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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 14:41
La troisième méditation de Carême du père Cantalamessa

Le père Cantalamessa, lors de la méditation de Carême du 19 février 2016. - ANSA

04/03/2016 11:32

(RV) Voici une traduction complète de la méditation proposée ce vendredi matin, 4 mars 2016, par le prédicateur de la Maison pontificale, le père capucin Raniero Cantalamessa, devant le Pape François et les responsables de la Curie romaine.

Annoncer la Parole : L’Esprit Saint, l’agent principal de l'évangélisation

Nous continuons et terminons aujourd’hui nos réflexions sur la constitution Dei Verbum, c’est-à-dire sur la Parole de Dieu. La dernière fois, j’ai parlé de la "lectio divina", c’est-à-dire de la lecture personnelle et édifiante des Écritures. En suivant le schéma tracé par saint Jacques, nous avons dégagé trois opérations successives: accueillir la Parole, méditer la Parole, mettre la Parole en pratique.

Il en reste une quatrième, à laquelle nous voulons consacrer notre réflexion aujourd’hui : annoncer la parole. Dei Verbum parle brièvement de la place de choix que tient la Parole de Dieu dans la prédication de l’Eglise (DV, nr. 24), mais s’attarde d’autant moins dessus que le concile lui a consacré tout un document à part : le décret Ad gentes divinitus, sur l’activité missionnaire de l’Eglise.

Après ce texte conciliaire, le sujet a été repris et actualisé par le bienheureux Paul VI avec Evangelii nuntiandi, puis par saint Jean-Paul II, avec Redemptoris missio, et par le pape François avec Evangelii gaudium. M’imaginer pouvoir vous en dire plus serait stupide de ma part. Ce que l’on peut faire, par contre, vu l’approche donnée à ces méditations, c’est mettre en évidence quelque aspect plus directement spirituel du problème. Pour faire cela, je pars de la phrase du bienheureux Paul VI : «L’Esprit Saint est l’agent principal de l’évangélisation» [1].

1. Moyen et message

Si je veux diffuser une nouvelle, mon premier problème sera de savoir par quel moyen la diffuser: par la presse? Par la radio? Par la télévision? Le moyen est si important que la science moderne des communications sociales en a fait un slogan : «Le message c’est le medium» («The medium is the message») [2]. A présent, demandons-nous quel est le moyen primordial et naturel qui permet de transmettre la parole? C’est le souffle, la respiration, la voix, qui draine la parole formée dans le secret de mon esprit jusqu’à l’oreille de l’auditeur. Tous les autres moyens ne font que renforcer et amplifier ce moyen primordial que représente le souffle ou la voix. L’écriture vient après et suppose elle aussi "être dite", dans la mesure où les lettres de l’alphabet ne sont que des signes indicateurs de sons.

Eh bien la parole de Dieu suit cette même loi. Elle se transmet par le souffle. Et quel est, ou bien qui est, ce souffle, ou la rouah, de Dieu, selon la Bible? Nous le savons: c’est l’Esprit Saint ! Mon souffle peut-il animer la parole d’un autre, ou le souffle d’un autre peut-il animer ma parole? Non, seul mon souffle est capable de prononcer ma parole et seul le souffle de l’autre est capable de prononcer la sienne. Pour la parole de Dieu c’est pareil : celle-ci n’est animée que par le souffle de Dieu qui est l’Esprit Saint.

Nous touchons ici une vérité très simple et pour ainsi dire évidente, mais d’une portée immense. C’est la loi fondamentale de toute annonce et de toute évangélisation. Les nouvelles humaines se transmettent ou oralement, ou via radio, par la presse, internet et ainsi de suite; la nouvelle divine, en tant que divine, se transmet via l’Esprit Saint. L’Esprit Saint est le vrai moyen de communication. Il est essentiel, car sans lui on ne perçoit du message que son revêtement humain. Les paroles de Dieu sont «esprit et vie» (cf. Jn 6,63) et ne peuvent donc se transmettre ou être reçues que «dans l’Esprit».

Cette loi fondamentale, nous la voyons se réaliser concrètement dans l’histoire du salut. Jésus commença à prêcher « dans la puissance de l’Esprit » (Lc 4,14 ss.). Lui-même déclara: «L’Esprit du Seigneur est sur moi... Il m’a consacré par l’onction, pour apporter la bonne nouvelle aux pauvres» (Lc 4,18). Le soir de Pâques, au Cénacle, quand Jésus est apparu aux apôtres, il leur a dit: «De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie.» Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et leur dit : «Recevez l’Esprit Saint» (Jn 20, 21-22). En confiant aux apôtres le mandat de sillonner le monde entier, Jésus leur donne aussi le moyen d’y arriver – l’Esprit Saint – et il le donne d’une façon très significative : en Le soufflant en eux, avec son haleine.

Selon Marc et Matthieu, la dernière parole de Jésus aux apôtres avant de monter au ciel fut «Allez!»: «Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création» (Mc 16,15; Mt 28, 19). En lisant Luc, l’ordre final de Jésus semble dire le contraire: Restez! Demeurez! : «Demeurez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus d’une puissance venue d’en haut» (Lc 24, 49). Naturellement, il n’y a aucune contradiction; cela veut dire: allez dans le monde entier, mais pas avant d’avoir reçu l’Esprit Saint.

Tout le récit de la Pentecôte sert à montrer cette vérité. L’Esprit Saint vient et voilà que Pierre et les autres apôtres se mettent à parler fort du Christ crucifié et ressuscité. Et leur parole est si pleine d’onction et puissance que trois mille personnes en ont le cœur transpercé. L’Esprit Saint, venu sur les apôtres, se transforme en une impulsion irrésistible à évangéliser.

Saint Paul va jusqu’à déclarer : sans l’Esprit Saint il est impossible de proclamer que «Jésus est le Seigneur !» (1 Cor 12, 3), qui est le début et la synthèse de toute annonce chrétienne. Saint Pierre, lui, dit des apôtres qu’ils sont «ceux qui ont annoncé l’Évangile dans l’Esprit Saint» (1 Pt 1,12). Le mot «Évangile» se réfère au contenu, et l’expression «dans l’Esprit Saint» au moyen, ou à la méthode, à l’annonce.

2. Paroles et actions

La première chose à éviter quand on parle d’évangélisation c’est de penser qu’il s’agit d’un synonyme du mot prédication et donc réservée à une catégorie précise de chrétiens, les prédicateurs. Voyons, au contraire, ce que dit Dei Verbum sur la nature de la révélation:

«L’économie de la Révélation comprend des actions et des paroles intimement liées entre elles, de sorte que les œuvres, accomplies par Dieu dans l’histoire du salut, attestent et corroborent et la doctrine et le sens indiqués par les paroles, tandis que les paroles proclament les œuvres et éclairent le mystère qu’elles contiennent.» [3].

Cette affirmation remonte à saint Grégoire le Grand. «Notre Seigneur et sauveur, écrivait le saint docteur, nous enseigne tantôt par ses discours tantôt par ses actions» [4]. Cette loi, bonne dès les débuts de la Révélation, vaut aussi pour sa diffusion. Autrement dit, on n’évangélise pas seulement par la parole, mais par le geste et par sa propre vie avant tout; pas seulement avec ce que l’on dit, mais aussi avec ce que l’on fait et ce que l’on est.

C’était comme ça au début. La meilleure étude jamais réalisée sur la «mission et expansion du christianisme aux trois premiers siècles» est arrivée à la conclusion que «la seule existence et l’activité constante de chaque communauté furent le facteur principal de la propagation du christianisme» [5]. Je pense qu’en cette année de la miséricorde, il n’est pas mauvais de rappeler en quoi consistait cette «activité» chez les chrétiens. Car, outre l’aide fraternelle qu’ils s’échangeaient entre eux, il était aussi question d’ «œuvres miséricordieuses» à l’égard de tous: orphelins, malades, prisonniers. La force de ces initiatives était si évidente que l’empereur Julien, revenu à la religion païenne, voulut introduire le même genre d’institutions caritatives dans la société civile, et éviter ainsi qu’elles ne rencontrent du succès en milieu chrétien.

Il y a un dicton en anglais qui dit: «Les actes parlent plus forts que les mots»: «Deeds speak louder than words». Appliqué à l’évangélisation, le dicton revêt une signification particulière. Dans la même ligne va l’affirmation souvent répétée de Paul VI dans Evangelii nuntiandi: «L’homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres, ou s’il écoute les maîtres, c’est parce qu’ils sont des témoins» [6].

Un soir, un des plus grands philosophes et moralistes du siècle dernier (pas nécessaire de donner son nom) se fit surprendre dans un local avec une compagnie peu édifiante. Un collègue lui demanda comment il pouvait concilier sa conduite et ce qu’il écrivait dans ses livres. Celui-ci répondit tranquillement: «Avez-vous déjà vu un panneau routier se mettre à marcher dans la direction qu’il indique?». Une réponse brillante, mais qui se condamne toute seule. Les hommes se moquent d’avoir des «panneaux indicateurs» qui, eux-mêmes, ne se déplacent pas d’un pouce.

J’ai un bel exemple de la force du témoignage, dans mon propre ordre religieux. Je ne crois pas que la profession de prédicateur soit ce que les capucins ont apporté de plus grand à l’évangélisation pendant ses cinq siècles d’histoire, mais sa clique de "frères laïcs", des hommes modestes et sans culture, travaillant comme portiers ou quêteurs. Des populations entières ont retrouvé ou entretenu leur foi grâce à eux. Une de ces personnes était le bienheureux Nicola da Gesturi, il parlait si peu que les gens le surnommaient "Frère silence", pourtant en Sardaigne, 58 ans après sa mort, l’ordre des capucins s’identifie encore à lui, ou à Ignace de Laconi, un autre saint frère quêteur de l’époque. La même chose se vérifia ici à Rome, aux débuts de l’ordre, avec saint Felix de Cantalice. Ces gens on montré la vérité de la parole que François d’Assise adressa un jour aux frères prêcheurs: «Pourquoi êtes-vous fiers de la conversion des hommes? Sachez qu’ils ont été convertis par mes modestes frères et leurs prières» [7].

Un jour, au cours d’échanges œcuméniques, un frère pentecôtiste me demanda – non pour polémiquer mais pour désir de comprendre – pourquoi nous les catholiques nous appelions Marie «Étoile de l’évangélisation». Cette question fut l’occasion pour moi de réfléchir effectivement à ce titre que Paul VI attribue à la Vierge, à la fin du document Evangelii nuntiandi. J’en ai tiré la conclusion suivante : Marie est l’étoile de l’évangélisation parce qu’elle n’a pas apporté une parole particulière à un peuple particulier, comme ont fait les grands évangélisateurs de l’Histoire, mais a apporté la Parole faite chair, l’a portée (physiquement aussi) au monde entier! Elle n’a jamais prêché, ni même prononcé plus de quelques mots, mais elle était si pleine de Jésus que, partout où elle allait, elle répandait son parfum, au point que Jean Baptiste avertit en elle la présence de Jésus du ventre de sa mère. Qui peut nier que la Vierge de Guadalupe a eu un rôle fondamental dans l’évangélisation et la foi du peuple mexicain?

M’adressant à un milieu comme la Curie Romaine, je pense qu’on peut mettre l’accent sur ce que peuvent apporter à l’évangélisation – et ils apportent déjà – ceux qui passent le plus clair de leur temps derrière un bureau à traiter des affaires qui n’ont apparemment rien à voir avec elle. S’il perçoit son travail comme un service à rendre au pape et à l’Église ; s’il renouvelle de temps en temps ses intentions et empêche que la carrière prenne le pas sur son cœur, le modeste employé d’une Congrégation aide bien plus à évangéliser qu’un prédicateur de profession dont le souci serait de plaire aux hommes avant de plaire à Dieu.

