre foi et raison est la route juste qui conduit à Dieu et au plein épanouissement de soi. Cette doctrine est facilement reconnaissable dans tout le Nouveau Testament.

Saint Paul soutient, comme nous l’avons entendu, quand il écrit aux chrétiens de Corinthe : « Alors que les Juifs demandent des signes et que les Grecs sont en quête de sagesse, nous proclamons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens » (1 Co 1,22-23).

 Dieu, en effet, a sauvé le monde non par un acte de puissance mais, par l’humiliation de son fils unique : selon les paramètres humains, la modalité insolite que Dieu a mise en œuvre tranche avec les exigences de la sagesse grecque. Et pourtant, la Croix du Christ a sa raison propre, que saint Paul appelle : ho logos tou staurou, « le langage de la croix » (1 Co, 1, 18).

Le terme logos indique autant le langage que la raison et, s’il fait allusion au langage, c’est parce qu’il exprime verbalement ce que la raison élabore. Paul voit donc dans la Croix non pas un événement irrationnel, mais un fait salvifique qui possède un caractère raisonnable, reconnaissable à la lumière de la foi. En même temps, il a tellement confiance dans la raison humaine, qu’il s’étonne que beaucoup, bien que voyant la beauté des œuvres accomplies par Dieu, s’obstinent à ne pas croire en lui.

Il écrit, dans la Lettre aux Romains : « Ce qu'il a d'invisible depuis la création du monde se laisse voir à l'intelligence à travers ses œuvres, son éternelle puissance et sa divinité » (1, 20).

Ainsi, saint Pierre aussi exhorte les chrétiens de la diaspora à adorer « dans vos cœurs le Seigneur Christ, toujours prêts à la défense contre quiconque vous demande raison de l'espérance qui est en vous » (1 P 3, 15). Dans un climat de persécution où le témoignage de la foi était une exigence forte, on demande aux croyants de justifier par des motivations fondées leur adhésion à la parole de l’Evangile, de donner les raisons de notre espérance. C’est sur ces préliminaires, autour du lien fécond qui existe entre comprendre et croire, que se fonde aussi le rapport vertueux entre science et foi.

La recherche scientifique mène à la connaissance de vérités toujours nouvelles sur l’homme et sur le cosmos, comme nous le voyons. Le vrai bien de l’humanité, accessible dans la foi, ouvre l’horizon vers lequel doit se diriger son chemin de découverte.

Il faut donc encourager, par exemple, les recherches mises au service de la vie et visant à vaincre les maladies. Les études destinées à découvrir les secrets de notre planète et de l’univers sont aussi importantes, dans la conscience que l’homme est au sommet de la création, non pas pour l’exploiter de manière insensée, mais pour la protéger et la rendre habitable.

Ainsi la foi, vécue réellement, n’entre pas en conflit avec la science, mais elle coopère avec elle, offrant des critères de base pour que celle-ci promeuve le bien de tous, lui demandant de renoncer uniquement aux tentatives qui, en s’opposant au projet d’origine de Dieu, peuvent produire des effets qui se retournent contre l’homme.

C’est aussi pour cette raison qu’il est raisonnable de croire : si la science est une alliée précieuse de la foi pour la compréhension du dessein de Dieu sur l’univers, la foi permet au progrès scientifique de toujours se réaliser pour le bien et pour la vérité de l’homme, en restant fidèle à ce dessein.

Voilà pourquoi il est décisif pour l’homme de s’ouvrir à la foi et de connaître Dieu et son projet de salut en Jésus-Christ. Dans l’Evangile, un nouvel humanisme est inauguré, une authentique « grammaire » de l’homme et de toute la réalité. Le Catéchisme de l’Eglise catholique affirme : « La vérité de Dieu est sa sagesse qui commande tout l’ordre de la création et du gouvernement du monde (cf. Sg 13, 1-9).

Dieu qui, seul, a créé le ciel et la terre (cf. Ps 115, 15), peut seul donner la connaissance véritable de toute chose créée dans sa relation à Lui » (n. 216). Soyons confiants que notre engagement dans l’évangélisation aidera à redonner à l’Evangile sa place centrale dans la vie de tant d’hommes et de femmes de notre temps. Et prions pour que tous retrouvent dans le Christ le sens de leur existence et le fondement de la vraie liberté : sans Dieu, en effet, l’homme s’égare.

 Les témoignages de ceux qui nous ont précédés et qui ont consacré leur vie à l’Evangile le confirment pour toujours. Il est raisonnable de croire, c’est notre existence qui est en jeu. Cela vaut la peine de se dépenser pour le Christ, lui seul peut satisfaire les désirs de vérité et de bien enracinés dans l’âme de tout homme : maintenant, dans le temps et dans l’éternité bienheureuse.

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 15:28

Anne Kurian ROME, mardi 20 novembre 2012 (ZENIT.org) –

  Benoit XVI

Le lien entre « histoire et foi », est l'une des quatre clés indiquées par le cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical de la culture, pour l'interprétation du nouveau livre de Benoît XVI sur "L'enfance de Jésus", lors d’une conférence de presse ce matin, 20 novembre 2012.

Tout comme Benoît XVI présente son nouvel ouvrage comme la « porte d’entrée » aux deux autres précédemment écrits sur « Jésus de Nazareth », le cardinal Ravasi considère les Evangiles de l’enfance comme une « planimétrie architecturale à plusieurs étages qui demande plusieurs clés d’accès ». D’où l’importance d’une bonne interprétation. Pour cela, le cardinal propose quatre « clés » utilisées par Benoît XVI dans la lecture de ces textes. Quatre clés d’interprétation

La première clé, explique-t-il, est le lien entre « histoire et foi », sur la base de la déclaration centrale du christianisme : « le Logos éternel et infini qui est Dieu devient chair, contingence, temporalité, finitude, mortalité, humanité ».

De cette affirmation, constate le cardinal, naît la question : les Evangiles de l’enfance sont-ils « une histoire vraie », ou bien seulement « une méditation théologique exprimée sous forme d’histoire ? ».

Pour Benoît XVI, poursuit-il, il s’agit « d’évènements historiques dont la signification a été théologiquement interprétée par la communauté chrétienne et les Evangiles ». Et encore: «Jésus n'est pas né ni apparu en public dans l'imprécis “jadis” du mythe. Il appartient à une époque exactement datable et à un milieu géographique exactement indiqué: l'universel et le concret se rencontrent ».

Selon le cardinal, « l’interprétation conjointe de la théologie et de l’histoire » est nécessaire car « le divin et l’historique se rencontrent en un unique carrefour » dans le Christ. Citant le théologien protestant Karl Barth, qui définit la naissance de Jésus et sa résurrection comme les deux points où Dieu intervient dans le monde matériel, le pape commente : « ces deux points sont un scandale pour l’esprit moderne. On concède à Dieu d’agir sur les pensées et sur les idées, dans la sphère spirituelle, mais pas sur la matière (...) Mais si Dieu n’a pas aussi pouvoir sur la matière, alors il n’est pas Dieu ».

La deuxième clé est celle de la relation entre « histoire et prophétie » : « l’évangéliste Matthieu, précise le cardinal, construit son récit de l’enfance de Jésus sur une séquence de citations bibliques, créant un contrepoint entre prophétie et évènement ».

Benoît XVI, souligne-t-il, « appelle les annonces prophétiques « paroles en attente » », en attente de « recevoir leur déchiffrage entier, leur “protagoniste” ».

La troisième clé est l’action de « l'auteur et du lecteur » : « devant ces textes qui ne sont pas seulement « informatifs » mais « performatifs », le mouvement “centripète” (“ce que ces textes disent en eux-mêmes”) doit se conjuguer avec un parcours “centrifuge” qui atteint l’aujourd’hui (“ce que ces textes disent pour moi”) », fait observer le cardinal.

La quatrième clé enfin est l’« outil linguistique » : à la différence de beaucoup de théologiens, Benoît XVI a recours à un « langage toujours limpide, essentiel, incisif, humble », langage qui exprime aussi « sa personne même ».

La « porte d’entrée » des Evangiles

Dans le préambule, indique le cardinal par ailleurs, Benoît XVI « propose une métaphore descriptive pour définir son analyse de l’enfance de Jésus » : ce nouvel ouvrage est « la « porte d’entrée » de cette architecture magistrale déjà explorée dans les deux volumes précédents ». Dans cet espace initial en effet, poursuit le cardinal, « se projettent déjà les ombres et lumières » qui suivront : ainsi, « la persécution d’Hérode avec le massacre des innocents est reflétée par le sang de la croix, Jérusalem entière est bouleversée par la nouvelle de la naissance de l’enfant, comme elle le sera dans l’acte suprême du refus final, les trois jours de Jésus âgé de 12 ans dans le Temple semblent préfigurer le triduum de la tombe ».

D’ailleurs, ajoute-t-il, « l'art des icônes, notamment avec Novgorod (XVe siècle) a inventé la représentation de la mangeoire de l’enfant comme le sépulcre ou l’autel où “se mange” le corps du Christ eucharistique ». Le cardinal estime que Benoît XVI utilise dans son ouvrage « la technique quasi cinématographique de l'anticipation » : dans ce “hall d'entrée”, le pape fait résonner « une question qui retentira sous les voûtes du palais du prétoire romain de Jérusalem, lorsque le gouverneur Pilate interpellera l'accusé Jésus: «D’où es-tu?» (Jn, 19, 9) ». Or, fait-il observer, « cette question, qui serpente les Evangiles, a justement sa réponse dans les 180 versets que le pape explore ».

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 18:06

Trois chemins vers Dieu : le monde, l'homme, la foi

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ROME, mercredi 14 novembre 2012 (ZENIT.org) –

Benoît XVI en a indiqué trois lors de l’audience générale de ce matin : le monde, l’homme, la foi. Le pape a en effet poursuivi ses catéchèses sur la foi, ce 14 novembre 2012, dans le hall Paul VI au Vatican. Il était entouré de visiteurs du monde entier.

