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Congrégation vouée au service des malades,fondée en Pologne en 1881.Diffuse en permanence L'apostolat dans différents pays.

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Homélie-Dimanche de la santé

Homélie-Dimanche de la santé
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HOMELIE DU 10 FEVRIER 2019

5EME DIMANCHE ORDINAIRE

DIMANCHE DE LA SANTE

 

 

 

 

L’Eglise en ce dimanche nous donne la chance d’un compagnonnage avec trois belles figures de croyants. D’abord, deux versets du premier testament sont en miroir en Isaïe : « J’entendis la voix du Seigneur qui disait : « Qui enverrai-je ? Qui sera notre messager ? » Et j’ai répondu : « Me voici : envoie moi ! Et dans l’Evangile de Luc : Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. »  Entre ces deux passages de l’Ecriture, St Paul nous dit avec sa force habituelle qu’il transmet ce qu’il a reçu : la réalité des évènements de la mort et de la Résurrection du Christ qui est apparu le jour de Pâques et les suivants à « Pierre, puis aux douze, puis à plus de cinq cents frères à la fois ».  On a bien compris qu’Isaïe, Pierre et Paul ont accepté d’être envoyés en mission mais qu’ils sont d’abord passés par l’épreuve du doute ou de la prise de conscience de leur indignité.  Paul, se traite d’avorton indigne d’être appelé apôtre puisqu’il a persécuté l’Eglise de Dieu. Et on connait la deuxième partie de son curriculum vitae, le balancier est parti dans l’autre sens  pour annoncer la Bonne Nouvelle qui nous ouvre la voie à la vie éternelle. Et puis, on a entendu le cri d’Isaïe : « Malheur à moi ! Je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au milieu d’un peuple aux lèvres impures ». C’est la même confession  de Simon Pierre dite autrement : « Eloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur ».

 

Alors, nous avons tous, n’est-ce pas, conscience, comme Isaïe, Pierre et Paul d’être indignes, impurs, pécheurs. Et de ce fait, nous avons donc aussi toutes les chances d’être bons pour le service car Isaïe, Pierre et Paul en ont été des exemples vivants. Aujourd’hui, annoncer l’Evangile, vivre l’Evangile dans le service du frère n’est pas le privilège de quelques-uns qui auraient un passeport de VIP spécialistes de la Charité. Non, et regardons ce que St Paul écrit quelques versets plus loin : «  Frères, vous qui avez été appelés par Dieu, regardez bien : parmi vous, il n’y a pas beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni de gens puissants ou de haute naissance. » Appelés par Dieu malgré notre faiblesse, dans notre faiblesse et à cause de notre faiblesse, nous portons l’expérience de tous ceux qui sont dans la même situation que nous : ayant conscience que le péché nous entrave si bien, obscurcit notre quotidien, nous ne pouvons que nous laisser saisir par la force du Christ qui a définitivement vaincu les ténèbres du mal. Faibles nous devons nous reconnaître et faibles nous resterons, mais cette faiblesse est sublimée en force. C’est encore Paul qui nous le dit cette fois dans la deuxième lettre aux Corinthiens : « Lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort » car de manière paradoxale c’est dans notre faiblesse de pécheurs ou de souffrants qui nous contraint à l’humilité que la force du Seigneur s’exprime. Et le Christ lui-même n’a-t-il pas été autrement qu’humble et faible, à l’exception du péché bien entendu ? Quand, aux moments les plus critiques, il aurait pu demander au Père de lui envoyer une légion d’anges, il s’en est remis à Lui et entre les mains des hommes, amis ou ennemis sans cesser d’annoncer la Bonne Nouvelle.

 

Mais alors, allez-vous peut-être penser ; si on est malade, handicapé, dépendant, comment je fais pour être au service du frère ? Comment puis-je être un missionnaire si je suis en séjour de longue durée à l’hôpital ou résident dans une maison de retraite ? Là, on peut se rappeler l’épisode de la pauvre veuve de l’évangile de Marc. Jésus observe cette pauvre femme qui met une piécette pour le trésor du temple qui ne semble rien aux yeux des riches qui y versent des sommes énormes. Quand la vie nous amène à un immobilisme contraint, ponctuel ou définitif, notre seule possibilité c’est celle de la piécette qui a la plus grande valeur. Cette petite pièce c’est la prière que nous pouvons exprimer  dans les moments où la souffrance nous laisse un peu de répit. C’est là que le témoignage de certaines personnes en situation de dépendance est fort lorsqu’elles disent prier pour les autres ; c’est pour elles la seule occasion d’être relié au monde. Cette prière a une force qu’on ne peut mesurer mais qui est grandement efficace, à la façon de celle de Ste Thérèse de l’enfant Jésus, souffrante et cloîtrée dans son Carmel, elle qui fut déclarée sainte patronne des Missions à l’initiative du pape Pie XI.

 

Donc cet envoi, cette mission d’annoncer la Bonne Nouvelle, nous concerne tous, même si nous nous sentons affaiblis, incapables, même si dans nos vies il y a eu des passages obscurs. Nous sommes des apôtres, c’est à dire des envoyés. Et sommes-nous des apôtres à la manière d’Isaïe, de Pierre ou de Paul ? A chacun selon son charisme !

 

Nous nous sentons ressembler à Isaïe ? Laissons  s’approcher de nos bouches le charbon ardent du pardon des péchés et être des messagers purifiés envoyés aux frères pour leur faire connaître la miséricorde infinie de Dieu, s’ils sont broyés par une vie de galère et d’échecs. Nous nous sentons ressembler à Paul ? Laissons nos cœurs s’exprimer malgré notre indignité et annoncer aux souffrants que nous rencontrons que Christ nous prépare une place au-delà de notre pèlerinage terrestre et que le Ressuscité est au milieu de nous malgré les doutes d’une foi quelquefois mise à mal par la maladie et le grand âge. Nous nous sentons ressembler à Pierre ? Laissons-nous d’abord prendre comme des poissons dans les filets de la pêche miraculeuse, figure de la surabondance de la grâce du Seigneur qui nous aime sans restrictions et sans limites. Et devenons pêcheurs de frères et de sœurs qui ont besoin de l’amour que nous avons reçu du Seigneur et que nous ne pouvons pas garder pour nous. Et ce d’autant plus que la source est inépuisable.

 

 

Nous nous sentons ressembler aux trois à la fois ? Alors il n’y a qu’un seul cri : Alleluia !

 

Jean-Pierre Hottois, diacre

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