3. Comment devient-on des évangélisateurs

Si l’évangélisation est un engagement à la portée de tous, essayons de voir quels sont les critères et les conditions pour devenir d’authentiques évangélisateurs. La première condition, Dieu nous la suggère en disant à Abraham: «Quitte ton pays et va» (cf. Gen 12, 1). Il ne saurait en effet y avoir de mission ou d’envoi sans sortir. Nous parlons souvent d’une Église «qui sort». Mais il faut avoir conscience que la première porte dès laquelle il faut sortir n’est pas celle de l’Eglise, de la communauté, d’une institution, d’une sacristie, mais celle de notre "moi". Le Pape François, un jour, l’a bien expliqué: «Sortir, disait-il, signifie avant tout sortir du centre pour laisser à Dieu la place qui lui revient». «Décentre-nous de nous-mêmes et recentre-nous sur le Christ», dirait Teilhard de Chardin.

Plus fort encore que le cri lancé à Abraham, est le cri lancé par Jésus quand il demande à quelqu’un de collaborer avec lui à l’annonce du Royaume: «Pars, sors de toi-même, renie-toi! Ta vie changera, mon visage deviendra le tien. Car ce n’est plus toi qui vit, mais moi en toi.» C’est la seule façon d’arriver à bout de ce fourmillement de jalousies, convoitises, peur de perdre la face, rancœur, ressentiments, situations d’antipathie dont regorge le cœur du vieil homme; pour être «habités» par l’Évangile et répandre son parfum.

La Bible nous offre une image qui renferme plus de vérité que n’importe quel traité sur la pastorale de l’annonce: le récit du livre mangé qu’on lit dans Ezéchiel:

«Alors j’ai vu : une main tendue vers moi, tenant un livre en forme de rouleau. Elle le déroula devant moi ; ce rouleau était écrit au-dedans et au-dehors, rempli de lamentations, plaintes et clameurs. Et il me dit : "Fils d’homme, ce qui est devant toi, mange-le, mange ce rouleau ! Puis, va ! Parle à la maison d’Israël." J’ouvris la bouche, il me fit manger le rouleau et il me dit : "Fils d’homme, remplis ton ventre, rassasie tes entrailles avec ce rouleau que je te donne." Je le mangeai, et dans ma bouche il fut doux comme du miel.» (Ez 2, 9 - 3, 3; cf. aussi Ap 10, 2).

Il y a une différence énorme entre la Parole de Dieu, simplement étudiée et proclamée, et la Parole de Dieu d’abord "mangée" puis assimilée. Dans le premier cas on dit d’un prédicateur qu’il "parle comme un livre" ; mais ce n’est pas la bonne façon pour arriver au cœur des gens, car n’y arrive que ce qui part du cœur. «Cor ad cor loquitur», était la devise du bienheureux cardinal Newman.

En reprenant l’image d’Ezéchiel, l’auteur de l’Apocalypse apporte une variante, petite mais très significative. Il dit que le livre mangé était, oui, doux comme du miel dans sa bouche, mais amer comme le fiel dans les entrailles (cf. Ap 10, 10). Oui, car avant de blesser les auditeurs, la parole doit blesser l’annonceur, lui montrer son péché et le pousser à se convertir.

Ce n’est pas le travail d’un jour Mais il y a une chose que l’on peut faire en un jour, aujourd’hui même: accepter cette perspective, prendre la décision irrévocable, de ne plus vivre pour nous-mêmes, mais pour le Seigneur (cf. Rom 14, 7-9). Cela demande à l’homme des efforts d’ascèse mais pas seulement car intervient aussi la grâce, fruit de l’Esprit Saint. Comme dit la Prière eucharistique IV dans la liturgie : «Afin que notre vie ne soit plus à nous-mêmes, mais à lui qui est mort et ressuscité pour nous, il a envoyé d'auprès de toi l’Esprit Saint, comme premier don fait aux croyants».

Pour savoir comment obtenir l’Esprit Saint en nous pour évangéliser, c’est simple. Il suffit de voir comment Jésus l’avait obtenu et comment l’Eglise l’obtint le jour de la Pentecôte. Luc décrit l’événement du baptême de Jésus en ces termes: «Comme tout le peuple se faisait baptiser et qu’après avoir été baptisé lui aussi, Jésus priait, le ciel s’ouvrit, et l’Esprit Saint descendit sur lui.» (Lc 3,21-22). C’est la prière de Jésus qui a ouvert le ciel et fait descendre l’Esprit Saint. Et ce fut la même chose pour les apôtres. L’Esprit Saint, à la Pentecôte, vint sur eux quand «tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière» (Ac 1,14).

Les efforts que nous mettons dans ce nouvel engagement missionnaire ont face à eux deux risques à éviter. L’un c’est l’inertie, la paresse, ne rien faire et laisser les autres faire. L'autre c’est se lancer dans un activisme humain fébrile et vide, pour au final perdre peu à peu le contact avec la parole et la source de son efficacité. Ça serait courir à l’échec. Plus le volume des activités augmente plus le volume de la prière doit augmenté, en intensité si non en quantité. On réagit: c’est absurde; le temps est ce qu’il est! D'accord, mais celui qui a multiplié les pains, ne saura-t-il pas multiplier aussi le temps? Du reste, Dieu fait cela continuellement et nous en faisons chaque jour l’expérience. Après avoir prié, on fait les mêmes choses en y mettant moins de la moitié du temps.

On dit aussi: Mais comment peut-on rester prier tranquillement, comment ne pas courir, quand la maison brûle? C’est vrai aussi. Mais imaginez la scène: une équipe de sapeurs-pompiers a reçu un appel urgent et se précipite, toutes sirènes dehors, sur les lieux de l’incendie; mais, arrivée sur place, ils s’aperçoivent qu’il n’y a plus une goutte d’eau dans les réservoirs. C’est pareil pour nous, quand nous courons prêcher sans prier. Ce n’est pas qu’on ne trouve plus les mots ; au contraire, moins on prie plus on parle, mais ce sont des paroles vides, qui ne touchent personne.

4. Evangélisation et compassion

A côté de la prière, nous avons un autre moyen pour avoir l’Esprit Saint en nous, c’est en veillant à la pureté de notre intention quand nous prêchons le Christ. Car plusieurs causes peuvent la polluer. Saint Paul en cite quelques unes dans sa Lettre aux Philippiens: par commodité, par jalousie, par rivalité (Fil 1, 15-17). Mais il y a une cause qui renferme toutes les autres : le manque d’amour. Saint Paul dit : «J’aurais beau parler toutes les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante.» (l Cor 13,1).

L'expérience m’a fait découvrir une chose : que l’on peut annoncer Jésus Christ pour des raisons qui ont peu ou rien à voir avec l’amour. On peut annoncer par prosélytisme, pour trouver dans l’augmentation du nombre des adeptes une légitimation à sa propre petite église, en particulier si elle vient d’être créée ou si nous en sommes nous-même le fondateur. On peut annoncer, en suivant une phrase de l’Évangile à la lettre, pour apporter l’Évangile aux confins de la terre (cf. Mc 13, 10), en vue de compléter le nombre des élus et accélérer le retour du Seigneur.

Certaines de ces raisons ne sont pas forcément mauvaises. Mais seules, elles ne suffisent pas. Il manque cet amour véritable et cette compassion pour les hommes qui constitue l’âme de l’évangile. L’évangile de l’amour ne peut s’annoncer que par amour. Si nous ne nous efforçons pas d’aimer les personnes que nous avons devant nous, les paroles se transforment facilement en mains de pierre qui blessent et dont on se protège, comme quand on se met à l’abri d’une chute de grêle.

J’ai toujours sous les yeux l’enseignement que la bible, implicitement, nous donne avec l’histoire de Jonas. Dieu avait obligé Jonas à aller prêcher à Ninive. Mais les Ninivites étaient des ennemis d’Israël et Jonas ne les aimait pas. Il est visiblement content et satisfait quand il peut crier: «Encore quarante jours et Ninive sera détruite!». La perspective ne semble vraiment pas lui déplaire. Si ce n’est que les ninivites se repentent et Dieu leur épargne le châtiment. Alors Jonas entre en crise, et Dieu lui dit presqu’en s’excusant : «Toi, tu as pitié de ce ricin… Et moi, comment n’aurais-je pas pitié de Ninive, la grande ville, où, sans compter une foule d’animaux, il y a plus de cent vingt mille êtres humains qui ne distinguent pas encore leur droite de leur gauche?» (Jonas 4,10 s.). Dieu doit se donner plus de mal pour le convertir lui, le prédicateur, que pour convertir tous les habitants de Ninive!

Donc il nous faut aimer les hommes. Mais aussi et surtout aimer Jésus. C’est l’amour du Christ qui doit être le moteur. «M’aimes-tu vraiment ?» - dit Jésus à Pierre -. «Sois le berger de mes agneaux» (cf. Jn 21,15 ss.). Il faut aimer Jésus, car seul celui qui est épris de Lui peut proclamer son nom au monde, avec intime conviction. On ne parle avec transport que de ce dont est tombé amoureux.

En proclamant l’Évangile, par notre vie ou par la parole, nous ne donnons pas seulement de la gloire à Jésus, nous lui donnons aussi de la joie. S’il est vrai que «la joie de l’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus» [8], il est également vrai que ceux qui sèment l’Evangile remplissent de joie le cœur de Jésus. Ce sentiment de joie et de bien-être qu’une personne éprouve lorsqu’elle sent tout à coup que la vie recommence à couler dans un membre de son corps jusque là inerte ou paralysé, est un petit signe de la joie qu’éprouve le Christ quand il sent son Esprit redonner vie à quelque membre mort de son corps.

Dans la Bible il y a un mot que je n’avais jamais remarqué: «Fraîcheur de neige un jour de moisson, tel est le messager fidèle, pour qui l’envoie, vrai réconfort pour son maître !» (Prov 25, 13). L'image de la chaleur et de la fraîcheur fait penser à Jésus sur la croix qui crie: «J’ai soif!». C’est lui le grand «moissonneur» assoiffé d’âmes, que nous sommes appelés à réconforter en servant humblement et dévotement l’Évangile. Que l’Esprit Saint, «agent principal de l’évangélisation», nous accorde de donner à Jésus cette joie, en paroles et en actes, selon le charisme et la fonction qui reviennent à chacun de nous dans l’Église.

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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 22:33
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    La deuxième prédication de Carême du Père Cantalamessa

(RV) Voici une traduction complète de la deuxième prédication de Carême du père Raniero Cantalamessa, prédicateur de la Maison pontificale, qui s'est exprimé devant le Pape François et les membres de la Curie romaine, réunis ce vendredi matin, 26 février 2016, à la chapelle Redemptoris Mater.

Deuxième prédication de carême

«ACCUEILLEZ LA PAROLE SEMEE EN VOUS»

Une réflexion sur la constitution dogmatique Dei Verbum

Poursuivons notre réflexion sur les principaux documents issus du concile Vatican II. Parmi les quatre "constitutions" approuvées lors des assises, celle sur la parole de Dieu, Dei verbum, est la seule, avec Lumen gentium sur l’Eglise, à être qualifiée de constitution "dogmatique". Cela tient au fait que le concile comptait, par ce texte, réaffirmer le dogme de l’inspiration divine des Écritures et préciser ses liens avec la tradition. Tenant à respecter mes intentions de ne mettre en évidence que les implications les plus strictement spirituelles et édifiantes des textes du concile, je me limiterai, ici aussi, à quelque réflexion sur la pratique et la méditation personnelle.