Il a souligné notamment que c’est Dieu qui a toujours l’initiative dans la foi et qu’il « ne se fatigue pas de nous chercher, il est fidèle à l’homme qu’il a créé et sauvé ».

 

Catéchèse de Benoît XVI

 

Chers frères et sœurs,

Mercredi dernier nous avons réfléchi sur le désir de Dieu que l’être humain porte au plus profond de lui-même. Aujourd’hui je voudrais continuer à approfondir cet aspect en méditant brièvement avec vous sur quelques chemins pour arriver à la connaissance de Dieu.

Je voudrais rappeler d’abord que l’initiative de Dieu précède toujours toute initiative de l’homme et que dans le chemin vers Lui, c’est d’abord Lui qui nous éclaire, nous oriente et nous guide, en respectant toujours notre liberté. Et c’est toujours Lui qui nous fait entrer dans son intimité, se révélant et nous donnant la grâce de pouvoir accueillir cette révélation dans la foi. N’oublions jamais l’expérience de saint Augustin: ce n’est pas nous qui possédons la Vérité après l’avoir cherchée, mais c’est la Vérité qui nous cherche et nous possède.

Cependant il existe des chemins qui peuvent ouvrir le cœur de l’homme à la connaissance de Dieu, il y a des signes qui conduisent à Dieu. Certes, souvent nous risquons d’être aveuglés par les scintillements de la mondanité, qui amenuisent notre capacité à parcourir ces chemins ou à lire ces signes. Mais Dieu ne se fatigue pas de nous chercher, il est fidèle à l’homme qu’il a créé et sauvé, il reste proche de notre vie, car il nous aime.

Et cette certitude doit nous accompagner chaque jour, même si certaines mentalités diffuses rendent plus difficile à l’Eglise et au chrétien de communiquer la joie de l’Evangile à toute créature et de conduire tous à la rencontre avec Jésus, unique Sauveur du monde.

Ceci est notre mission, c’est la mission de l’Eglise et chaque croyant doit la vivre dans la joie, en se l’appropriant, à travers une existence vraiment animée par la foi, marquée par la charité, par le service de Dieu et des autres, et capable de répandre l’espérance. Cette mission resplendit surtout dans la sainteté à laquelle tous sont appelés.

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Aujourd’hui, nous le savons, les difficultés ne manquent pas, ni les épreuves, pour la foi qui est souvent peu comprise, contestée, refusée. Saint Pierre disait aux chrétiens: «Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l'espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect.» (1 Pt 3,15).

Par le passé, en Occident, dans une société considérée comme chrétienne, la foi était le milieu dans lequel on se mouvait; la référence et l’adhésion à Dieu faisaient partie de la vie quotidienne, pour la majorité des gens. C’était plutôt celui qui ne croyait pas qui devait justifier son incrédulité.

Dans notre monde, la situation a changé et le croyant doit toujours plus être capable de rendre raison de sa foi. Le bienheureux Jean-Paul II, dans son encyclique Fides et ratio, soulignait comment la foi était mise à l’épreuve à l’époque contemporaine, à travers des formes subtiles et vétilleuses d’athéisme théorique et pratique (cf. nn. 46-47).

A partir des Lumières, la critique envers la religion s’est intensifiée; l’histoire a été marquée aussi par la présence des systèmes athées, dans lesquels Dieu était considéré comme une simple projection de l’âme humaine, une illusion et le produit d’une société déjà faussées de tant d’aliénations.

Le siècle suivant a connu un fort processus de sécularisme, à l’emblème de l’autonomie absolue de l’homme, considéré comme mesure et artisan de la réalité, mais appauvri dans son être de créature «à l’image et à la ressemblance de Dieu».

 Dans notre temps, un phénomène particulièrement dangereux pour la foi s’est vérifié : il y a en effet une forme d’athéisme que nous qualifions justement de «pratique», dans lequel on ne nie pas les vérités de la foi ou des rites religieux, mais on les considère simplement insignifiants pour l’existence quotidienne, éloignés de la vie, inutiles. Souvent, alors, on croit en Dieu de façon superficielle, et on vit «comme si Dieu n’existait pas» (etsi Deus non daretur).

Finalement, cette façon de vivre se révèle encore plus destructrice, car elle porte à l’indifférence envers la foi et la question de Dieu. En réalité, l’homme, séparé de Dieu, est réduit à une seule dimension, horizontale, et ce réductionnisme est justement une des causes fondamentales des totalitarismes qui ont eu des conséquences tragiques au siècle dernier, ainsi que de la crise des valeurs que nous voyons actuellement.

En obscurcissant la référence à Dieu, on a obscurci aussi l’horizon éthique, pour laisser place au relativisme et à une conception ambigüe de la liberté, qui au lieu d’être libératrice finit par lier l’homme à des idoles.

 Les tentations que Jésus a affrontées au désert avant sa mission publique, représentent bien ces «idoles» qui séduisent l’homme, quand il ne va pas au-delà de lui-même. Si Dieu perd la centralité, l’homme perd sa juste place, il ne trouve plus sa place dans le créé, dans les relations avec les autres. Ce que la sagesse antique évoque avec le mythe de Prométhée est toujours d’actualité: l’homme pense pouvoir devenir lui-même «dieu», patron de la vie et de la mort. Face à ce tableau, l’Eglise, fidèle au mandat du Christ, ne cesse jamais d’affirmer la vérité sur l’homme et sur son destin.

Le Concile Vatican II affirme comme synthèse: «L’aspect le plus sublime de la dignité humaine se trouve dans cette vocation de l’homme à communier avec Dieu. Cette invitation que Dieu adresse à l’homme de dialoguer avec Lui commence avec l’existence humaine. Car, si l’homme existe, c’est que Dieu l’a créé par amour et, par amour, ne cesse de lui donner l’être ; et l’homme ne vit pleinement selon la vérité que s’il reconnaît librement cet amour et s’abandonne à son Créateur.» (Cost. Gaudium et spes, 19).

Quelles réponses, alors, la foi est-elle appelée à donner, avec «douceur et respect», à l’athéisme, au scepticisme, à l’indifférence envers la dimension verticale, afin que l’homme de notre temps puisse continuer à s’interroger sur l’existence de Dieu et à parcourir les chemins qui conduisent à Lui ?

 Je voudrais indiquer quelques chemins, qui proviennent soit de la réflexion naturelle, soit de la force de la foi. Je les résumerais de manière très concise en trois mots: le monde, l’homme, la foi.

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Le premier : le monde. Saint Augustin, qui dans sa vie a longtemps cherché la Vérité et a été saisi par la Vérité, a écrit une très belle et célèbre page, où il affirme: «Interroge la beauté de la terre, de la mer, de l’air raréfié partout où il s’étend; interroge la beauté du ciel…, interroge toutes ces réalités. Toutes te répondront: regarde-nous et observe comme nous sommes belles. Leur beauté est comme leur hymne de louange. Or ces créatures si belles, mais changeantes, qui les a faites sinon celui qui est la beauté de façon immuable?» (Sermon 241, 2: PL 38, 1134).

Je pense que nous devons retrouver et faire retrouver à l’homme d’aujourd’hui la capacité de contempler la création, sa beauté, sa structure. Le monde n’est pas un magma informe, mais plus nous le connaissons et plus nous en découvrons les merveilleux mécanismes, plus nous voyons un dessein, nous voyons qu’il y a une intelligence créatrice. Albert Einstein disait que dans les lois de la nature «se révèle une raison si supérieure que toute la rationalité de la pensée et des systèmes humains est en comparaison une réflexion absolument insignifiante» (Comment je vois le monde, Flammarion 1999).

Un premier chemin, donc, qui conduit à la découverte de Dieu, est de contempler avec des yeux attentifs la création.

 

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Le deuxième mot : l’homme. A nouveau saint Augustin a une phrase célèbre où il dit que Dieu est plus intime à moi que je ne le suis moi-même (cf. les Confessions III, 6, 11). De là il formule l’invitation: «Ne va pas hors de toi, rentre en toi-même: dans l’homme intérieur habite la vérité» (De vera religione, 39, 72).

Ceci est un autre aspect que nous risquons de perdre dans le monde bruyant et dispersé où nous vivons : la capacité de nous arrêter, de regarder en profondeur en nous-mêmes et de lire cette soif d’infini que nous portons à l’intérieur, qui nous pousse à aller plus loin et renvoie à Quelqu’un qui puisse la combler.

Le Catéchisme de l’Eglise catholique affirme: «Avec son ouverture à la vérité et à la beauté, son sens du bien moral, sa liberté et la voix de sa conscience, son aspiration à l’infini et au bonheur, l’homme s’interroge sur l’existence de Dieu. A travers tout cela il perçoit des signes de son âme spirituelle. "Germe d’éternité qu’il porte en lui-même, irréductible à la seule matière" (GS 18, § 1 ; cf. 14, § 2), son âme ne peut avoir son origine qu’en Dieu seul.» (n. 33).

 

 

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Le troisième mot : la foi. Dans la réalité de notre temps surtout, nous ne devons pas oublier qu’un chemin qui conduit à la connaissance et à la rencontre avec Dieu est la vie de la foi. Celui qui croit est uni à Dieu, il est ouvert à sa grâce, à la force de la charité. Ainsi son existence devient témoignage non de lui-même, mais du Ressuscité, et sa foi ne craint pas de se montrer dans la vie quotidienne, elle est ouverte au dialogue qui exprime une profonde amitié pour le chemin de chaque homme et elle sait ouvrir des lumières d’espérance au besoin de délivrance, de bonheur, d’avenir. La foi, en effet, est rencontre avec Dieu qui parle et agit dans l’histoire et qui convertit notre vie quotidienne, transformant en nous les mentalités, jugements de valeur, choix et actions concrètes.

Elle n’est pas illusion, fuite de la réalité, refuge confortable, sentimentalisme, mais elle est implication de toute la vie et annonce de l’Evangile, Bonne Nouvelle capable de libérer tout l’homme. Un chrétien, une communauté qui sont actifs et fidèles au projet de Dieu qui nous a aimés le premier, constituent une voie privilégiée pour ceux qui sont dans l’indifférence ou dans le doute quant à leur existence et leur action. Ceci demande à chacun de rendre toujours plus transparent son témoignage de foi, en purifiant sa vie pour qu’elle soit conforme au Christ.

Aujourd’hui, beaucoup ont une conception limitée de la foi chrétienne, parce qu’ils l’identifient davantage avec un simple système de croyances et de valeurs qu’avec la vérité d’un Dieu qui s’est révélé dans l’histoire, désireux de communiquer avec l’homme en tête à tête, dans une relation d’amour avec lui. En réalité, au fondement de toute doctrine ou valeur, il y a l’évènement de la rencontre entre l’homme et Dieu en Christ Jésus.

Le christianisme, avant d’être une morale ou une éthique, est l’évènement de l’amour, il est l’accueil de la personne de Jésus. Pour ceci, le chrétien et les communautés chrétiennes doivent avant tout regarder et faire regarder vers le Christ, vrai Chemin qui conduit à Dieu.

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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 22:04

Catéchèse de Benoît XVI pour l'Année de la foi, 7 novembre 2012 ROME,

mercredi 7 novembre 2012 (ZENIT.org) –

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« Même l’abîme du péché ne peut éteindre en l’homme l’étincelle qui lui permet de reconnaître le vrai bien, de le savourer et d’engager un parcours de remontée sur lequel Dieu, avec le don de sa grâce, ne refuse jamais son aide », déclare Benoît XVI qui invite à « promouvoir une sorte de pédagogie du désir ». Il ne s’agit pas, explique-t-il, « d’étouffer le désir qui est dans le cœur de l’homme, mais de le libérer, afin qu’il puisse atteindre sa véritable hauteur ». Au cours de l’audience hebdomadaire de ce mercredi 7 novembre, le pape a en effet poursuivi sa catéchèse pour l’Année de la foi, devant plus de vingt mille pèlerins et touristes rassemblés sur la place Saint-Pierre du Vatican. Année de la foi. Le désir de Dieu:

 

Chers frères et sœurs,

Le chemin de réflexion que nous faisons ensemble en cette Année de la foi nous amène à méditer aujourd’hui sur un aspect fascinant de l’expérience humaine et chrétienne : l’homme porte en lui un désir mystérieux de Dieu. De manière très significative, le Catéchisme de l’Eglise catholique s’ouvre justement par la considération suivante : « Dieu ne cesse d’attirer l’homme vers Lui, et ce n’est qu’en Dieu que l’homme trouvera la vérité et le bonheur qu’il ne cesse de chercher » (n. 27).

 

Aujourd’hui encore, une telle affirmation semble pouvoir être partagée, presque comme une évidence, dans de nombreux contextes culturels ; elle pourrait, en revanche, apparaître comme une provocation dans le monde de la culture occidentale sécularisée. Beaucoup de nos contemporains pourraient en effet objecter qu’ils ne ressentent nullement un tel désir de Dieu. Dans de vastes secteurs de la société, il n’est plus l’attendu, le désiré, mais plutôt une réalité qui laisse indifférent, devant laquelle il n’est même pas nécessaire de faire l’effort de se prononcer.

 

En réalité, ce que nous avons défini comme le « désir de Dieu » n’a pas du tout disparu mais se manifeste encore aujourd’hui dans le cœur de l’homme, de nombreuses manières. Le désir humain tend toujours vers des biens concrets et déterminés, tout autres que spirituels, et il se trouve cependant face à la question de ce qu’est vraiment « le » bien, et donc confronté à quelque chose qui est, en soi, autre, que l’homme ne peut construire, mais qu’il est appelé à reconnaître. Qu’est-ce qui peut véritablement rassasier le désir de l’homme ?

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Dans ma première encyclique, Deus caritas est, j’ai cherché à analyser comment un tel dynamisme se réalise dans l’expérience de l’amour humain, expérience qui, à notre époque, est plus facilement perçue comme un moment d’extase, de sortie de soi, comme un lieu où l’homme sent qu’il est traversé par un désir qui le dépasse. A travers l’amour, l’homme et la femme expérimentent de manière nouvelle, l’un par l’autre, la grandeur et la beauté de la vie et du réel. Si ce que j’expérimente n’est pas une simple illusion, si vraiment je veux le bien de l’autre comme une voie qui est aussi pour mon bien, alors je dois être disposé à me décentrer, à me mettre à son service, jusqu’à renoncer à moi-même. La réponse à la question sur le sens de l’expérience de l’amour passe donc par la purification et la guérison de la volonté, nécessaires au bien que l’on veut pour l’autre. Il faut s’y exercer, s’entraîner, se corriger même, pour que ce bien puisse être véritablement voulu.

 

L’extase initiale se traduit ainsi en un pèlerinage, un « exode permanent allant du je enfermé sur lui-même vers sa libération dans le don de soi, et précisément ainsi vers la découverte de soi-même, plus encore vers la découverte de Dieu » (Deus caritas est, 6). Par un tel chemin, l’homme pourra progressivement approfondir sa connaissance de cet amour qu’il avait expérimenté au début. Et le mystère ainsi représenté se profilera toujours davantage : en effet, pas même la personne aimée n’est en mesure de rassasier le désir qui réside dans le cœur humain, au contraire, plus l’amour de l’autre est authentique, plus il laisse entrevoir la question de son origine et de sa destinée, de la possibilité qu’a cet amour de durer pour toujours. L’expérience humaine de l’amour a donc en soi un dynamisme qui renvoie au-delà de soi, c’est l’expérience d’un bien qui pousse à sortir de soi pour se retrouver face au mystère qui enveloppe l’existence entière.

 

On pourrait faire des considérations analogues à propos d’autres expériences humaines comme l’amitié, l’expérience du beau, l’amour de la connaissance : tout bien expérimenté par l’homme tend vers le mystère qui enveloppe l’homme ; tout désir qui se manifeste au cœur humain se fait l’écho d’un désir fondamental qui n’est jamais pleinement rassasié. A partir d’un désir aussi profond, qui cache aussi quelque chose d’énigmatique, on ne peut évidemment pas arriver directement à la foi. En définitive, l’homme connaît bien ce qui ne le rassasie pas, mais il ne peut pas imaginer ni définir ce qui lui ferait expérimenter ce bonheur dont il porte la nostalgie dans son cœur. On ne peut pas connaître Dieu simplement à partir du désir de l’homme. De ce point de vue-là, le mystère demeure : l’homme est un chercheur de l’absolu, un chercheur qui avance en tâtonnant. Et cependant, l’expérience du désir, du « cœur inquiet » comme le nommait saint Augustin, est déjà très significative. Elle atteste que l’homme est profondément un être religieux (cf. Catéchisme de l’Eglise catholique, 28), un « mendiant de Dieu ». Nous pouvons dire, avec les paroles de Pascal : « L’homme passe infiniment l’homme » (Pensées, éd. Chevalier 438 ; éd. Brunschvicg 434). Les yeux reconnaissent les objets quand ceux-ci sont éclairés par la lumière. D’où le désir de connaître la lumière elle-même qui fait briller les choses du monde et qui, avec elles, éveille le sens de la beauté.

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Nous devons donc retenir qu’il est possible, même à notre époque, apparemment si réfractaire à la dimension transcendante, d’ouvrir un chemin vers un authentique sens religieux de la vie, qui montre que le don de la foi n’est pas absurde, ni irrationnel. Il serait très utile, dans ce but, de promouvoir une sorte de pédagogie du désir, que ce soit pour le chemin de ceux qui ne croient pas encore ou que ce soit pour ceux qui ont déjà reçu le don de la foi. Une pédagogie qui comprenne au moins deux aspects. En premier lieu, apprendre ou réapprendre le goût des joies de la vie authentiques. Toutes les satisfactions ne produisent pas en nous le même effet : certaines laissent une trace positive, sont capables de pacifier l’esprit, nous rendent plus actifs et généreux. D’autres, au contraire, après la lumière initiale, semblent décevoir les attentes qu’elles avaient suscitées et laissent parfois derrière elles amertume, insatisfaction ou une impression de vide. Eduquer dès la tendre enfance à goûter les vraies joies, dans tous les domaines de l’existence – la famille, l’amitié, la solidarité avec ceux qui souffrent, le renoncement à soi pour servir l’autre, l’amour de la connaissance, de l’art, des beautés de la nature – tout ceci signifie exercer son goût intérieur et produire des anticorps efficaces contre la banalisation et l’aplatissement si diffus aujourd’hui. Les adultes aussi ont besoin de redécouvrir ces joies, de désirer les réalités authentiques, se purifiant de la médiocrité dans laquelle ils peuvent se trouver entraînés. Il sera alors plus facile de laisser tomber, ou de repousser, tout ce qui, malgré un attrait apparent, se révèle en fait insipide, source d’accoutumance et non de liberté. Et cela fera émerger ce désir de Dieu dont nous parlons.

 

Un second aspect, qui va de pair avec le précédent, consiste à ne jamais se contenter de ce que l’on a obtenu. Les joies les plus vraies sont précisément capables de libérer en nous cette saine inquiétude qui pousse à être plus exigeant – vouloir un bien plus élevé, plus profond – et en même temps à percevoir de plus en plus clairement que rien de ce qui est fini ne peut combler notre cœur. Nous apprendrons ainsi à tendre, désarmés, vers ce bien que nous ne pouvons construire ni nous procurer par nos propres forces, à ne pas nous laisser décourager par la fatigue ou les obstacles qui viennent de notre péché.