1. Un Dieu qui parle

Le Dieu biblique est un Dieu qui parle. «Le Dieu des dieux, le Seigneur, parle … il rompe son silence», dit le psaume (Sal 50, 1-3). Dieu lui-même, dans la bible, ne cesse de dire: «Écoute, mon peuple, je parle» (Sal 50, 7). La Bible voit là une claire différence avec les idoles qui «ont une bouche, mais ne parlent pas» (Sal 115, 5). Dieu s’est servi de la parole pour communiquer avec les créatures humaines.

Mais quelle signification donner à des expressions aussi anthropomorphiques que: «Dieu dit à Adam», «ainsi parle le Seigneur», «dit le Seigneur», «oracle du Seigneur», et autres expressions du genre? Il s’agit apparemment d’un «parler» différent de l’humain, d’un «parler» aux oreilles du cœur. Dieu parle comme Il écrit. «Je mettrai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes ; je l’inscrirai sur leur cœur», dit-il dans le livre du prophète Jérémie (Jé 31, 33).

Dieu n’a ni bouche ni souffle humain : sa bouche c’est le prophète, son souffle l’Esprit Saint. «Tu seras comme ma propre bouche» dit-il à ses prophètes, ou «je mettrai mes paroles dans ta bouche». C’est tout le sens de la célèbre phrase: «C’est portés par l’Esprit Saint que des hommes ont parlé de la part de Dieu» (2 Pt 1, 21). L’expression «locutions intérieures» qui définit les échanges directs entre Dieu et certaines âmes mystiques, s’applique aussi, dans un sens qualitativement diffèrent et supérieur, aux prophètes de la Bible quand Dieu échange avec eux. On ne peut pas exclure néanmoins que dans certains cas, ainsi que dans le baptême et la transfiguration du Christ, il s’agit d’une voix miraculeusement résonnée aussi à l’extérieur.

En tout cas il s’agit d’une manière de parler, dans le vrai sens du mot; la créature reçoit un message qu’elle peut traduire en paroles humaines. Quand Dieu parle, c’est si réel, si intense, que le prophète se souvient très précisément de l’endroit et du moment où il a reçu Sa parole: «L’année de la mort du roi Ozias» (Is 6, 1), «La trentième année, le quatrième mois, le cinq du mois, je me trouvais à Babylone au milieu des exilés près du fleuve Kebar» (Ez 1, 1), «La deuxième année du règne de Darius, le premier jour du sixième mois» (Ag 1, 1). La parole de Dieu est si concrète qu’on dit qu’elle «tombe» sur Israël, comme une pierre: «Le Seigneur a lancé une parole dans le pays de Jacob : en Israël, elle est tombée» (Is 9, 7). D’autres fois cette même concrétude, cette même matérialité, s’exprime non plus par le symbole de la pierre qui frappe, mais celui du pain mangé avec délectation: «Quand je rencontrais tes paroles, je les dévorais ; elles faisaient ma joie, les délices de mon cœur» (Jé15, 16; cf. aussi Ez 3, 1-3).

Aucune voix humaine n’atteint l’homme aussi profondément que la parole de Dieu. Celle-ci «va jusqu’au point de partage de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; elle juge des intentions et des pensées du cœur.» (Hé 4, 12). Parfois, la voix de Dieu «fracasse les cèdres du Liban» (Ps 29, 5), d’autres fois elle ressemble au «murmure d’une brise légère» (1 Roi 19, 12). Elle connaît toutes les tonalités de la voix humaine.

Tout ce qui est dit sur la voix de Dieu et sa nature change radicalement après avoir lu la phrase des Écritures: «Le Verbe s’est fait chair» (Jn 1, 14). Avec la venue du Christ, Dieu parle avec une voix humaine, audible par les oreilles du corps. «Ce qui était depuis le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché du Verbe de vie […] nous vous l’annonçons à vous aussi» (1 Jn 1, 1).

Le Verbe a été vu et entendu! Pourtant ce que l’on entend n’est pas une parole d’homme, mais la Parole de Dieu, car ce n’est pas la nature qui parle mais la personne, et la personne du Christ est la même personne divine que le Fils de Dieu. En lui, Dieu ne nous parle plus par personne interposée, «par les prophètes», mais personnellement, car Jésus est «le rayonnement de la gloire de Dieu, expression parfaite de son être» (cf. Hé 1, 3). Le discours indirect, à la troisième personne, est remplacé par le discours direct, à la première personne. Finis les «ainsi parle le Seigneur!», ou «Oracle du Seigneur!», on a maintenant des «je vous dis!».

La parole de Dieu, aussi bien celle passant par les prophètes de l’ancien testament que celle, nouvelle et directe du Christ, après avoir été transmise oralement, a été transcrite et nous avons aujourd’hui les divines "Écritures".

Saint Augustin dit sur le sacrement qu’il est «une parole visible» (verbum visibile) [1]; nous, on peut dire de la parole qu’elle est «un sacrement audible». Dans tout sacrement on distingue un signe visible et une réalité invisible qui est la grâce. La parole que nous lisons dans la Bible n’est, en soi, qu’un signe matériel, comme l’eau pour le baptême et le pain pour l’Eucharistie, un mot du dictionnaire humain comme les autres ; mais grâce à la foi et l’Esprit Saint pour nous éclairer, ce signe nous permet d’entrer mystérieusement en contact avec la vérité et la volonté vivantes de Dieu, d’écouter la voix du Christ.

«Le corps du Christ – écrit Bossuet – n’est pas plus réellement dans le sacrement adorable que la vérité de Jésus Christ est dans la prédication évangélique. Dans le mystère de l’Eucharistie, les espèces que vous voyez sont des signes, mais ce qui est contenu en elles est le corps même du Christ ; dans les Saintes Écritures, les paroles que vous écoutez sont des signes, mais la pensée qu’elles vous transmettent est la vérité même du Fils de Dieu» [2].

La parole de Dieu révèle son caractère sacré dans le fait qu’il lui arrive d’agir, de se manifester, au-delà de la compréhension des hommes, qui peut être limitée ou imparfaite; elle agit presque pour elle-même, ex opere operato, comme on dit justement, des sacrements. Dans l’Eglise, on trouve des livres plus édifiants que certains livres de la Bible (il suffit de penser à L’Imitation du Christ); Or, aucun d’eux n’agit comme agit le plus modeste des livres inspirés.

J’ai entendu une personne en témoigner dans une émission de télévision à laquelle je participais moi aussi. Cet homme était un alcoolique au dernier stade; il ne résistait pas plus de deux heures sans boire; sa famille était au bord du désespoir. Lui et sa femme étaient invités à une rencontre sur la parole de Dieu. Quelqu’un se mit à lire un passage des Écritures. Une phrase traversa son esprit comme une langue de feu et lui donna la certitude d’être guéri. Par la suite, à chaque fois qu’il était tenté de boire, il courait rouvrir la Bible à l’endroit de cette phrase et la relisait, retrouvant alors toute la force en lui pour ne pas le faire. À ce moment il était totalement guéri.

En disant la phrase dont il s’agissait, sa voix se brisa d’émotion. C’était une parole du Cantique des Cantiques: «Meilleures que le vin sont tes amours» (Ct 1, 2). Les experts n’auraient pas apprécié, mais cet homme pouvait dire : «J’étais mort et suis revenu à la vie», comme l’aveugle de naissance disait à ses critiques: «J’étais aveugle et maintenant je vois» (cf. Jn 9, 10 ss.).

Un fait similaire arriva aussi à saint Augustin. Au plus fort de sa lutte intérieure pour demeurer chaste, une voix lui répétait sans cesse: «Tolle, lege!», prends et lis. Ayant avec lui les lettres de saint Paul, il avait ouvert le livre et décidé de prendre, comme une volonté de Dieu, le premier texte sur lequel il serait tombé. C’était l’Epître aux romains 13, 13: «Conduisons-nous honnêtement, comme on le fait en plein jour, sans orgies ni beuveries, sans luxure ni débauches, sans rivalité ni jalousie...». Il ne voulut pas, ni ressenti le besoin, d’en lire davantage, écrit-il dans les Confessions. «Ces lignes à peine achevées, explique-t-il, il se répandit dans mon coeur comme une lumière de sécurité qui dissipa les ténèbres de mon incertitude.» [3].

2. La Lectio divina

Après ces quelques remarques sur la parole de Dieu en général, je voudrais me concentrer sur la parole de Dieu comme chemin de sanctification personnelle à suivre. Dei Verbum déclare : «La force et la puissance que recèle la Parole de Dieu sont si grandes qu’elles constituent, pour l’Église, son point d’appui et sa vigueur et, pour les enfants de l’Église, la solidité de leur foi, la nourriture de leur âme, la source pure et permanente de leur vie spirituelle» [4].

A commencer par le chartreux Guigues II [5], il y eut plusieurs méthodes et schémas proposés pour la Lectio divina. Mais ceux-ci ont le désavantage d’être toujours pensés, ou quasiment, en fonction de la vie monastique et contemplative, donc peu adaptés à notre époque, où la lecture personnelle de la parole de Dieu est recommandée à tous les croyants, religieux et laïcs.

Heureusement, les Écritures nous proposent une méthode accessible à tous pour lire la Bible. Dans la lettre de saint Jacques (Jc 1, 18-25), un fameux texte sur la Parole de Dieu nous donne un schéma de Lectio divina en trois étapes ou trois actions successives : accueillir la Parole, méditer la Parole, mettre la Parole en pratique. Réfléchissons à chacune de ces étapes.

a. Accueillir la Parole

La première étape est l’écoute de la Parole: l’apôtre dit : «Accueillez dans la douceur la Parole semée en vous». Cette première étape couvre toutes les formes et manières, pour un chrétien, d’entrer en contact avec la parole de Dieu: écoute de la Parole dans la liturgie, écoles bibliques, manuels écrits et, irremplaçable, la lecture personnelle de la Bible.

«Le saint Concile – lit-on dans Dei Verbum – exhorte de façon insistante et spéciale tous les fidèles du Christ, et notamment les membres des ordres religieux, à acquérir, par la lecture fréquente des divines Écritures « la science éminente de Jésus Christ » (Ph 3, 8). […] Que volontiers donc ils abordent le texte sacré lui-même, soit par la sainte liturgie imprégnée des paroles divines, soit par une pieuse lecture, soit par des cours appropriés et par d’autres moyens» [6].

Cette phase présente deux risques à éviter. Celui de s’arrêter au premier stade et de transformer la lecture personnelle en lecture impersonnelle. Ce risque est très fort, surtout dans les lieux de formation académique. Si avant de nous laisser interpeller personnellement par la Parole – relève Kierkegaard – on attend que les problèmes liés au texte, les variantes et divergences d’opinions des chercheurs soient résolus, on ne conclura jamais rien. La parole de Dieu a été donnée pour être mise en pratique et non pour s’exercer dans l’exégèse de ses points obscurs [7]. Ce ne sont pas les points obscurs de la Bible qui me font peur, disait le philosophe; ce sont les points clairs!

Pour saint Jacques, lire la Parole de Dieu c’est comme se regarder dans un miroir ; si on se limite à étudier les sources, les variantes, les genres littéraires de la bible, sans rien faire d’autre, c’est comme si on passait tout son temps à regarder le miroir – en examinant sa forme, la matière, son style, l’époque –, sans jamais se regarder dans le miroir. Pour lui, le miroir ne remplit pas sa fonction. L’étude critique de la parole de Dieu est indispensable et on ne remerciera jamais assez tous ceux qui s’emploient à rendre un texte sacré le plus compréhensible possible, mais celle-ci ne résume pas elle seule le sens des Écritures ; elle est nécessaire, mais pas suffisante.

L’autre danger est le fondamentalisme: prendre à la lettre tout ce qu’on lit dans la Bible, sans aucune médiation herméneutique. L’hypercritique et le fondamentalisme sont deux excès apparemment opposés, mais qui ne le sont pas : ils ont en commun de s’arrêter à la lettre, en négligeant l’Esprit.

A travers la parabole du grain et du semeur (Lc 8, 5-15), Jésus aide chacun de nous à voir où nous en sommes dans notre façon d’accueillir la parole de Dieu. Il distingue quatre sortes de terrain: la route, un sol pierreux, des ronces et une bonne terre. Puis il explique ce que symbolisent ces terrains: la route, ceux sur lesquels les paroles de Dieu n’ont même pas le temps de se poser; le terrain pierreux, les superficiels et les inconstants qui écoutent peut-être avec joie, mais ne donnent pas à la parole la possibilité de prendre racine; le terrain plein de ronces, ceux qui se laissent submerger par les préoccupations et les plaisirs de la vie; la bonne terre ceux qui écoutent et produisent du fruit avec persévérance.

En lisant, nous pourrions être tentés de survoler rapidement les trois premières catégories, et attendre d’arriver à la quatrième croyant, malgré toutes nos limites, que celle-ci répond à notre cas. En réalité – et c’est bien là la surprise – la bonne terre sont ceux qui, sans effort, se reconnaissent dans chacune des trois catégories précédentes! Ceux qui, humblement, reconnaissent toutes les fois qu’ils ont écouté distraitement, toutes les fois qu’ils ont été inconstants dans leurs bonnes intentions après avoir écouté une parole de l’Evangile, toutes les fois qu’ils se sont laissés submerger par un excès d’activités et de préoccupations matérielles. Ceux-ci, sans le savoir, deviennent la vraie bonne terre. Que le Seigneur nous accorde d’en faire nous aussi partie!

A propos de notre devoir d’accueillir la parole de Dieu et de n’en laisser aucune tomber dans le vide, écoutons l’appel que l’écrivain Origène, un des grands passionnés de la Parole de Dieu, lança aux chrétiens de son époque:

«Vous qui avez l’habitude de prendre part aux mystères divins, quand vous recevez le corps du Seigneur, vous le conservez avec une infinie prudence et vénération, afin que pas même une miette ne tombe, afin que rien ne se perde du don consacré. Vous êtes convaincus, à juste titre, que c’est une faute d’en laisser tomber des fragments par négligence. Si vous êtes aussi prudents pour conserver son corps – et il est juste que vous le soyez – sachez que négliger la parole de Dieu n’est pas une faute moins importante que celle de négliger son corps» [8].

b. Contempler la Parole

La deuxième étape suggérée par saint Jacques consiste à «fixer notre regard» sur la parole, à rester longtemps devant le miroir, en situation de méditation ou contemplation devant la parole. Les Pères utilisaient à ce propos l’image de la mastication et de la rumination. «La lecture – écrivait Guigues II – apporte une nourriture substantielle à la bouche, la méditation, mâche et triture cet aliment» [9]. «En se souvenant on tire de la mémoire les choses entendues et y repense doucement comme un animal qui rumine», dit saint Augustin[10].

L’âme, en se regardant dans le miroir de la parole, apprend à se voir «comme elle est», apprend à se connaître, découvre sa difformité par rapport à l’image de Dieu et celle du Christ. «Ce n’est pas moi qui recherche ma gloire», déclare Jésus (Jn 8, 50): voilà, le miroir est devant toi et tu vois aussitôt combien tu es loin de Jésus si tu recherches ta gloire à toi; «heureux les pauvres d’esprit»: le miroir est à nouveau devant toi et aussitôt tu te découvres encore plein d’attachements et de choses superflues, mais surtout plein de toi-même; «la charité est patiente …» et tu t’aperçois d’avoir été si impatient, envieux, intéressé. Plus que «scruter les Écritures» (cf. Jn 5, 39), il s’agit de se laisser scruter par les Écritures.

«Elle est vivante, la Parole de Dieu – dit la Lettre aux Hébreux – énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants ; elle va jusqu’au point de partage de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; elle juge des intentions et des pensées du cœur. Pas une créature n’échappe à ses yeux, tout est nu devant elle, soumis à son regard» (Hé 4, 12-13).

Le miroir de la Parole, heureusement, ne nous renvoie pas seulement à notre image, à notre difformité; nous y voyons avant tout le visage de Dieu; mieux, le cœur de Dieu. Les Écritures, dit saint Grégoire le Grand, forment comme «une longue lettre toute divine que le Tout-Puissant écrit à ses créatures; où nous apprenons à connaître les volontés de Dieu dans les paroles de Dieu» [11]. Pour Dieu, vaut aussi le dicton de Jésus «ce que dit la bouche, c’est ce qui déborde du cœur» (Mt 12, 34); Dieu nous a parlé, dans les Écritures, de ce qui remplit son cœur, c’est-à-dire d’amour. Toutes les Écritures ont été écrites dans ce but : que l’homme puisse comprendre que Dieu l’aime, et qu’il le comprenne pour s’enflammer d’amour pour lui [12]. L’Année jubilaire de la miséricorde est une magnifique occasion pour relire toute la sainte Écriture sous cet angle, comme l’histoire des miséricordes de Dieu.

c. Faire la Parole

Et nous arrivons à la troisième phase du parcours proposé par l’apôtre Jacques: «Mettez la Parole en pratique … celui qui la met en pratique sera heureux d’agir ainsi … Si quelqu’un écoute la Parole sans la mettre en pratique, il est comparable à un homme qui observe dans un miroir son visage tel qu’il est, et qui, aussitôt après, s’en va en oubliant comment il était.».

Jésus y tient beaucoup: «Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique» (Lc 8, 21). Sans ce «faire la Parole», tout reste illusion, construction sur le sable (Mt 7, 26). On ne peut même pas dire avoir compris la Parole parce que, comme écrit saint Grégoire le Grand, on ne comprend vraiment la parole de Dieu que quand on commence à la mettre en pratique [13].

Concrètement, cette troisième étape consiste à obéir. Les paroles de Dieu, sous l’action de l’Esprit, deviennent expression de la volonté vivante de Dieu envers moi, à un moment donné. En écoutant attentivement on s’apercevra avec surprise que pas un jour ne passe sans que nous ne découvrions, dans la liturgie, dans la récitation d’un psaume, ou autres moments, une parole qui nous fait dire: «ça c’est pour moi! C’est ce que je dois faire aujourd’hui!»

Obéir à la parole de Dieu c’est lui obéir tout le temps. Obéir à des ordres et des autorités visibles n’arrive que de temps en temps, trois ou quatre fois dans toute une vie, s’il s’agit d’obéissances sérieuses ; mais obéir à la Parole de Dieu est une affaire de tous les instants. Et c’est à la portée de tous, sujets comme supérieurs. Saint Ignace d’Antioche donnait ce merveilleux conseil à un de ses confrères dans l’épiscopat: «Que rien ne se fasse sans ton consentement mais toi, ne fais rien sans le consentement de Dieu» [14].

Obéir à la Parole de Dieu signifie concrètement suivre les bonnes inspirations. Notre développement spirituel dépend en grande partie de notre sensibilité aux bonnes inspirations et notre rapidité à y répondre. Une parole de Dieu suggère, propose, pose dans nos cœurs le désir d’une bonne confession, d’une réconciliation, d’un acte de charité ; nous invite à interrompre un moment le travail pour adresser une pensée d’amour à Dieu. Ne perdons pas de temps; n’attendons pas que cela passe. «Timeo Iesum transeuntem», disait saint Augustin[15]; comme pour dire : «J’ai peur que la bonne inspiration passe et ne revienne plus».

Terminons en évoquant la pensée d’un ancien Père du désert [16]. Notre esprit, disait-il, est comme un moulin; le premier grain mis dedans au petit matin, continue à moudre toute la journée. Alors, disait ce même Père, dépêchons-nous d’y aller mettre, de très bonne heure, le bon grain de la parole de Dieu, sinon le diable arrivera pour y mettre son ivraie et pendant toute la journée notre esprit ne fera que broyer de l'ivraie

La parole particulière que je propose de mettre aujourd'hui dans le moulin de notre esprit est celle donnée comme la devise de l’année jubilaire: «Soyez miséricordieux comme votre Père céleste est miséricordieux».

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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 22:43
Journée Mondiale du Malade en 2016

Message du Pape François pour la XXIVe Journée Mondiale du Malade en 2016

Message du Pape François pour la XXIVe Journée Mondiale du Malade en 2016 sur le thème, se confier à Jésus miséricordieux comme Marie : “Tout ce qu’il vous dira, faites-le” (Jn 2,5)

La XXIVe Journée Mondiale du Malade m’offre l’occasion d’être particulièrement proche de vous et de ceux qui vous entourent de leurs soins.

Cette année, puisque la Journée sera célébrée de manière solennelle en Terre Sainte, je propose de méditer sur le récit évangélique des noces de Cana (Jn 2, 1-11), où Jésus accomplit son premier miracle grâce à l’intervention de sa Mère. Le thème de cette année : Se confier à Jésus miséricordieux comme Marie : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le (Jn 2,5) », s’inscrit très bien dans le contexte du Jubilé extraordinaire de la miséricorde. Précisément, la célébration eucharistique solennelle, point central de la Journée, aura lieu le 11 février 2016 à Nazareth, lieu où le Verbe s’est fait chair et a habité parmi nous (Jn 1,14). À Nazareth aussi, Jésus a commencé sa mission salvifique, s’attribuant les paroles du prophète Isaïe, comme nous le rappelle l’Évangéliste Luc : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a consacré par l’onction, pour porter la Bonne Nouvelle aux pauvres. Il m’a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur » (4, 18-19).

Journée Mondiale du Malade en 2016

La maladie, surtout lorsqu’elle est grave, met toujours l’existence humaine à l’épreuve et apporte avec elle des interrogations qui creusent en profondeur. Parfois, le premier moment peut être de révolte : pourquoi est-ce que cela m’est arrivé ? On se sent désemparé, la tentation devient grande de penser que tout est perdu, que désormais rien n’a plus de sens…

Dans ces situations, la foi en Dieu est, d’une part, mise à l’épreuve et, d’autre part, révèle en même temps toute sa puissance positive. Non parce que la foi fait disparaître la maladie, la douleur ou les problèmes qui en dérivent, mais parce qu’elle offre une clé avec laquelle nous pouvons découvrir le sens le plus profond de ce que nous sommes en train de vivre; une clé qui nous aide à voir que la maladie peut être la voie pour arriver à une proximité plus étroite avec Jésus, qui chemine à nos côtés, chargé de la croix. Et cette clé c’est sa Mère, Marie, experte de cette voie, qui nous la remet.

Aux noces de Cana, Marie est la femme attentive qui s’aperçoit d’un problème très important pour les mariés : le vin est fini, le vin, symbole de la joie de la fête. Marie découvre la difficulté, la fait sienne dans un certain sens et, avec discrétion, agit immédiatement. Elle ne reste pas là à regarder, elle ne s’attarde pas à exprimer des jugements mais elle s’adresse à Jésus et lui présente le problème tel qu’il est : « ils n’ont pas de vin » (Jn 2,3). Et quand Jésus lui répond que son heure n’est pas encore arrivée (cf. v. 4), elle dit aux serviteurs : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le » (v. 5). Alors Jésus accomplit le miracle, transformant une grande quantité d’eau en vin, un vin qui apparaît toute de suite le meilleur de toute la fête. Quel enseignement pouvons-nous tirer du mystère des noces de Cana pour la Journée mondiale du Malade ?