 

A ce sujet, nous ne devons toutefois pas oublier que le dynamisme du désir est toujours offert à la rédemption. Même lorsqu’il se présente sur des chemins détournés, lorsqu’il poursuit des paradis artificiels et semble perdre sa capacité à aspirer au véritable bien. Même l’abîme du péché ne peut éteindre en l’homme l’étincelle qui lui permet de reconnaître le vrai bien, de le savourer et d’engager un parcours de remontée sur lequel Dieu, avec le don de sa grâce, ne refuse jamais son aide. Nous avons d’ailleurs tous besoin de parcourir un chemin de purification et de guérison du désir. Nous sommes des pèlerins en marche vers la patrie céleste, vers ce bien plénier, éternel, que rien ne pourra jamais nous arracher. Il ne s’agit donc pas d’étouffer le désir qui est dans le cœur de l’homme, mais de le libérer, afin qu’il puisse atteindre sa véritable hauteur. Lorsque, dans le désir, s’ouvre une fenêtre vers Dieu, c’est déjà le signe de la présence dans l’âme de la foi, foi qui est une grâce de Dieu. Saint Augustin n’affirmait-il pas : « ainsi Dieu en différant de se donner à toi, dilate tes désirs, en les dilatant il élargit ton esprit, en l'élargissant il te rend plus capable de le posséder. » (Commentaire de la Première lettre de saint Jean, 4, 6 : PL 35, 2009).

 

Dans ce pèlerinage, sentons-nous frères de tous les hommes, compagnons de voyage aussi de celui qui ne croit pas, de celui qui est en recherche, de celui qui se laisse interroger avec sincérité par le dynamisme de son désir de vérité et de bien. En cette Année de la foi, prions pour que Dieu montre son visage à tous ceux qui le cherchent d’un cœur sincère. Merci.

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 15:57

 

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1. «La porte dela foi» (cf. Ac 14, 27) qui introduit à la vie de communion avec Dieu et permet l’entrée dans son Église est toujours ouverte pour nous. Il est possible de franchir ce seuil quand la Parole de Dieu est annoncée et que le cœur se laisse modeler par la grâce qui transforme. Traverser cette porte implique de s’engager sur ce chemin qui dure toute la vie. Il commence par le baptême (cf. Rm 6, 4), par lequel nous pouvons appeler Dieu du nom de Père, et s’achève par le passage de la mort à la vie éternelle, fruit de la résurrection du Seigneur Jésus qui, par le don de l’Esprit Saint, a voulu associer à sa gloire elle-même tous ceux qui croient en lui (cf. Jn 17, 22). Professer la foi dans la Trinité – Père, Fils et Saint-Esprit – équivaut à croire en un seul Dieu qui est Amour (cf. 1 Jn 4, 8) : le Père, qui dans la plénitude des temps a envoyé son Fils pour notre salut ; Jésus-Christ, qui dans le mystère de sa mort et de sa résurrection a racheté le monde ; le Saint-Esprit, qui conduit l’Église à travers les siècles dans l’attente du retour glorieux du Seigneur.

  

2. Depuis le commencement de mon ministère comme Successeur de Pierre, j’ai rappelé l’exigence de redécouvrir le chemin de la foi pour mettre en lumière de façon toujours plus évidente la joie et l’enthousiasme renouvelé de la rencontre avec le Christ. Dans l’homélie de la messe pour l’inauguration de mon pontificat je disais : « L’Église dans son ensemble, et les pasteurs en son sein, doivent, comme le Christ, se mettre en route, pour conduire les hommes hors du désert, vers le lieu de la vie, vers l’amitié avec le Fils de Dieu, vers celui qui nous donne la vie, la vie en plénitude » [1]. Il arrive désormais fréquemment que les chrétiens s’intéressent surtout aux conséquences sociales, culturelles et politiques de leur engagement, continuant à penser la foi comme un présupposé évident du vivre en commun. En effet, ce présupposé non seulement n’est plus tel mais souvent il est même nié[2]. Alors que dans le passé il était possible de reconnaître un tissu culturel unitaire, largement admis dans son renvoi aux contenus de la foi et aux valeurs inspirées par elle, aujourd’hui il ne semble plus en être ainsi dans de grands secteurs de la société, en raison d’une profonde crise de la foi qui a touché de nombreuses personnes.

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3. Nous ne pouvons accepter que le sel devienne insipide et que la lumière soit tenue cachée (cf. Mt 5, 13-16). Comme la samaritaine, l’homme d’aujourd’hui peut aussi sentir de nouveau le besoin de se rendre au puits pour écouter Jésus qui invite à croire en lui et à puiser à sa source, jaillissante d’eau vive (cf. Jn 4, 14). Nous devons retrouver le goût de nous nourrir de la Parole de Dieu, transmise par l’Église de façon fidèle, et du Pain de la vie, offerts en soutien de tous ceux qui sont ses disciples (cf. Jn 6, 51). L’enseignement de Jésus, en effet, résonne encore de nos jours avec la même force : « Travaillez non pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle » (Jn 6, 27). L’interrogation posée par tous ceux qui l’écoutaient est la même aussi pour nous aujourd’hui : « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » (Jn 6, 28). Nous connaissons la réponse de Jésus : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé » (Jn 6, 29). Croire en Jésus Christ est donc le chemin pour pouvoir atteindre de façon définitive le salut.

  

4. A la lumière de tout ceci j’ai décidé de promulguer une Année de la foi. Elle commencera le 11 octobre 2012, lors du cinquantième anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II, et se terminera en la solennité de Notre Seigneur Jésus-Christ Roi de l’univers, le 24 novembre 2013. Le 11 octobre 2012, aura lieu aussi le vingtième anniversaire de la publication du Catéchisme de l’Église catholique, texte promulgué par mon Prédécesseur, le Bienheureux Pape Jean-Paul II [3], dans le but d’exposer à tous les fidèles la force et la beauté de la foi. Ce document, fruit authentique du Concile Vatican II, fut souhaité par le Synode extraordinaire des Évêques de 1985 comme instrument au service de la catéchèse [4] et fut réalisé grâce à la collaboration de tout l’épiscopat de l’Église catholique. Et j’ai précisément convoqué l’Assemblée générale du Synode des Évêques, au mois d’octobre 2012, sur le thème de La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne. Ce sera une occasion propice pour introduire la structure ecclésiale tout entière à un temps de réflexion particulière et de redécouverte de la foi. Ce n’est pas la première fois que l’Église est appelée à célébrer une Année de la foi. Mon vénéré Prédécesseur, le Serviteur de Dieu Paul VI en avait décidée une semblable en 1967, pour faire mémoire du martyre des Apôtres Pierre et Paul à l’occasion du dix-neuvième centenaire de leur témoignage suprême. Il la pensa comme un moment solennel pour que dans toute l’Église il y eût « une profession authentique et sincère de la même foi » ; en outre, il voulut que celle-ci soit confirmée de manière « individuelle et collective, libre et consciente, intérieure et extérieure, humble et franche » [5]. Il pensait que de cette façon l’Église tout entière pourrait reprendre « une conscience plus nette de sa foi, pour la raviver, la purifier, la confirmer et la proclamer » [6]. Les grands bouleversements qui se produiront en cette Année, ont rendu encore plus évidente la nécessité d’une telle célébration. Elle s’est conclue par la Profession de foi du Peuple de Dieu [7], pour attester combien les contenus essentiels qui depuis des siècles constituent le patrimoine de tous les croyants ont besoin d’être confirmés, compris et approfondis de manière toujours nouvelle afin de donner un témoignage cohérent dans des conditions historiques différentes du passé.

  

5. Pour certains aspects, mon Vénéré Prédécesseur a vu cette Année comme une « conséquence et une exigence de l’après-Concile » [8], bien conscient des graves difficultés du temps, surtout en ce qui concerne la profession de la vraie foi et sa juste interprétation. J’ai considéré que faire commencer l’Année de la foi en coïncidence avec le cinquantième anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II peut être une occasion propice pour comprendre que les textes laissés en héritage par les Pères conciliaires, selon les paroles du bienheureux Jean Paul II, « ne perdent rien de leur valeur ni de leur éclat. Il est nécessaire qu’ils soient lus de manière appropriée, qu’ils soient connus et assimilés, comme des textes qualifiés et normatifs du Magistère, à l’intérieur de la Tradition de l’Église… Je sens plus que jamais le devoir d’indiquer le Concile comme la grande grâce dont l’Église a bénéficié au vingtième siècle : il nous offre une boussole fiable pour nous orienter sur le chemin du siècle qui commence » [9]. Moi aussi j’entends redire avec force tout ce que j’ai eu à dire à propos du Concile quelques mois après mon élection comme Successeur de Pierre : « Si nous le lisons et le recevons guidés par une juste herméneutique, il peut être et devenir toujours davantage une grande force pour le renouveau, toujours nécessaire, de l’Église » [10].

  

6. Le renouveau de l’Église passe aussi à travers le témoignage offert par la vie des croyants : par leur existence elle-même dans le monde les chrétiens sont en effet appelés à faire resplendir la Parole de vérité que le Seigneur Jésus nous a laissée. Justement le Concile, dans la Constitution dogmatique Lumen gentium affirmait : « Tandis que le Christ, ‘saint, innocent, sans tâche’ (He 7, 26), n’a pas connu le péché (cf. 2 Co 5, 21), venant seulement expier les péchés du peuple (cf. He 2, 17), l’Église, elle, qui enferme des pécheurs dans son propre sein, est donc à la fois sainte et appelée à se purifier, et poursuit constamment son effort de pénitence et de renouvellement. ‘L’Église avance dans son pèlerinage à travers les persécutions du monde et les consolations de Dieu’, annonçant la croix et la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne (cf. 1 Co 11, 26). La vertu du Seigneur ressuscité est sa force pour lui permettre de vaincre dans la patience et la charité les afflictions et les difficultés qui lui viennent à la fois du dehors et du dedans, et de révéler fidèlement au milieu du monde le mystère du Seigneur, encore enveloppé d’ombre, jusqu’au jour où, finalement, il éclatera dans la pleine lumière » [11].