Journée Mondiale du Malade en 2016

Le banquet des noces de Cana est une icône de l’Église : au centre il y a Jésus miséricordieux qui accomplit le signe ; autour de lui les disciples, les tout premiers de la nouvelle communauté ; et près de Jésus et de ses disciples, il y a Marie, Mère prévoyante et priante. Marie participe à la joie des gens ordinaires et contribue à l’accroître; elle intercède auprès de son Fils pour le bien des époux et de tous les invités. Et Jésus n’a pas refusé la demande de sa Mère. Que d’espérance pour nous tous dans cet événement ! Nous avons une Mère qui a les yeux vigilants et pleins de bonté, comme son Fils ; le cœur maternel et débordant de miséricorde, comme lui; les mains qui veulent aider, comme les mains de Jésus qui rompaient le pain pour celui qui avait faim, qui touchaient les malades et les guérissaient. Cela nous remplit de confiance et fait que nous nous ouvrons à la grâce et à la miséricorde du Christ. L’intercession de Marie nous permet d’expérimenter la consolation pour laquelle l’apôtre Paul bénit Dieu : « Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toute notre tribulation, afin que, par la consolation que nous-mêmes recevons de Dieu, nous puissions consoler les autres en quelque tribulation que ce soit » (2 Co 1, 3-5). Marie est la Mère « consolée » qui console ses enfants.

À Cana se profilent les traits distinctifs de Jésus et de sa mission : il est Celui qui vient en aide à quiconque se trouve en difficulté et dans le besoin. Dans son ministère messianique, en effet, il guérira toutes sortes de maladies, d’infirmités et d’esprits mauvais, il rendra la vue aux aveugles, fera marcher les boiteux, rendra la santé et la dignité aux lépreux, ressuscitera les morts et annoncera la Bonne Nouvelle aux pauvres (cf. Lc 7, 21-22). Ainsi, la requête de Marie pendant le banquet de noces, suggérée par l’Esprit Saint à son cœur maternel, a fait apparaître non seulement le pouvoir messianique de Jésus mais aussi sa miséricorde.

Dans la sollicitude de Marie se reflète la tendresse de Dieu. Cette tendresse même devient présente dans la vie de beaucoup de personnes qui se trouvent aux côtés des malades et savent en comprendre les besoins, même les plus imperceptibles, parce qu’elles regardent avec des yeux pleins d’amour. Que de fois une maman au chevet de son enfant malade ou un enfant qui prend soin d’un parent âgé, ou un petit-fils proche de son grand-père ou de sa grand-mère, dépose sa prière entre les mains de la Vierge ! Pour nos êtres chers qui souffrent à cause de la maladie, nous demandons en premier lieu la santé ; Jésus lui-même a manifesté la présence du Royaume de Dieu à travers les guérisons précisément : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : les aveugles voient et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent » (Mt 11, 4-5). Mais l’amour animé par la foi nous fait demander pour eux quelque chose de plus grand que la santé physique : nous demandons une paix, une sérénité du cœur qui est un don de Dieu, fruit de l’Esprit Saint que le Père ne refuse jamais à ceux qui le lui demandent avec confiance.

Journée Mondiale du Malade en 2016
Journée Mondiale du Malade en 2016

Dans la scène de Cana, outre Jésus et sa Mère, il y a ceux qui sont appelés les « serviteurs », qui reçoivent d’elle ce conseil : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le » (Jn 2,5). Évidemment, le miracle a lieu par l’œuvre de Jésus ; toutefois, il veut se servir de l’aide humaine pour accomplir le prodige. Il aurait pu faire apparaître directement le vin dans les jarres. Mais il veut compter sur la collaboration humaine et demande aux serviteurs de les remplir d’eau. Comme il est précieux et agréable à Dieu d’être au service des autres ! Cela plus que toute autre chose nous rend semblables à Jésus, qui « n’est pas venu pour être servi mais pour servir » (Mc 10,45). Ces personnages anonymes de l’Évangile nous enseignent tant de choses. Non seulement ils obéissent, mais ils obéissent généreusement : ils remplissent les jarres jusqu’au bord (cf. Jn 2,7). Ils ont confiance en la Mère et font immédiatement et bien ce qui leur est demandé, sans se plaindre, sans tergiverser.

En cette Journée mondiale du Malade nous pouvons demander à Jésus miséricordieux, par l’intercession de Marie, sa Mère et la nôtre, qu’il nous accorde à tous cette disposition au service de ceux qui sont dans le besoin, et concrètement de nos frères et sœurs malades. Parfois, ce service peut être fatigant, lourd, mais nous sommes certains que le Seigneur ne manquera pas de transformer nos efforts humains en quelque chose de divin. Nous pouvons nous aussi être des mains, des bras, des cœurs qui aident Dieu à accomplir ses prodiges, souvent cachés. Nous aussi, bien-portants ou malades, nous pouvons offrir nos fatigues et nos souffrances comme cette eau qui remplit les jarres aux noces de Cana et a été transformée en un vin excellent. Avec l’aide discrète à celui qui souffre, comme dans la maladie, on porte sur ses épaules la croix de chaque jour et on suit le Maître (cf. Lc 9,23) et, même si la rencontre avec la souffrance sera toujours un mystère, Jésus nous aide à en dévoiler le sens.

Journée Mondiale du Malade en 2016
Journée Mondiale du Malade en 2016

Si nous savons suivre la voix de celle qui nous dit aussi : « tout ce qu’il vous dira, faites-le », Jésus transformera toujours l’eau de notre vie en un vin fin. Ainsi, cette Journée Mondiale du Malade, célébrée solennellement en Terre Sainte, aidera à réaliser le souhait que j’ai exprimé dans la Bulle d’indiction du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde : « Que cette année jubilaire vécue dans la miséricorde favorise la rencontre avec le judaïsme et l’islam et avec les autres nobles traditions religieuses. Qu’elle nous rende plus ouverts au dialogue afin de mieux nous connaître et nous comprendre. Qu’elle chasse toute forme de fermeture et de mépris. Qu’elle repousse toute forme de violence et de discrimination » (cf. Misericordiae Vultus, 23). Chaque hôpital et chaque maison de soin peuvent être un signe visible et un lieu pour promouvoir la culture de la rencontre et de la paix où l’expérience de la maladie et de la souffrance, ainsi que l’aide professionnelle et fraternelle, contribuent à dépasser toute limite et toute division.

Journée Mondiale du Malade en 2016

En cela peuvent nous servir d’exemple les deux religieuses canonisées au mois de mai dernier : sainte Mariam Alphonsine Danil Ghattas et sainte Marie de Jésus Crucifié Baouardy, toutes les deux filles de la Terre Sainte. La première fut un témoin de douceur et d’unité, offrant un témoignage clair de l’importance extrême d’être responsables les uns des autres, de vivre l’un au service de l’autre. La seconde, femme humble et illettrée, fut docile à l’Esprit Saint et devint un instrument de rencontre avec le monde musulman.

À tous ceux qui sont au service des malades et des personnes qui souffrent, je souhaite d’être animés par l’esprit de Marie, Mère de la Miséricorde. « Que la douceur de son regard nous accompagne en cette Année sainte, afin que tous puissent redécouvrir la joie de la tendresse de Dieu » (idem, 24) et la garder imprimée dans nos cœurs et dans nos gestes. Confions à l’intercession de la Vierge les angoisses et les tribulations, ainsi que les joies et les consolations et adressons-lui notre prière afin qu’elle tourne vers nous ses yeux miséricordieux, surtout dans les moments de douleur, et qu’elle nous rende dignes de contempler aujourd’hui et à jamais le Visage de la Miséricorde, son Fils Jésus.

J’accompagne cette prière pour vous tous de ma Bénédiction Apostolique.

Du Vatican, le 15 septembre 2015

Mémoire de la Bienheureuse Vierge Marie, Notre Dame des Sept des Douleurs.

François

Journée Mondiale du Malade en 2016
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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 16:31
Bulle d'indication du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde
Bulle d'indication du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde
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13 janvier 2016 3 13 /01 /janvier /2016 21:45
Etre heureux d'après le Pape François

«Tu peux avoir des défauts, être anxieux et parfois irrité, mais n'oublie pas que ta vie est la plus grande société dans le monde et toi seul peux en empêcher le déclin. Beaucoup de gens t'apprécient, t'admirent et t'aiment. J'aimerais que tu te rappelles qu'être heureux ce n'est pas avoir un ciel sans tempête, une route sans accident de la circulation, un travail sans fatigue, relations sans désillusions. Être heureux c'est trouver la force dans le pardon, l'espoir dans les batailles, la sécurité sur la scène de la peur, l'amour dans les désaccords. Être heureux ce n'est pas seulement apprécier le sourire, mais aussi réfléchir sur la tristesse. Ce n'est pas seulement célébrer la réussite, mais apprendre les leçons des échecs. Ce n'est pas seulement se sentir heureux avec des applaudissements mais être heureux dans l'anonymat. Être heureux c'est reconnaître que la vie vaut d'être vécue, malgré tous les défis, les malentendus et les périodes de crise. Être heureux n'est pas une fatalité du destin mais une victoire pour ceux qui sont capables de voyager dans leur être. Être heureux c'est de cesser de se sentir victime des problèmes et de devenir un acteur de son propre histoire. C'est traverser les déserts en dehors de soi, mais être capable de trouver une oasis dans les recoins de notre âme. C'est remercier Dieu chaque matin pour le miracle de la vie. Être heureux c'est ne pas avoir peur de ses sentiments. C'est savoir parler de soi. C'est avoir le courage d'entendre un «non» .C'est se sentir confiants de recevoir une critique, bien qu'injuste. C'est embrasser les enfants, choyer les parents, vivre des moments poétiques avec des amis, même s'ils nous blessent. Être heureux c'est laisser vivre la créature qui vit en chacun de nous, libre, joyeuse et simple. C'est avoir la maturité nécessaire pour dire: "je me suis trompé". C'est avoir le courage de dire: "Pardonne-moi" .C'est avoir la sensibilité pour dire: «J'ai besoin de toi" C'est avoir la capacité de dire: "Je t'aime" Que ta vie devienne un jardin d'occasions d'être heureux ... Que dans tes printemps tu sois amant de la joie. Que dans tes hivers tu sois ami de la sagesse. Et que quand tu te trompes de route, tu recommence a zéro. Comme ça tu seras plus passionné pour la vie. Et tu découvriras qu'être heureux ce n'est pas avoir une vie parfaite. Mais user les larmes pour irriguer la tolérance. Utiliser les pertes pour aiguiser la patience. Utiliser les erreurs pour sculpter la sérénité. Utiliser la douleur pour lapider le plaisir. Utiliser les obstacles pour ouvrir les fenêtres de l'intelligence. Ne jamais se rendre. ..Ne jamais renoncer donner à ceux que tu aimes. Ne jamais renoncer au bonheur, car la vie est un spectacle incroyable! "

Discours du Pape François

 

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13 janvier 2016 3 13 /01 /janvier /2016 20:29
Discours du Pape François