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Dans cette perspective, l’Année de la foi est une invitation à une conversion authentique et renouvelée au Seigneur, unique Sauveur du monde. Dans le mystère de sa mort et de sa résurrection, Dieu a révélé en plénitude l’Amour qui sauve et qui appelle les hommes à convertir leur vie par la rémission des péchés (cf. Ac 5, 31). Pour l’Apôtre Paul, cet Amour introduit l’homme à une vie nouvelle : « Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle » (Rm 6, 4). Grâce à la foi, cette vie nouvelle modèle toute l’existence humaine sur la nouveauté radicale de la résurrection. Dans la mesure de sa libre disponibilité, les pensées et les sentiments, la mentalité et le comportement de l’homme sont lentement purifiés et transformés, sur un chemin jamais complètement terminé en cette vie. La « foi opérant par la charité » (Ga 5, 6) devient un nouveau critère d’intelligence et d’action qui change toute la vie de l’homme (cf. Rm 12, 2; Col 3, 9-10; Ep 4, 20-29; 2 Co 5, 17).

    

7. « Caritas Christi urget nos » (2 Co 5, 14): c’est l’amour du Christ qui remplit nos cœurs et nous pousse à évangéliser. Aujourd’hui comme alors, il nous envoie par les routes du monde pour proclamer son Évangile à tous les peuples de la terre (cf. Mt 28, 19). Par son amour, Jésus-Christ attire à lui les hommes de toutes générations: en tous temps il convoque l’Église lui confiant l’annonce de l’Évangile, avec un mandat qui est toujours nouveau. C’est pourquoi aujourd’hui aussi un engagement ecclésial plus convaincu en faveur d’une nouvelle évangélisation pour redécouvrir la joie de croire et retrouver l’enthousiasme de communiquer la foi est nécessaire. L’engagement missionnaire des croyants, qui ne peut jamais manquer, puise force et vigueur dans la redécouverte quotidienne de son amour. En effet, la foi grandit quand elle est vécue comme expérience d’un amour reçu et quand elle est communiquée comme expérience de grâce et de joie. Elle rend fécond, parce qu’elle élargit le cœur dans l’espérance et permet d’offrir un témoignage capable d’engendrer: en effet elle ouvre le cœur et l’esprit de tous ceux qui écoutent à accueillir l’invitation du Seigneur à adhérer à sa Parole pour devenir ses disciples. Les croyants, atteste saint Augustin, « se fortifient en croyant » [12]. Le saint Évêque d’Hippone avait de bonnes raisons pour s’exprimer de cette façon. Comme nous le savons, sa vie fut une recherche continuelle de la beauté de la foi jusqu’à ce que son cœur trouve le repos en Dieu [13]. Ses nombreux écrits, dans lesquels sont expliquées l’importance de croire et la vérité de la foi, demeurent jusqu’à nos jours comme un patrimoine de richesse inégalable et permettent encore à de nombreuses personnes en recherche de Dieu de trouver le juste parcours pour accéder à la « porte de la foi ».

    

Donc, la foi grandit et se renforceseulement en croyant ; il n’y a pas d’autre possibilité pour posséder une certitude sur sa propre vie sinon de s’abandonner, dans un crescendo continu, entre les mains d’un amour qui s’expérimente toujours plus grand parce qu’il a son origine en Dieu.

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8. En cette heureuse occasion, j’entends inviter les confrères Évêques du monde entier à s’unir au Successeur de Pierre, en ce temps de grâce spirituelle que le Seigneur nous offre, pour faire mémoire du don précieux de la foi. Nous voudrons célébrer cette Année de manière digne et féconde. La réflexion sur la foi devra s’intensifier pour aider tous ceux qui croient au Christ à rendre plus consciente et à revigorer leur adhésion à l’Évangile, surtout en un moment de profond changement comme celui que l’humanité est en train de vivre. Nous aurons l’opportunité de confesser la foi dans le Seigneur ressuscité dans nos cathédrales et dans les églises du monde entier; dans nos maisons et auprès de nos familles, pour que chacun ressente avec force l’exigence de mieux connaître et de transmettre aux générations futures la foi de toujours. Les communautés religieuses comme celles des paroisses, et toutes les réalités ecclésiales anciennes et nouvelles, trouveront la façon, en cette Année, de rendre une profession publique du Credo.

  

9. Nous désirons que cette Année suscite en chaque croyant l’aspiration à confesser la foi en plénitude et avec une conviction renouvelée, avec confiance et espérance. Ce sera aussi une occasion propice pour intensifier la célébration de la foi dans la liturgie, et en particulier dans l’Eucharistie, qui est « le sommet auquel tend l’action de l’Église, et en même temps la source d’où découle toute sa force » [14]. En même temps, nous souhaitons que le témoignage de vie des croyants grandisse en crédibilité. Redécouvrir les contenus de la foi professée, célébrée, vécue et priée [15], et réfléchir sur l’acte lui-même par lequel on croit, est un engagement que chaque croyant doit faire sien, surtout en cette Année.

 

Ce n’est pas par hasard que dans les premiers siècles les chrétiens étaient tenus d’apprendre de mémoire le Credo. Ceci leur servait de prière quotidienne pour ne pas oublier l’engagement pris par le baptême. Avec des paroles denses de signification, saint Augustin le rappelle quand dans une Homélie sur la redditio symboli, la remise du Credo, il dit : « Le symbole du saint témoignage qui vous a été donné à tous ensemble et que vous avez récité aujourd’hui chacun en particulier, est l’expression de la foi de l’Église notre mère, foi établie solidement sur le fondement inébranlable, sur Jésus-Christ Notre Seigneur …On vous a donc donné à apprendre et vous avez récité ce que vous devez avoir toujours dans l’âme et dans le cœur, répéter sur votre couche, méditer sur les places publiques, ne pas oublier en prenant votre nourriture, murmurer même intérieurement durant votre sommeil » [16].

 

10. Je voudrais, à ce point, esquisser un parcours qui aide à comprendre de façon plus profonde non seulement les contenus de la foi, mais avec ceux-ci aussi l’acte par lequel nous décidons de nous en remettre totalement à Dieu, en pleine liberté. En effet, il existe une unité profonde entre l’acte par lequel on croit et les contenus auxquels nous donnons notre assentiment. L’Apôtre Paul permet d’entrer à l’intérieur de cette réalité quand il écrit : « La foi du cœur obtient la justice, et la confession des lèvres le salut » (Rm 10, 10). Le cœur indique que le premier acte par lequel on vient à la foi est don de Dieu et action de la grâce qui agit et transforme la personne jusqu’au plus profond d’elle-même.

 

L’exemple de Lydie est tout à fait éloquent à ce sujet. Saint Luc raconte que Paul, alors qu’il se trouvait à Philippes, alla un samedi annoncer l’Évangile à quelques femmes ; parmi elles se trouvait Lydie et « le Seigneur lui ouvrit le cœur, de sorte qu’elle s’attacha aux paroles de Paul » (Ac 16, 14). Le sens renfermé dans l’expression est important. Saint Luc enseigne que la connaissance des contenus à croire n’est pas suffisante si ensuite le cœur, authentique sanctuaire de la personne, n’est pas ouvert par la grâce qui permet d’avoir des yeux pour regarder en profondeur et comprendre que ce qui a été annoncé est la Parole de Dieu.

 

Professer par la bouche, à son tour, indique que la foi implique un témoignage et un engagement publics. Le chrétien ne peut jamais penser que croire est un fait privé. La foi, c’est décider d’être avec le Seigneur pour vivre avec lui. Et ce « être avec lui » introduit à la compréhension des raisons pour lesquelles on croit. La foi, parce qu’elle est vraiment un acte de la liberté, exige aussi la responsabilité sociale de ce qui est cru. L’Église au jour de la Pentecôte montre avec toute évidence cette dimension publique du croire et du fait d’annoncer sans crainte sa propre foi à toute personne. C’est le don de l’Esprit Saint qui habilite à la mission et fortifie notre témoignage, le rendant franc et courageux.

 

La profession de la foi elle-même est un acte personnel et en même temps communautaire. En effet, l’Église est le premier sujet de la foi. Dans la foi de la communauté chrétienne chacun reçoit le baptême, signe efficace de l’entrée dans le peuple des croyants pour obtenir le salut. Comme atteste le Catéchisme de l’Église catholique : «‘Je crois’ ; c’est la foi de l’Église professée personnellement par chaque croyant, principalement lors du Baptême. ‘Nous croyons’ : c’est la foi de l’Église confessée par les Évêques assemblés en Concile ou, plus généralement, par l’assemblée liturgique des croyants. ‘Je crois’ : c’est aussi l’Église, notre Mère, qui répond à Dieu par sa foi et qui nous apprend à dire : ‘Je crois’, ‘Nous croyons’ » [17].

 

Comme on peut l’observer, la connaissance des contenus de foi est essentielle pour donner son propre assentiment, c'est-à-dire pour adhérer pleinement avec l’intelligence et la volonté à tout ce qui est proposé par l’Église. La connaissance de la foi introduit à la totalité du mystère salvifique révélé par Dieu. L’assentiment qui est prêté implique donc que, quand on croit, on accepte librement tout le mystère de la foi, parce que Dieu lui-même qui se révèle et permet de connaître son mystère d’amour, est garant de sa vérité [18].

 

D’autre part, nous ne pouvons pas oublier que, dans notre contexte culturel, de nombreuses personnes, bien que ne reconnaissant pas en soi le don de la foi, sont quand même dans une recherche sincère du sens ultime et de la vérité définitive sur leur existence et sur le monde. Cette recherche est un authentique « préambule » à la foi, parce qu’elle met en mouvement les personnes sur le chemin qui conduit au mystère de Dieu. La raison de l’homme elle-même, en effet, porte innée l’exigence de « ce qui a de la valeur et demeure toujours » [19]. Cette exigence constitue une invitation permanente, inscrite de façon indélébile dans le cœur humain, à se mettre en chemin pour trouver Celui que nous ne chercherions pas s’il n’était pas déjà venu à notre rencontre [20]. La foi nous invite justement à cette rencontre et nous y ouvre pleinement.

 

11. Pour accéder à une connaissance systématique des contenus de la foi, tous peuvent trouver dans le Catéchisme de l’Église catholique une aide précieuse et indispensable. Il constitue un des fruits les plus importants du Concile Vatican II. Dans la Constitution apostolique Fidei depositum signée, et ce n’est pas par hasard, à l’occasion du trentième anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II, le Bienheureux Jean-Paul II écrivait : « Ce Catéchisme apportera une contribution très importante à l’œuvre de renouveau de toute la vie ecclésiale … Je le reconnais comme un instrument valable et autorisé au service de la communion ecclésiale et comme une norme sûre pour l’enseignement de la foi » [21]. 10970106-les-mains-en-priere-sur-la-bible-ouverte

 

C’est justement sur cet horizon que l’Année de la foi devra exprimer un engagement général pour la redécouverte et l’étude des contenus fondamentaux de la foi qui trouvent dans le Catéchisme de l’Église catholique leur synthèse systématique et organique. Ici, en effet, émerge la richesse d’enseignement que l’Église a accueilli, gardé et offert au cours de ses deux mille ans d’histoire. De la sainte Écriture aux Pères de l’Église, des Maîtres de théologie aux Saints qui ont traversé les siècles, le Catéchisme offre une mémoire permanente des nombreuses façons dans lesquelles l’Église a médité sur la foi et produit un progrès dans la doctrine pour donner certitude aux croyants dans leur vie de foi.

 

Dans sa structure elle-même, le Catéchisme de l’Église catholique présente le développement de la foi jusqu’à toucher les grands thèmes de la vie quotidienne. Page après page, on découvre que tout ce qui est présenté n’est pas une théorie, mais la rencontre avec une Personne qui vit dans l’Église. À la profession de foi, en effet, succède l’explication de la vie sacramentelle, dans laquelle le Christ est présent, agissant et continue à construire son Église. Sans la liturgie et les sacrements, la profession de foi n’aurait pas d’efficacité, parce qu’elle manquerait de la grâce qui soutient le témoignage des chrétiens. De la même manière, l’enseignement du Catéchisme sur la vie morale acquiert toute sa signification s’il est mis en relation avec la foi, la liturgie et la prière.

 

12. En cette Année, par conséquent, le Catéchisme de l’Église catholique, pourra être un véritable instrument pour soutenir la foi, surtout pour tous ceux qui ont à cœur la formation des chrétiens, si déterminante dans notre contexte culturel. Dans ce but, j’ai invité la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, en accord avec les Dicastères compétents du Saint-Siège, à rédiger une Note, par laquelle offrir à l’Église et aux croyants quelques indications pour vivre cette Année de la foi de manière plus efficace et appropriée, au service du croire et de l’évangélisation.

 

En effet, la foi, se trouve être soumise plus que dans le passé à une série d’interrogations qui proviennent d’une mentalité changée qui, particulièrement aujourd’hui, réduit le domaine des certitudes rationnelles à celui des conquêtes scientifiques et technologiques. Toutefois, l’Église n’a jamais eu peur de montrer comment entre foi et science authentique il ne peut y avoir aucun conflit parce que les deux, même si c’est par des chemins différents, tendent à la vérité [22].

 

13. Il sera décisif au cours de cette Année de parcourir de nouveau l’histoire de notre foi, laquelle voit le mystère insondable de l’entrelacement entre sainteté et péché. Alors que la première met en évidence le grand apport que les hommes et les femmes ont offert à la croissance et au développement de la communauté par le témoignage de leur vie, le second doit provoquer en chacun une sincère et permanente œuvre de conversion pour faire l’expérience de la miséricorde du Père qui va à la rencontre de tous.

 

En ce temps, nous tiendrons le regard fixé sur Jésus Christ « à l’origine et au terme de la foi » (He 12, 2) : en lui trouve son achèvement tout tourment et toute aspiration du cœur humain. La joie de l’amour, la réponse au drame de la souffrance et de la douleur, la force du pardon devant l’offense reçue et la victoire de la vie face au vide de la mort, tout trouve son achèvement dans le mystère de son Incarnation, du fait qu’il s’est fait homme, qu’il a partagé avec nous la faiblesse humaine pour la transformer par la puissance de sa résurrection. En lui, mort et ressuscité pour notre salut, trouvent pleine lumière les exemples de foi qui ont marqué ces deux mille ans de notre histoire de salut.  

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Par la foi, Marie a accueilli la parole de l’Ange et elle a cru à l’annonce qu’elle deviendrait Mère de Dieu dans l’obéissance de son dévouement (cf. Lc 1, 38). Visitant Elisabeth, elle éleva son cantique de louange vers le Très-Haut pour les merveilles qu’il accomplissait en tous ceux qui s’en remettent à lui (cf. Lc 1, 46-55). Avec joie et anxiété elle met au jour son fils unique, maintenant intacte sa virginité (cf. Lc 2, 6-7). Comptant sur Joseph son époux, elle porta Jésus en Égypte pour le sauver de la persécution d’Hérode (cf. Mt 2, 13-15). Avec la même foi, elle suivit le Seigneur dans sa prédication et demeura avec lui jusque sur le Golgotha (cf. Jn 19, 25-27). Avec foi Marie goûta les fruits de la résurrection de Jésus et, conservant chaque souvenir dans son cœur (cf. Lc 2, 19.51), elle les transmit aux Douze réunis avec elle au Cénacle pour recevoir l’Esprit Saint (cf. Ac 1, 14; 2, 1-4).

 

Par la foi, les Apôtres laissèrent tout pour suivre le Maître (cf. Mc 10, 28). Ils crurent aux paroles par lesquelles il annonçait le Royaume de Dieu présent et réalisé dans sa personne (cf. Lc 11, 20). Ils vécurent en communion de vie avec Jésus qui les instruisait par son enseignement, leur laissant une nouvelle règle de vie par laquelle ils seraient reconnus comme ses disciples après sa mort (cf. Jn 13, 34-35). Par la foi, ils allèrent dans le monde entier, suivant le mandat de porter l’Évangile à toute créature (cf. Mc 16, 15) et, sans aucune crainte, ils annoncèrent à tous la joie de la résurrection dont ils furent de fidèles témoins.

 

Par la foi, les disciples formèrent la première communauté regroupée autour de l’enseignement des Apôtres, dans la prière, dans la célébration de l’Eucharistie, mettant en commun tout ce qu’ils possédaient pour subvenir aux besoins des frères (cf. Ac 2, 42-47).

 

Par la foi, les martyrs donnèrent leur vie, pour témoigner de la vérité de l’Évangile qui les avait transformés et rendus capables de parvenir au don le plus grand de l’amour avec le pardon de leurs propres persécuteurs.

 

Par la foi, des hommes et des femmes ont consacré leur vie au Christ, laissant tout pour vivre dans la simplicité évangélique l’obéissance, la pauvreté et la chasteté, signes concrets de l’attente du Seigneur qui ne tarde pas à venir.

Par la foi, de nombreux chrétiens ont promu une action en faveur de la justice pour rendre concrète la parole du Seigneur venu annoncer la libération de l’oppression et une année de grâce pour tous (cf. Lc 4, 18-19).

Par la foi, au cours des siècles, des hommes et des femmes de tous les âges, dont le nom est inscrit au Livre de vie (cf. Ap 7, 9; 13, 8), ont confessé la beauté de suivre le Seigneur Jésus là où ils étaient appelés à donner le témoignage de leur être chrétiens: dans la famille, dans la profession, dans la vie publique, dans l’exercice des charismes et des ministères auxquels ils furent appelés.

Par la foi, nous vivons nous aussi : par la reconnaissance vivante du Seigneur Jésus, présent dans notre existence et dans l’histoire.

 

14. L’Année de la foi sera aussi une occasion propice pour intensifier le témoignage de la charité. Saint Paul rappelle : « Maintenant donc demeurent foi, espérance, charité, ces trois choses, mais la plus grande d’entre elles, c’est la charité » (1 Co 13, 13). Avec des paroles encore plus fortes – qui depuis toujours engagent les chrétiens – l’Apôtre Jacques affirmait : « A quoi sert-il, mes frères, que quelqu’un dise : ‘J’ai la foi’, s’il n’a pas les œuvres ? La foi peut-elle le sauver ? Si un frère ou une sœur sont nus, s’ils manquent de leur nourriture quotidienne, et que l’un d’entre vous leur dise : ‘Allez en paix, chauffez-vous, rassasiez-vous’, sans leur donner ce qui est nécessaire à leur corps, à quoi cela sert-il ? Ainsi en est-il de la foi : si elle n’a pas les œuvres, elle est tout à fait morte. Au contraire, on dira : ‘Toi, tu as la foi, et moi, j’ai les œuvres ? Montre-moi ta foi sans les œuvres ; moi, c’est par les œuvres que je te montrerai ma foi’ » (Jc 2, 14-18).