«Tu peux avoir des défauts, être anxieux et parfois irrité, mais n'oublie pas que ta vie est la plus grande société dans le monde et toi seul peux en empêcher le déclin. Beaucoup de gens t'apprécient, t'admirent et t'aiment. J'aimerais que tu te rappelles qu'être heureux ce n'est pas avoir un ciel sans tempête, une route sans accident de la circulation, un travail sans fatigue, relations sans désillusions. Être heureux c'est trouver la force dans le pardon, l'espoir dans les batailles, la sécurité sur la scène de la peur, l'amour dans les désaccords. Être heureux ce n'est pas seulement apprécier le sourire, mais aussi réfléchir sur la tristesse. Ce n'est pas seulement célébrer la réussite, mais apprendre les leçons des échecs. Ce n'est pas seulement se sentir heureux avec des applaudissements mais être heureux dans l'anonymat. Être heureux c'est reconnaître que la vie vaut d'être vécue, malgré tous les défis, les malentendus et les périodes de crise. Être heureux n'est pas une fatalité du destin mais une victoire pour ceux qui sont capables de voyager dans leur être. Être heureux c'est de cesser de se sentir victime des problèmes et de devenir un acteur de son propre histoire. C'est traverser les déserts en dehors de soi, mais être capable de trouver une oasis dans les recoins de notre âme. C'est remercier Dieu chaque matin pour le miracle de la vie. Être heureux c'est ne pas avoir peur de ses sentiments. C'est savoir parler de soi. C'est avoir le courage d'entendre un «non» .C'est se sentir confiants de recevoir une critique, bien qu'injuste. C'est embrasser les enfants, choyer les parents, vivre des moments poétiques avec des amis, même s'ils nous blessent. Être heureux c'est laisser vivre la créature qui vit en chacun de nous, libre, joyeuse et simple. C'est avoir la maturité nécessaire pour dire: "je me suis trompé". C'est avoir le courage de dire: "Pardonne-moi" .C'est avoir la sensibilité pour dire: «J'ai besoin de toi" C'est avoir la capacité de dire: "Je t'aime" Que ta vie devienne un jardin d'occasions d'être heureux ... Que dans tes printemps tu sois amant de la joie. Que dans tes hivers tu sois ami de la sagesse. Et que quand tu te trompes de route, tu recommence a zéro. Comme ça tu seras plus passionné pour la vie. Et tu découvriras qu'être heureux ce n'est pas avoir une vie parfaite. Mais user les larmes pour irriguer la tolérance. Utiliser les pertes pour aiguiser la patience. Utiliser les erreurs pour sculpter la sérénité. Utiliser la douleur pour lapider le plaisir. Utiliser les obstacles pour ouvrir les fenêtres de l'intelligence. Ne jamais se rendre. ..Ne jamais renoncer donner à ceux que tu aimes. Ne jamais renoncer au bonheur, car la vie est un spectacle incroyable! "

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20 février 2015 5 20 /02 /février /2015 21:29

1920104 540458449400585 75895697 n

 

Tenez ferme (Jc 5, 8)

 

Chers frères et sœurs,

Le Carême est un temps de renouveau pour l’Église, pour les communautés et pour chaque fidèle. Mais c’est surtout un « temps de grâce » (2 Cor 6, 2). Dieu ne nous demande rien qu’il ne nous ait donné auparavant : « Nous aimons parce que Dieu lui-même nous a aimés le premier » (1 Jn 4, 19). Il n’est pas indifférent à nous. Il porte chacun de nous dans son cœur, il nous connaît par notre nom, il prend soin de nous et il nous cherche quand nous l’abandonnons. Chacun de nous l’intéresse ; son amour l’empêche d’être indifférent à ce qui nous arrive. Mais il arrive que, quand nous allons bien et nous sentons à l’aise, nous oublions sûrement de penser aux autres (ce que Dieu le Père ne fait jamais), nous ne nous intéressons plus à leurs problèmes, à leurs souffrances et aux injustices qu’ils subissent… alors notre cœur tombe dans l’indifférence : alors que je vais relativement bien et que je suis à l’aise, j’oublie ceux qui ne vont pas bien. Cette attitude égoïste, d’indifférence, a pris aujourd’hui une dimension mondiale, au point que nous pouvons parler d’une mondialisation de l’indifférence. Il s’agit d’un malaise que, comme chrétiens, nous devons affronter.

Quand le peuple de Dieu se convertit à son amour, il trouve les réponses à ces questions que l’histoire lui pose continuellement. Un des défis les plus urgents sur lesquels je veux m’arrêter dans ce message, est celui de la mondialisation de l’indifférence.

L’indifférence envers son prochain et envers Dieu est une tentation réelle même pour nous, chrétiens. C’est pour cela que nous avons besoin d’entendre, lors de chaque Carême, le cri des prophètes qui haussent la voix et qui nous réveillent.

Dieu n’est pas indifférent au monde, mais il l’aime jusqu’à donner son Fils pour le salut de tout homme. Dans l’incarnation, dans la vie terrestre, dans la mort et la résurrection du Fils de Dieu, la porte entre Dieu et l’homme, entre ciel et terre, s’ouvre définitivement. Et l’Église est comme la main qui maintient ouverte cette porte grâce à la proclamation de la Parole, à la célébration des sacrements, au témoignage de la foi qui devient efficace dans la charité (cf. Ga 5, 6). Toutefois, le monde tend à s’enfermer sur lui-même et à fermer cette porte par laquelle Dieu entre dans le monde et le monde en lui. Ainsi, la main, qui est l’Église, ne doit jamais être surprise si elle est repoussée, écrasée et blessée.

C’est pourquoi, le peuple de Dieu a besoin de renouveau, pour ne pas devenir indifférent et se renfermer sur lui-même. Je voudrais vous proposer trois pistes à méditer pour ce renouveau.

1. « Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance » (1Co 12, 26) – L’Église

La charité de Dieu qui rompt ce mortel enfermement sur soi-même qu’est l’indifférence, nous est offerte par l’Église dans son enseignement et, surtout, dans son témoignage. Cependant, on ne peut témoigner que de ce que l’on a éprouvé auparavant. Le chrétien est celui qui permet à Dieu de le revêtir de sa bonté et de sa miséricorde, de le revêtir du Christ, pour devenir comme lui, serviteur de Dieu et des hommes. La liturgie du Jeudi Saint avec le rite du lavement des pieds nous le rappelle bien. Pierre ne voulait pas que Jésus lui lave les pieds, mais il a ensuite compris que Jésus ne veut pas être seulement un exemple de la manière dont nous devons nous laver les pieds les uns les autres. Ce service ne peut être rendu que par celui qui s’est d’abord laissé laver les pieds par le Christ. Seul celui-là a « part » avec lui (Jn 13, 8) et peut ainsi servir l’homme.

Le Carême est un temps propice pour nous laisser servir par le Christ et ainsi devenir comme lui. Cela advient quand nous écoutons la Parole de Dieu et quand nous recevons les sacrements, en particulier l’Eucharistie. Nous devenons en elle ce que nous recevons : le Corps du Christ. Dans ce corps, cette indifférence qui semble prendre si souvent le pouvoir sur nos cœurs, ne trouve pas de place. Puisque celui qui est du Christ appartient à un seul corps et en lui personne n’est indifférent à l’autre. « Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est à l’honneur, tous partagent sa joie » (1 Co 12, 26).

L’Église est communio sanctorum parce que les saints y participent mais aussi parce qu’elle est communion de choses saintes : l’amour de Dieu révélé à nous dans le Christ et tous ses dons. Parmi eux, il y a aussi la réponse de tous ceux qui se laissent atteindre par un tel amour. Dans cette communion des saints et dans cette participation aux choses saintes personne n’a rien en propre, mais ce qu’il possède est pour tout le monde. Et puisque nous sommes liés en Dieu, nous pouvons faire quelque chose aussi pour ceux qui sont loin, pour ceux que nous ne pourrions jamais rejoindre par nos propres forces, parce que nous prions Dieu avec eux et pour eux afin que nous nous ouvrions tous à son œuvre de salut.

2. « Où est ton frère ? » (Gn 4, 9) – Les paroisses et les communautés

Il est nécessaire de traduire tout ce qui est dit par l’Église universelle dans la vie des paroisses et des communautés. Réussit-on dans ces réalités ecclésiales à faire l’expérience d’appartenir à un seul corps ? Un corps qui en même temps reçoit et partage tout ce que Dieu veut donner ? Un corps qui connaît et qui prend soin de ses membres les plus faibles, les plus pauvres et les plus petits ? Ou bien nous réfugions-nous dans un amour universel qui s’engage de loin dans le monde mais qui oublie le Lazare assis devant sa propre porte fermée ? (cf. Lc 16, 19-31).

Pour recevoir et faire fructifier pleinement ce que Dieu nous donne, il faut dépasser les frontières de l’Église visible dans deux directions.

En premier lieu, en nous unissant à l’Église du ciel dans la prière. Quand l’Église terrestre prie, s’instaure une communion de service réciproque et de bien qui parvient jusqu’en la présence de Dieu. Avec les saints qui ont trouvé leur plénitude en Dieu, nous faisons partie de cette communion dans laquelle l’indifférence est vaincue par l’amour. L’Église du ciel n’est pas triomphante parce qu’elle a tourné le dos aux souffrances du monde et se réjouit toute seule. Au contraire, les saints peuvent déjà contempler et jouir du fait que, avec la mort et la résurrection de Jésus, ils ont vaincu définitivement l’indifférence, la dureté du cœur et la haine. Tant que cette victoire de l’amour ne pénètre pas le monde entier, les saints marchent avec nous qui sommes encore pèlerins. Sainte Thérèse de Lisieux, docteur de l’Église, convaincue que la joie dans le ciel par la victoire de l’amour crucifié n’est pas complète tant qu’un seul homme sur la terre souffre et gémit, écrivait : « Je compte bien ne pas rester inactive au Ciel, mon désir est de travailler encore pour l'Église et les âmes » (Lettre 254, 14 juillet 1897).

Nous aussi, nous participons aux mérites et à la joie des saints et eux participent à notre lutte et à notre désir de paix et de réconciliation. Leur joie de la victoire du Christ ressuscité nous est un motif de force pour dépasser tant de formes d’indifférence et de dureté du cœur.

D’autre part, chaque communauté chrétienne est appelée à franchir le seuil qui la met en relation avec la société qui l’entoure, avec les pauvres et ceux qui sont loin. L’Église est, par nature, missionnaire, et elle n’est pas repliée sur elle-même, mais envoyée à tous les hommes.

Cette mission est le patient témoignage de celui qui veut porter au Père toute la réalité et chaque homme. La mission est ce que l’amour ne peut pas taire. L’Église suit Jésus Christ sur la route qui la conduit vers tout homme, jusqu’aux confins de la terre (cf. Ac 1,8). Nous pouvons ainsi voir dans notre prochain le frère et la sœur pour lesquels le Christ est mort et ressuscité. Tout ce que nous avons reçu, nous l’avons reçu aussi pour eux. Et pareillement, ce que ces frères possèdent est un don pour l’Église et pour l’humanité entière.

Chers frères et sœurs, je désire tant que les lieux où se manifeste l’Église, en particulier nos paroisses et nos communautés, deviennent des îles de miséricorde au milieu de la mer de l’indifférence !

3. « Tenez ferme » (Jc 5, 8) – Chaque fidèle

Même en tant qu’individu nous avons la tentation de l’indifférence. Nous sommes saturés de nouvelles et d’images bouleversantes qui nous racontent la souffrance humaine et nous sentons en même temps toute notre incapacité à intervenir. Que faire pour ne pas se laisser absorber par cette spirale de peur et d’impuissance ?

Tout d’abord, nous pouvons prier dans la communion de l’Église terrestre et céleste. Ne négligeons pas la force de la prière de tant de personnes ! L’initiative 24 heures pour le Seigneur, qui, j’espère, aura lieu dans toute l’Église, même au niveau diocésain, les 13 et 14 mars, veut montrer cette nécessité de la prière.

Ensuite, nous pouvons aider par des gestes de charité, rejoignant aussi bien ceux qui sont proches que ceux qui sont loin, grâce aux nombreux organismes de charité de l’Église. Le Carême est un temps propice pour montrer cet intérêt envers l’autre par un signe, même petit, mais concret, de notre participation à notre humanité commune.