 

La foi sans la charité ne porte pas de fruit et la charité sans la foi serait un sentiment à la merci constante du doute. Foi et charité se réclament réciproquement, si bien que l’une permet à l’autre de réaliser son chemin. En effet de nombreux chrétiens consacrent leur vie avec amour à celui qui est seul, marginal ou exclus comme à celui qui est le premier vers qui aller et le plus important à soutenir, parce que justement en lui se reflète le visage même du Christ. Grâce à la foi nous pouvons reconnaître en tous ceux qui demandent notre amour, le visage du Seigneur ressuscité. «Dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait» (Mt 25, 40) : ces paroles du Seigneur sont un avertissement à ne pas oublier et une invitation permanente à redonner cet amour par lequel il prend soin de nous. C’est la foi qui permet de reconnaître le Christ et c’est son amour lui-même qui pousse à le secourir chaque fois qu’il se fait notre prochain sur le chemin de la vie. Soutenus par la foi, regardons avec espérance notre engagement dans le monde, en attente «d’un ciel nouveau et d’une terre nouvelleoù résidera la justice » (2 Pi 3, 13; cf. Ap 21, 1).

 

15. Parvenu désormais au terme de sa vie, l’Apôtre Paul demande à son disciple Timothée de « rechercher la foi » (2 Tm 2, 22) avec la même constance que lorsqu’il était jeune (cf. 2 Tm 3, 15). Entendons cette invitation adressée à chacun de nous, pour que personne ne devienne paresseux dans la foi. Elle est une compagne de vie qui permet de percevoir avec un regard toujours nouveau les merveilles que Dieu réalise pour nous. Engagée à saisir les signes des temps dans l’aujourd’hui de l’histoire, la foi incite chacun de nous à devenir signe vivant de la présence du Ressuscité dans le monde. Ce dont le monde aujourd’hui a particulièrement besoin, c’est du témoignage crédible de tous ceux qui, éclairés dans l’esprit et dans le cœur par la Parole du Seigneur, sont capables d’ouvrir le cœur et l’esprit de beaucoup au désir de Dieu et de la vraie vie, celle qui n’a pas de fin.

 

« Que la Parole du Seigneur accomplisse sa course et soit glorifiée » (2 Th 3, 1) : puisse cette Année de la foi rendre toujours plus solide la relation avec le Christ Seigneur, puisque seulement en lui se trouve la certitude pour regarder vers l’avenir et la garantie d’un amour authentique et durable. Les paroles de l’Apôtre Pierre jettent un dernier rayon de lumière sur la foi : « Vous en tressaillez de joie, bien qu’il vous faille encore quelque temps être affligés par diverses épreuves, afin que, bien éprouvée, votre foi, plus précieuse que l’or périssable que l’on vérifie par le feu, devienne un sujet de louange, de gloire et d’honneur, lors de la Révélation de Jésus Christ. Sans l’avoir vu, vous l’aimez ; sans le voir encore, mais en croyant, vous tressaillez d’une joie indicible et pleine de gloire, sûrs d’obtenir l’objet de votre foi : le salut des âmes » (1 Pi 1, 6-9). La vie des chrétiens connaît l’expérience de la joie et celle de la souffrance. Combien de saints ont vécu la solitude ! Combien de croyants, même de nos jours, sont éprouvés par le silence de Dieu alors qu’ils voudraient écouter sa voix consolante ! Les épreuves de la vie, alors qu’elles permettent de comprendre le mystère de la croix et de participer aux souffrances du Christ (cf. Col 1, 24), sont un prélude à la joie et à l’espérance où conduit la foi : « Lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort » (2 Co 12, 10). Nous croyons avec une ferme certitude que le Seigneur Jésus a vaincu le mal et la mort. Avec cette confiance assurée nous nous en remettons à lui: présent au milieu de nous, il vainc le pouvoir du malin (cf. Lc 11, 20) et l’Église, communauté visible de sa miséricorde, subsiste en lui comme signe de la réconciliation définitive avec le Père.

 

Confions à la Mère de Dieu, proclamée « bienheureuse parce qu’elle a cru » (Lc 1, 45), ce temps de grâce.

 

Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 11 octobre 2011, en la septième année de mon Pontificat.

 

 

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 21:39

Toussaint 2012 : paroles de Benoît XVI à l'angélus

 

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ROME, jeudi 1er novembre 2012 (ZENIT.org) –

 

La « foi dans la vie éternelle » fait « aimer l’histoire et le présent », affirme Benoît XVI. Le pape a en effet présidé la prière de l’angélus depuis la fenêtre de son bureau qui donne place Saint-Pierre à midi, en ce jour de la Toussaint : une fête dont il a expliqué le sens dans son allocution avant l’angélus. « Seule la foi dans la vie éternelle nous fait aimer vraiment l’histoire et le présent, mais sans attachements, dans la liberté du pèlerin, qui aime la terre parce qu’il a le cœur au Ciel », a déclaré Benoît XVI Allocution de Benoît XVI avant l’angélus :

 

Chers frères et sœurs, Nous avons aujourd’hui la joie de nous rencontrer pour la solennité de la Toussaint. Cette fête nous fait réfléchir au double horizon de l’humanité, que nous exprimons symboliquement par les mots « terre » et « ciel » : la terre représente le chemin historique, le ciel l’éternité, la plénitude de la vie en Dieu. Et ainsi cette fête nous fait penser à l’Eglise dans sa double dimension : l’Eglise en marche dans le temps et celle qui célèbre la fête sans fin, la Jérusalem céleste. Ces deux dimensions sont unies dans la réalité de la « communion des saints » : une réalité qui commence ici-bas sur la terre et atteint son accomplissement au Ciel. Dans le monde terrestre, l’Eglise est le début de ce mystère de communion qui unit l’humanité, un mystère totalement centré sur Jésus-Christ : c’est lui qui a introduit dans le genre humain cette nouvelle dynamique, un mouvement qui la conduit vers Dieu et en même temps vers l’unité, vers la paix au sens profond.

 

Jésus–Christ, dit l’évangile de Jean (11, 52), est mort « pour rassembler les enfants de Dieu dispersés », et son œuvre continue dans l’Eglise qui est inséparablement « une », « sainte » et « catholique ». Etre chrétiens, faire partie de l’Eglise signifie s’ouvrir à cette communion, comme une semence qui s’ouvre dans la terre, en mourant, et germe en montant vers le ciel. Triduum

 

 

 

Les saints, ceux que l’Eglise proclame, mais aussi tous les saints et les saints que Dieu seul connaît, et que nous célébrons aussi aujourd’hui, ont vécu intensément cette dynamique. En chacun d’eux, de façon personnelle, le Christ s’est rendu présent, grâce à son Esprit qui agit par la Parole et les sacrements. En effet, le fait d’être uni au Christ, dans l’Eglise, n’annule pas la personnalité, mais l’ouvre, la transforme par la force de l’amour, et lui confère, déjà sur cette terre, une dimension éternelle. En substance, cela signifie devenir conformes à l’image du Fils de Dieu (cf. Rm 8, 29), en réalisant le projet de Dieu qui a créé l’homme à son image, et à sa ressemblance. Mais cette insertion dans le Christ nous ouvre aussi, comme nous le disions, à la communion avec tous les autres membres de son Corps mystique qui est l’Eglise, une communion qui est parfaite dans le « Ciel » où il n’y a aucun isolement, aucune concurrence, ou séparation.

 

Dans la fête d’aujourd’hui, nous goûtons à l’avance la beauté de cette vie d’ouverture totale au regard d’amour de Dieu et des frères, dans laquelle nous sommes certains d’atteindre Dieu dans l’autre et l’autre en Dieu. Par cette foi pleine d’espérance, nous vénérons tous les saints, et nous nous préparons à commémorer demain les fidèles défunts. Dans les saints nous voyons la victoire de l’amour sur l’égoïsme et sur la mort : nous voyons que suivre le Christ conduit à la vie, à la vie éternelle, et donne du sens au présent, à chaque instant qui passe, afin qu’il le remplisse d’amour, d’espérance. Seule la foi dans la vie éternelle nous fait aimer vraiment l’histoire et le présent, mais sans attachements, dans la liberté du pèlerin, qui aime la terre parce qu’il a le cœur au Ciel. Que la Vierge Marie nous obtienne la grâce de croire fortement à la vie éternelle, et de nous sentir en vraie communion avec nos chers défunts.

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 21:45

Audience du mercredi 31 octobre 2012

ROME, mercredi 31 octobre 2012 (ZENIT.org)

  

– La Tradition « nous donne la garantie que ce en quoi nous croyons est le message original du Christ, prêché par les Apôtres », explique Benoît XVI. Le pape a en effet consacré sa catéchèse du mercredi, ce 31 octobre, place Saint-Pierre, devant quelque 20.000 Personnes, à la dimension « communautaire » de la foi. Catéchèse de Benoît XVI en italien :

 

Chers frères et sœurs,

Nous poursuivons notre chemin de méditation sur la foi catholique. La semaine dernière, j’ai montré comment la foi est un don, parce que c’est Dieu qui prend l’initiative et qui vient à notre rencontre ; et ainsi la foi est une réponse par laquelle nous l’accueillons comme le fondement stable de notre vie. C’est un don qui transforme l’existence, parce qu’il nous fait entrer dans la vision de Jésus, qui agit en nous et nous ouvre à l’amour de Dieu pour les autres.

Aujourd’hui, je voudrais faire un pas de plus dans notre réflexion, en partant encore une fois de certaines questions : la foi a-t-elle un caractère seulement personnel, individuel ? Est-ce que je vis ma foi tout seul ?

Certes, l’acte de foi est un acte éminemment personnel qui advient au plus profond du cœur et qui marque un changement de direction, une conversion personnelle : c’est mon existence qui reçoit un tour, une orientation nouvelle. Dans la liturgie du baptême, au moment des promesses, le célébrant demande de manifester la foi catholique et formule trois questions : 011 Trojcy Przenajswietszej

Croyez-vous en Dieu le Père tout–puissant ?

Croyez-vous en Jésus-Christ son Fils unique ?

Croyez-vous en l’Esprit Saint ?

Autrefois, ces questions étaient adressées personnellement à celui qui devait recevoir le baptême, avant qu’il ne se plonge par trois fois dans l’eau. Et aujourd’hui encore la réponse est au singulier : « Credo ». Mais ma foi n’est pas le résultat de ma réflexion solitaire, ce n’est pas le projet de ma pensée, mais c’est le fruit d’une relation, d’un dialogue, dans lequel il y a une écoute, une réception et une réponse ; c’est la communication avec Jésus qui me fait sortir de mon « moi » enfermé sur lui-même pour m’ouvrir à l’amour de Dieu le Père.

C’est comme une renaissance dans laquelle je me découvre uni non seulement à Jésus, mais aussi à tous ceux qui ont marché et qui marchent sur la même route ; et c’est cette nouvelle naissance, qui commence avec le baptême, continue tout au long de l’existence. Je ne peux pas construire ma foi personnelle dans un dialogue privé avec Jésus, parce que la foi m’est donnée par Dieu à travers une communauté croyante qui est l’Eglise et je m’insère ainsi dans la multitude des croyants dans une communion qui n’est pas seulement sociologique mais enracinée dans l’éternel amour de Dieu, qui en lui-même est communion du Père, du Fils et du Saint-Esprit, est Amour trinitaire.

Notre foi n’est vraiment personnelle que si elle est aussi communautaire : elle ne peut être ma foi que si elle vit et se meut dans le « nous » de l’Eglise, seulement si c’est notre foi, la foi commune de l’unique Eglise. Le dimanche, à la messe, en récitant le « Credo », nous nous exprimons à la première personne, mais nous confessons communautairement l’unique foi de l’Eglise.

Ce « Credo » prononcé de façon individuelle nous unit à celui d’un choeur immense dans le temps et dans l’espace, dans lequel chacun contribue, pour ainsi dire, à une concorde polyphonique de la foi.

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Le Catéchisme de l’Eglise catholique l’exprime de façon claire en ces termes: « " Croire " est un acte ecclésial. La foi de l’Église précède, engendre, porte et nourrit notre foi. L’Église est la mère de tous les croyants. " Nul ne peut avoir Dieu pour Père qui n’a pas l’Église pour mère " (S. Cyprien, unit. eccl. : PL 4, 503A) » (n. 181). La foi naît donc dans l’Eglise, conduit à elle, et vit en elle. C’est important de le rappeler.

Au commencement de l’aventure chrétienne, lorsque l’Esprit Saint descend avec puissance sur les disciples, au premier jour de la Pentecôte, comme le rapportent els Actes des Apôtres (cf. 2,1-13), l’Eglise naissante reçoit la force d’accomplir la mission qui lui a été confiée par le Seigneur ressuscité : répandre l’Evangile aux quatre coins du monde, la bonne nouvelle du Règne de Dieu, et ainsi conduire l’homme à la rencontre avec lui, à la foi qui sauve.

Les Apôtres surmonte toute peur de proclamer ce qu’ils avaient entendu, vu, ce dont ils avaient fait l’expérience en personne avec Jésus. Par la puissance de l’Esprit-Saint, ils commencent à parer des langues nouvelles, en annonçant ouvertement le mystère dont ils ont été témoins. Dans les Actes des Apôtres, on rapporte ensuite le grand discours que Pierre prononce justement le jour de la Pentecôte. Il part d’un passage du prophète Joël (3,1-5), en rattachant à Jésus, et en proclamant le noyau central de la foi chrétienne : celui qui avait fait du bien à tous, qui avait été accrédité par Dieu, par des prodiges et de grands signes, a été cloué sur la croix et tué, mais Dieu l’a ressuscité des morts, le faisant Christ et Seigneur. Avec lui, nous sommes entrés dans le salut définitif annoncé par les prophètes et qui invoquera son nom sera sauvé (cf. Ac 2,17-24). oggetti religiosi abc 020 w

Beaucoup se sentent interpellés personnellement par ces paroles de Pierre, ils se repentent de leurs péchés et ils se font baptiser et reçoivent le don de l’Esprit Saint (cf. Ac 2, 37-41). C’est ainsi que commence le chemin de l’Eglise, communauté qui porte cette annonce dans le temps et dans l’espace, communauté que le Peuple de Dieu fondé sur la nouvelle alliance grâce au sang du Christ et dont les membres n’appartiennent pas à un groupe social ou ethnique particulier, mais sont des hommes et des femmes venus de toute nation et culture. C’est un peuple « catholique » qui parle des langues nouvelles, universellement ouvert pour accueillir chacun, au-delà des frontières, en abattant toutes les barrières.

 Saint Paul dit : « Il n’y a plus de grec n de Juif, ni circoncision ni incirconcision, ni barbare ni Scythe, ni esclave ni homme libre, mais le Christ qui est tout en tous » (Col 3,11).

Donc l’Eglise dès le début, est le lieu de la foi, le lieu de la transmission de la foi, et lieu où, par le baptême, on est plongé dans le Mystère pascal de la mort et de la résurrection du Christ, qui nous libère de la prison du péché, nous donne la liberté des fils et qui nous introduit dans la communion du Dieu trinitaire. En même temps, nous sommes plongés dans la communion avec les autres frères et sœurs dans la foi, avec tout le Corps du Christ, tirés de notre isolement.

Le Concile œcuménique Vatican II le rappelle : « Cependant le bon vouloir de Dieu a été que les hommes ne reçoivent pas la sanctification et le salut séparément, hors de tout lien mutuel ; il a voulu en faire un peuple qui le connaîtrait selon la vérité et le servirait dans la sainteté » (Const. dogm. Lumen gentium, 9).

En rappelant encore la liturgie du baptême, nous notons qu’en conclusion des promesses où nous exprimons le renoncement au mal et où nous répétons « credo », aux vérités de la foi, le célébrant déclare : « Voilà notre foi, voilà la foi de l’Eglise et nous nous glorifions de la professer dans le Christ Jésus notre Seigneur ».

La foi est une vertu théologale, donnée par Dieu, mais transmise par l’Eglise au long de l’histoire.

Saint Paul lui-même, écrivant aux Corinthiens, affirme leur avoir communiqué l’Evangile qu’il avait à son tour reçu lui aussi (cf. 1 Co 15, 3). Il y a une chaîne ininterrompue de la vie de l’Eglise, de l’annonce de la Parole de Dieu, de la célébration des sacrements, qui arrive jusqu’à nous et que nous appelons la Tradition. Elle nous donne la garantie que ce en quoi nous croyons est le message original du Christ, prêché par les Apôtres. Le noyau de l’annonce primordiale est l’événement de la mort et de la résurrection du Seigneur, d’où jaillit tout le patrimoine de la foi.

Le Concile dit : « La prédication apostolique, qui se trouve spécialement exprimée dans les livres inspirés, devait être conservée par une succession ininterrompue jusqu’à la consommation des temps » (Const. dogm. Dei Verbum, 8).

De cette façon, si l’Ecriture sainte contient la Parole de Dieu, la Tradition de l’Eglise la conserve et la transmet fidèlement, afin que les hommes de chaque époque puissent accéder à ses immenses ressources et s’enrichir de ses trésors de grâce. Ainsi, l’Eglise « perpétue dans sa doctrine, sa vie et son culte et elle transmet à chaque génération, tout ce qu’elle est elle-même, tout ce qu’elle croit » (ibidem).

Enfin, je voudrais souligner que c’est dans la communauté ecclésiale que la foi personnelle croît et mûrit. Il est intéressant d’observer comment dans le Nouveau testament la parole « saints » désigne les chrétiens dans leur ensemble et tous n’avaient certainement pas les qualités pour être déclarés saints par l’Eglise.

Qu’est-ce que l’on voulait donc indiquer par ce terme ?

 

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Le fait que ceux qui avaient la foi dans le Christ ressuscité et en vivaient, étaient appelés à devenir un point de référence pour tous les autres, en les mettant ainsi en contact avec la personne et avec le message de Jésus, qui révèle le visage du Dieu vivant. Et cela vaut aussi pour nous : un chrétien qui se laisse guider et modeler peu à peu par la foi de l’Eglise, en dépit de ses faiblesses, de ses limites, et de ses difficultés, devient comme une fenêtre ouverte à la lumière du Dieu vivant, qui reçoit cette lumière et la transmet au monde. Le bienheureux Jean-Paul II affirmait dans l’encyclique Redemptoris missio que « la mission renouvelle l’Eglise, fortifie la foi et l’identité chrétienne, donne un nouvel enthousiasme et des motivations nouvelles. La foi se fortifie si on la donne ! » (n. 2). La tendance, aujourd’hui répandue, à reléguer la foi dans la sphère du privé contredit donc sa nature même. Nous avons besoin de l’Eglise pour avoir la confirmation de notre foi et pour faire l’expérience des dons de Dieu : sa Parole, les sacrements, le soutien de la grâce, et le témoignage de l’amour. Ainsi, dans le « nous » de l’Eglise, notre « je » pourra se percevoir à la fois comme le destinataire et le protagoniste d’un événement qui le dépasse : l’expérience de la communion avec Dieu, qui fonde la communion entre les hommes. Dans un monde où l’individualisme semble régler les rapports entre les personnes, en les rendant toujours plus fragiles, la foi nous appelle à être Peuple de Dieu, à être Eglise, porteurs de l’amour et de la communion de Dieu pour tout le genre humain (cf. Const. past. Gaudium et spes, 1). Merci de votre attention.

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 21:49

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