Enfin, la souffrance de l’autre constitue un appel à la conversion parce que le besoin du frère me rappelle la fragilité de ma vie, ma dépendance envers Dieu et mes frères. Si nous demandons humblement la grâce de Dieu et que nous acceptons les limites de nos possibilités, alors nous aurons confiance dans les possibilités infinies que l’amour de Dieu a en réserve. Et nous pourrons résister à la tentation diabolique qui nous fait croire que nous pouvons nous sauver et sauver le monde tout seuls.

Pour dépasser l’indifférence et nos prétentions de toute-puissance, je voudrais demander à tous de vivre ce temps de Carême comme un parcours de formation du cœur, comme l’a dit Benoît XVI (cf. Lett. Enc. Deus caritas est, n. 31). Avoir un cœur miséricordieux ne veut pas dire avoir un cœur faible. Celui qui veut être miséricordieux a besoin d’un cœur fort, solide, fermé au tentateur, mais ouvert à Dieu. Un cœur qui se laisse pénétrer par l’Esprit et porter sur les voies de l’amour qui conduisent à nos frères et à nos sœurs. Au fond, un cœur pauvre, qui connaisse en fait ses propres pauvretés et qui se dépense pour l’autre.

Pour cela, chers frères et sœurs, je désire prier avec vous le Christ en ce Carême : « Fac cor nostrum secundum cor tuum » : « Rends notre cœur semblable au tien » (Litanies du Sacré Cœur de Jésus). Alors nous aurons un cœur fort et miséricordieux, vigilant et généreux, qui ne se laisse pas enfermer en lui-même et qui ne tombe pas dans le vertige de la mondialisation de l’indifférence.

Avec ce souhait, je vous assure de ma prière afin que chaque croyant et chaque communauté ecclésiale parcourt avec fruit le chemin du Carême, et je vous demande de prier pour moi. Que le Seigneur vous bénisse et que la Vierge Marie vous garde.

Du Vatican, le 4 octobre 2014

Fête de saint François d’Assise

François

 

 

    

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20 février 2015 5 20 /02 /février /2015 21:22

20141204 141150

 

Orędzie Ojca Świętego Franciszka na Wielki Post 2015 r.

Umacniajcie serca wasze (Jk 5, 8)

 

Drodzy Bracia i Siostry!

Wielki Post jest czasem odnowy dla Kościoła, wspólnot i poszczególnych wiernych. Przede wszystkim jednak jest „czasem łaski” (por. 2 Kor 6, 2). Bóg nie prosi nas o nic, czego by nam wcześniej nie dał: „My miłujemy [Boga], ponieważ Bóg sam pierwszy nas umiłował” (1 J 4, 19). Nie jesteśmy Mu obojętni. Zależy Mu na każdym z nas, zna nas po imieniu, troszczy się o nas i nas szuka, kiedy Go opuszczamy. Interesuje się każdym z nas; Jego miłość nie pozwala Mu być obojętnym na to, co nam się przydarza. Jednak bywa tak, że kiedy my mamy się dobrze i żyje się nam wygodnie, oczywiście zapominamy o innych (Bogu nie zdarza się to nigdy), nie obchodzą nas ich problemy, ich cierpienia i krzywdy, jakich zaznają..., wtedy nasze serce popada w obojętność – gdy ja mam się względnie dobrze i żyję wygodnie, zapominam o ludziach, którzy nie mają się dobrze. Ta egoistyczna postawa obojętności przybrała dziś rozmiary światowe, tak iż możemy mówić o globalizacji obojętności. Jest to problem, któremu jako chrześcijanie musimy stawić czoło.

Kiedy lud Boży nawraca się na Jego miłość, znajduje odpowiedzi na te pytania, które nieustannie stawia mu historia. Jednym z najpilniejszych wyzwań, któremu chcę poświęcić uwagę w tym Orędziu, jest globalizacja obojętności.

Obojętność wobec bliźniego i wobec Boga jest realną pokusą także dla nas, chrześcijan. Dlatego potrzebujemy słuchać w każdym Wielkim Poście nawoływania proroków, którzy podnoszą głos i nas przebudzają.

Bóg nie jest obojętny na świat – kocha go do tego stopnia, że daje swojego Syna dla zbawienia każdego człowieka. Przez wcielenie, życie ziemskie, śmierć i zmartwychwstanie Syna Bożego otwiera się definitywnie brama między Bogiem a człowiekiem, między niebem a ziemią. A Kościół jest niczym ręka, która trzyma tę bramę otwartą poprzez głoszenie Słowa, sprawowanie sakramentów, dawanie świadectwa wiary, która działa przez miłość (por. Ga 5, 6). Jednakże świat ma tendencję do zamykania się w sobie i zamykania tej bramy, przez którą Bóg wchodzi w świat, a świat w Niego. Dlatego ręka, którą jest Kościół, nie powinna nigdy się dziwić, że jest odpychana, miażdżona i raniona.

A zatem lud Boży potrzebuje odnowy, aby nie zobojętniał i nie zamknął się w sobie. Chciałbym wam zaproponować do rozważenia pod kątem tej odnowy trzy passusy.

1. „Gdy cierpi jeden członek, współcierpią wszystkie inne członki” (1 Kor 12, 26) – Kościół

Miłość Boża, która przełamuje to śmiertelne zamknięcie w sobie, jakim jest obojętność, jest nam ukazywana przez Kościół poprzez jego nauczanie, a przede wszystkim poprzez jego świadectwo. Można jednak dawać świadectwo jedynie o czymś, czego wcześniej doświadczyliśmy. Chrześcijanin to człowiek, który pozwala Bogu, aby go przyoblókł w swoją dobroć i swoje miłosierdzie, aby go przyoblókł w Chrystusa, żeby stał się tak jak On sługą Boga i ludzi. Przypomina nam o tym dobrze liturgia Wielkiego Czwartku przez obrzęd umywania nóg. Piotr nie chciał, żeby Jezus umył mu nogi, potem jednak zrozumiał, że Jezus nie chce jedynie dać przykładu, jak powinniśmy umywać sobie nawzajem nogi. Tę posługę może pełnić tylko ktoś, kto wcześniej pozwolił, by Chrystus umył mu nogi. Jedynie ten ma z Nim „udział” (J 13, 8) i dzięki temu może służyć człowiekowi.

Wielki Post jest czasem sprzyjającym temu, aby pozwolić Chrystusowi, by nam usłużył, a przez to stać się takim jak On. Dzieje się to, kiedy słuchamy Słowa Bożego i kiedy przyjmujemy sakramenty, w szczególności Eucharystię. W niej stajemy się tym, co przyjmujemy: ciałem Chrystusa. W tym ciele nie ma miejsca na obojętność, która jakże często zdaje się opanowywać nasze serca. Bowiem człowiek, który jest Chrystusowy, należy do jednego ciała, a w Nim nie jest się obojętnym jedni wobec drugich. „Tak więc gdy cierpi jeden członek, współcierpią wszystkie inne członki; podobnie gdy jednemu członkowi okazywane jest poszanowanie, współradują się wszystkie członki (1 Kor 12, 26).

Kościół jest communio sanctorum, ponieważ mają w nim udział święci, ale także dlatego, że jest komunią rzeczy świętych: miłości Bożej, objawionej nam w Chrystusie, i wszystkich Jego darów. Wśród nich jest także odpowiedź tych, kórzy pozwalają, aby ich dosięgnęła ta miłość. W tym świętych obcowaniu i w tym uczestnictwie w rzeczach świętych nikt nie posiada tylko dla siebie, lecz to, co ma, jest dla wszystkich. A ponieważ jesteśmy złączeni w Bogu, możemy zrobić coś także dla tych, którzy są daleko, dla tych, do których o własnych tylko siłach nie moglibyśmy nigdy dotrzeć, bowiem z nimi i za nich modlimy się do Boga, abyśmy wszyscy otworzyli się na Jego zbawcze dzieło.

2. „Gdzie jest brat twój?” (Rdz 4, 9) – Parafie i wspólnoty

To co zostało powiedziane odnośnie do Kościoła powszechnego, trzeba zastosować w życiu parafii i wspólnot. Czy w tych rzeczywistościach kościelnych daje się doświadczyć przynależności do jednego ciała? Ciała, które zarazem otrzymuje i dzieli się tym, co Bóg pragnie ofiarować? Ciała, które zna i troszczy się o swoje najsłabsze członki, ubogie i małe? Czy też chronimy się w miłość uniwersalną, która angażuje się daleko w świecie, zapominając o Łazarzu, który siedzi przed naszymi zamkniętymi drzwiami? (por. Łk 16, 19-31).

Aby przyjąć i w pełni owocnie wykorzystać to, co Bóg nam daje, trzeba pokonać granice Kościoła widzialnego w dwóch kierunkach.

Po pierwsze, jednocząc się w modlitwie z Kościołem w niebie. Kiedy ziemski Kościół się modli, powstaje wspólnota wzajemnej służby i dobra, która dociera aż przed oblicze Boga. Ze świętymi, którzy znaleźli swoją pełnię w Bogu, stanowimy część tej wspólnoty, w której obojętność zostaje przezwyciężona przez miłość. Kościół niebieski nie jest tryumfujący dlatego, że odwrócił się plecami do cierpień świata i sam zaznaje radości. Raczej święci mogą już kontemplować i radować się z faktu, że dzięki śmierci i zmartwychwstaniu Jezusa pokonali ostatecznie obojętność, zatwardziałość serca i nienawiść. Dopóki to zwycięstwo miłości nie ogarnie całego świata, święci wędrują z nami jeszcze jako pielgrzymi. Św. Teresa z Lisieux, doktor Kościoła, przekonana, że radość w niebie ze zwycięstwa miłości ukrzyżowanej nie jest pełna, dopóki choćby tylko jeden człowiek na ziemi cierpi i się skarży, pisała: „Bardzo liczę na to, że nie będę bezczynna w niebie, moim pragnieniem jest nadal pracować dla Kościoła i dla dusz” (List 254 z 14 lipca 1897 r.).

My również mamy udział w zasługach i radości świętych, a oni uczestniczą w naszej walce i w naszym pragnieniu pokoju i pojednania. Ich radość ze zwycięstwa zmartwychwstałego Chrystusa jest dla nas źródłem siły, aby przezwyciężyć liczne formy obojętności i zatwardziałości serca.
Z drugiej strony, każda wspólnota chrześcijańska jest powołana do przekraczania progu, który pozwala jej wejść w relację z otaczającym ją społeczeństwem, z ubogimi i dalekimi. Kościół ze swej natury jest misyjny, nie zasklepiony na samym sobie, ale posłany do wszystkich ludzi.

Tą misją jest cierpliwe dawanie świadectwa o Tym, który chce doprowadzić do Ojca całą rzeczywistość i każdego człowieka. Misja jest tym, czego miłość nie może przemilczeć. Kościół idzie za Jezusem Chrystusem drogą, która go prowadzi do każdego człowieka, aż po krańce ziemi (por. Dz 1, 8). W ten sposób możemy zobaczyć w naszym bliźnim brata i siostrę, za których Chrystus umarł i zmartwychwstał. Wszystko, co otrzymaliśmy, otrzymaliśmy także dla nich. I podobnie, to co ci bracia posiadają, jest darem dla Kościoła i dla całej ludzkości.

Drodzy bracia i siostry, jakże pragnę, aby miejsca, w których wyraża się Kościół, w szczególności nasze parafie i nasze wspólnoty, stały się wyspami miłosierdzia na morzu obojętności!

3. „Umacniajcie serca wasze!” (Jk 5, 3) – Poszczególny wierny

Również jako pojedyncze osoby mamy pokusę obojętności. Mamy przesyt wstrząsających wiadomości i obrazów, które nam opowiadają o ludzkim cierpieniu, i zarazem czujemy całą naszą niemożność działania. Co zrobić, aby nie dać się wciągnąć w tę spiralę przerażenia i bezsilności?

Po pierwsze, możemy modlić się we wspólnocie Kościoła ziemskiego i niebieskiego. Nie lekceważmy siły modlitwy wielu! Inicjatywa 24 ore per il Signore – „24 godziny dla Pana” – która, jak ufam, będzie podjęta w całym Kościele, także na szczeblu diecezjalnym, w dniach 13 i 14 marca, ma być wyrazem tej potrzeby modlitwy.

Po drugie, możemy pomagać poprzez gesty miłosierdzia, docierając zarówno do bliskich, jak i dalekich dzięki licznym organizacjom charytatywnym Kościoła. Wielki Post jest czasem sprzyjającym temu, aby okazać to zainteresowanie drugiemu, poprzez znak, choćby mały, ale konkretny, naszego udziału w powszechnym człowieczeństwie.

I po trzecie, cierpienie drugiego stanowi wezwanie do nawrócenia, bowiem potrzeba, w jakiej znajduje się brat, przypomina mi o słabości mojego życia, o mojej zależności od Boga i od braci. Jeżeli pokornie będziemy prosić o łaskę Bożą i pogodzimy się z tym, że nasze możliwości są ograniczone, wówczas zaufamy w nieskończone możliwości, jakie kryją się w miłości Bożej. I będziemy mogli oprzeć się diabelskiej pokusie, która skłania nas do wierzenia, że sami możemy się zbawić i zbawić świat.

Chciałbym was wszystkich prosić, abyśmy dla przezwyciężenia obojętności i naszych pretensji do wszechmocy przeżywali ten czas Wielkiego Postu jako drogę formacji serca, jak wyraził się Benedykt XVI (por. enc. Deus caritas est, 31). Mieć serce miłosierne to nie znaczy mieć serce słabe. Kto chce być miłosierny, musi mieć serce mocne, stałe, niedostępne dla kusiciela, a otwarte na Boga. Serce, które pozwala przeniknąć się Duchowi i daje się prowadzić na drogi miłości, które wiodą do braci i sióstr. W gruncie rzeczy serce ubogie, czyli takie, które zna swoje ubóstwo i poświęca się dla drugiego.

Dlatego, drodzy bracia i siostry, pragnę modlić się razem z wami do Chrystusa w tym Wielkim Poście: „Fac cor nostrum secundum cor tuum” – „Uczyń serca nasze według serca Twego” (Suplikacja z Litanii do Najświętszego Serca Jezusa). Wówczas będziemy mieli serce mocne i miłosierne, czujne i szczodre, które nie daje się zamknąć w sobie i nie wpada w wir globalizacji obojętności.

Wyrażając to pragnienie, zapewniam o mojej modlitwie o to, aby każdy człowiek wierzący i każda wspólnota kościelna owocnie przebyli tę drogę wielkopostną, i proszę was o modlitwę za mnie. Niech Pan wam błogosławi, a Matka Boża niech was otacza opieką.

Watykan, 4 października 2014 r.

Święto św. Franciszka z Asyżu

Franciscus

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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 11:45

 

Paolovi

 

(RV) Le Pape François a béatifié Paul VI, le 19 octobre 2014 à la messe de clôture des travaux de l’Assemblée générale extraordinaire du Synode des évêques sur le thème : « les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l'Évangélisation ».

Sait-on seulement que le nouveau béatifié a entretenu d’heureux rapports avec l’Afrique ? 

Le Pape Paul VI, est en effet né à Concesio, près de Brescia en Italie, le 26 septembre 1897, sous le nom de Giovanni Battista Montini.

Après avoir étudié chez les jésuites, il est ordonné prêtre en 1920. Dans les années 1921, il fait ses premiers pas au Vatican où il accompli une carrière ecclésiastique brillante et rapide.

Saint Jean XXIII le fera cardinal et à la mort de celui-ci durant le concile Vatican, II, le cardinal Giovanni Battista Montini est élu 262e souverain pontife le 21 juin 1963.

Le Pape Paul VI, est le premier saint Père à avoir visité l’Afrique. Il s’y est rendu notamment lors d’un pèlerinage Apostolique en Ouganda du 31 juillet au 2 août 1969.

Lors de sa visite au Palais du Parlement à Kampala le 1er août 1969, le Bienheureux Paul VI a notamment adressé un Message aux peuples d'Afrique. « Permettez, a-t-il affirmé que de Notre cœur monte à Nos lèvres, au sens le plus plénier et le plus vrai, le souhait de: Vive l'Afrique! »

Dans son encyclique Populorum progressio, où il prône le développement des Peuples, Paul VI a réaffirmé des directives dans son message adressé précisément à l'Afrique le 29 octobre 1967, Africae terrarum (AAS, 1967, p. 1073 ss.).

Concernant le dossier toujours brûlant en Afrique, du colonialisme et du néocolonialisme, le Bienheureux a également évoqué une « Afrique dirigée par les Africains ». Il n’a pas manqué de souligner que les Africains ont « un sens profond de la communauté – car dit-il – c'est une de vos caractéristiques les plus belles et les plus humaines. »

« Paix à l'Afrique entière! » n’a pas manqué d’affirmer Paul VI. Le Mardi 28 octobre 1969, au terme du synode des Evêques, le Pape Paul VI a également salué de façon particulière le « groupe de pasteurs africains », qui d’après lui, tout en développant un zèle spirituel à l’endroit de leur populations, ils continuent de garder le souci d’attachement filial au Saint-Siège, fondement et principe de l’unité.

Une autre grande réalisation de Paul VI pour l’Afrique fut son affection pour les saints martyrs de l’Ouganda. Le samedi 02 aout 1969, Paul VI n’a pas manqué d’affirmer que son arrivée au sanctuaire des martyrs de Namugongo(Ouganda) visait à « rendre honneur aux martyrs ».

« J’ai voulu a encore affirmé le bienheureux Paul VI, venir de Rome pour bénir l'autel de ce Sanctuaire. Mon intention est de vénérer aussi, par cet acte, tous les autres chrétiens qui ont donné leur vie pour la foi catholique en Afrique, ici et partout. »

Le 06 aout 1978, lors de la Fête de la Transfiguration, le Seigneur a rappelé le bienheureux Paul VI.

 

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Intégralité de l’homélie du Pape traduite en français :

Nous venons d'entendre une des phrases les plus célèbres de tout l'Évangile : "Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu" (Mt 22, 21). À la provocation des pharisiens qui, pour ainsi dire, voulaient lui faire passer l’examen de religion et le prendre en défaut, Jésus répond avec cette phrase ironique et géniale. C’est une réponse à effet que le Seigneur livre à tous ceux qui se posent des problèmes de conscience, surtout quand entrent en jeu leurs intérêts, leurs richesses, leur prestige, leur pouvoir et leur réputation. Et cela arrive de tout temps, depuis toujours.

L’accent de Jésus retombe sûrement sur la seconde partie de la phrase : "Et (rendez) à Dieu ce qui est à Dieu". Cela signifie reconnaître et professer – face à n’importe quel type de pouvoir – que seul Dieu est le Seigneur de l’homme, et qu’il n’y en a pas d’autre. C’est la nouveauté éternelle à découvrir chaque jour, en vainquant la peur que nous éprouvons souvent devant les surprises de Dieu.

Lui n’a pas peur de la nouveauté ! C’est pourquoi, il nous surprend continuellement, nous ouvrant et nous conduisant par des chemins imprévus. Il nous renouvelle, c’est-à-dire qu’il nous fait “nouveaux”, continuellement. Un chrétien qui vit l’Évangile est “la nouveauté de Dieu” dans l’Église et dans le monde. Et Dieu aime beaucoup cette “nouveauté” !

« Rendre à Dieu ce qui est à Dieu », signifie s’ouvrir à sa volonté, lui consacrer notre vie et coopérer à son Royaume de miséricorde, d’amour et de paix.

Là se trouve notre force véritable, le ferment qui la fait lever et le sel qui donne saveur à chaque effort humain contre le pessimisme dominant que nous propose le monde. Là se trouve notre espérance parce que l’espérance en Dieu n’est donc pas une fuite de la réalité, elle n’est pas un alibi : c’est rendre à Dieu d’une manière active ce qui lui appartient. C’est pour cela que le chrétien regarde la réalité future, celle de Dieu, pour vivre pleinement la vie – les pieds bien plantés sur la terre – et répondre, avec courage, aux innombrables nouveaux défis.

Nous l’avons vu ces jours-ci durant le Synode extraordinaire des Évêques – “Synode” signifie « marcher ensemble ». Et en effet, pasteurs et laïcs de chaque partie du monde ont apporté ici à Rome la voix de leurs Églises particulières pour aider les familles d’aujourd’hui à marcher sur la route de l’Évangile, le regard fixé sur Jésus. Ce fut une grande expérience dans laquelle nous avons vécu la synodalité et la collégialité, et nous avons senti la force de l’Esprit Saint qui guide et renouvelle toujours l’Église appelée, sans délai, à prendre soin des blessures qui saignent et à rallumer l’espérance pour beaucoup de gens sans espérance.

Pour le don de ce Synode et pour l’esprit constructif offert par tous, avec l’apôtre Paul : « À tout moment, nous rendons grâce à Dieu au sujet de vous tous, en faisant mémoire de vous dans nos prières » (1 Th 1, 2). Et que l’Esprit Saint qui, en ces jours laborieux nous a donné de travailler généreusement avec vraie liberté et humble créativité, accompagne encore la marche qui, dans les Églises de toute la terre, nous prépare au prochain Synode Ordinaire des Évêques d’octobre 2015. Nous avons semé et nous continuerons à semer avec patience et persévérance, dans la certitude que c’est le Seigneur qui fait croître tout ce que nous avons semé (cf. 1 Co 3, 6).

En ce jour de la béatification du Pape Paul VI, me reviennent à l’esprit ses paroles, par lesquelles il a institué le Synode des Évêques : « En observant attentivement les signes des temps, nous nous efforçons d’adapter les orientations et les méthodes … aux besoins croissants de notre époque et à l’évolution de la société » (Lett. ap. Motu proprio Apostolica sollicitudo).

À l’égard de ce grand Pape, de ce courageux chrétien, de cet apôtre infatigable, nous ne pouvons dire aujourd’hui devant Dieu qu’une parole aussi simple que sincère et importante : merci ! Merci à notre cher et bien-aimé Pape Paul VI ! Merci pour ton témoignage humble et prophétique d’amour du Christ et de son Église !

Dans son journal personnel, le grand timonier du Concile, au lendemain de la clôture des Assises conciliaires, a noté : « Peut-être n’est-ce pas tant en raison d’une aptitude quelconque ou afin que je gouverne et que je sauve l’Église de ses difficultés actuelles, que le Seigneur m’a appelé et me garde à ce service, mais pour que je souffre pour l’Église, et qu’il soit clair que c’est Lui, et non un autre, qui la guide et qui la sauve » (P. Macchi, Paul VI à travers son enseignement, de Guibert 2005, p. 105). Dans cette humilité resplendit la grandeur du Bienheureux Paul VI qui, alors que se profilait une société sécularisée et hostile, a su conduire avec une sagesse clairvoyante – et parfois dans la solitude – le gouvernail de la barque de Pierre sans jamais perdre la joie ni la confiance dans le Seigneur.

Paul VI a vraiment su “rendre à Dieu ce qui est à Dieu” en consacrant sa vie tout entière à « l’engagement sacré, solennel et très grave : celui de continuer dans le temps et d’étendre sur la terre la mission du Christ » (Homélie pour le rite du couronnement, Documentation catholique n. 1404 [1963], col. 932), en aimant l’Église et en la guidant pour qu’elle soit « en même temps mère aimante de tous les hommes et dispensatrice du salut » (Lett. ap. Ecclesiam Suam, Prologue).

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