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Congrégation vouée au service des malades,fondée en Pologne en 1881.Diffuse en permanence L'apostolat dans différents pays.

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Ta nuit sera lumière

Ta nuit sera lumière
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Prière pour le Dimanche de la Santé 2020
Mon chemin, Seigneur, est parfois bien sombre
Il m’arrive souvent de marcher dans la nuit.
Nuit de la souffrance ou de la maladie, nuit du doute ou du deuil.
Et je ne sais plus où je suis…
Toi, sans Te lasser, Tu m’appelles à la Vie.
Tu me dis que je suis lumière.
Tu m’invites à faire jaillir la lumière
Par mes mains, mes regards de tendresse,
Et mes actes solidaires.
Permets que mon chemin de nuit s’éclaire, et que pour d’autres, je sois lumière.
Chantal Lavoillotte

HOMELIE DU 9 FEVRIER 2020

5ème  DIMANCHE ORDINAIRE ANNEE A

 

 

Vous êtes le sel de la terre ; vous êtes la lumière du monde ! Rien que ça !

 

Un petit détour historique préalable. Dans l’AT le sel est regardé comme le symbole de ce qui enrichit. Ainsi l’utilise-t-on lors des sacrifices selon les prescriptions du Lévitique et l'ajoute-t-on à l'encens en si grande quantité que, dans le Temple de Jérusalem, il fallut installer un grenier à sel. On purifiait l'enfant nouveau-né en le frottant de sel, comme le prophète Elisée assainit l'eau des sources de Jéricho en y jetant du sel ou comme l'on exorcisait les terres conquises sur l’ennemi en répandant le sel.

 

Et le rite du sel fut longtemps pratiqué dans la liturgie chrétienne du baptême, entre le quatrième siècle et la réforme de Paul VI (1969), le sel a été utilisé comme symbole dans l’accueil des baptisés à la porte de l’église avant d’aller vers le baptistère. L’imposition du sel signifiait que l’âme de l’enfant allait être soustraite à la corruption du péché pour y être remplacée par le don de la sagesse, et qu’elle pourrait désormais éprouver du goût pour la Parole de Dieu et sa présence réelle dans l’Eucharistie.

 

Le sel fut et reste dans certaines contrées reculées un bien précieux. C’est aussi de sel que vient le mot salaire ; dans les échanges commerciaux de la Rome antique, le sel était une monnaie en raison de sa rareté et une partie de la solde des militaires était payé en sel.

 

Le sel est ce qui donne du goût; ceux qui ont un régime sans sel savent de quoi il retourne.  Invisible, enfoui par le cuisinier,  il met en valeur la saveur unique, insoupçonnée, de chaque aliment. Alors, à partir de cette image de l’enfouissement, les chrétiens ont  vocation à transformer  un monde souvent fade et triste ; nous avons à révéler les richesses qu'il porte enfouies. Comme le sel caché dans le plat, nous sommes discrètement appelés à donner de la saveur au monde qui nous entoure ; de proche en proche, montrer à ceux que nous croisons dans nos vies de tous les jours que le monde n’est pas aussi noir qu’il y parait en faisant découvrir les merveilles dont on ne parle jamais.  Le sel qui change le goût, c’est aussi celui qui est caché dans la richesse de la Parole de Dieu. Ainsi l’âme trouve la nourriture spirituelle dont elle a besoin avec beaucoup plus de saveur dans les moments où la méditation s’élève un tant soit peu dans la relation avec le Seigneur. La Parole de Dieu est le sel de nos vies.

 

      On utilise aussi le sel pour "conserver" la viande, pour lui éviter de pourrir. La présence dans le monde du chrétien, s'il est vraiment "sel de la terre", il va lui éviter de se "décomposer" inéluctablement. C'est pour cela que les chrétiens sont invités à s'engager à tous les niveaux, y compris politique, dans le sens noble du terme qui est la gestion de la cité ! Mais ils doivent pour cela prendre des responsabilités dans la vérité de L’Evangile, c’est-à-dire ne pas se laisser aller à la critique du « tous pourris », car là on apporte l’anti sel négatif qui ne construit rien, qui n’est plus bon à rien…". Prendre notre responsabilité c’est donc être des disciples missionnaires dans nos lieux de vie pour que le sel de l’Evangile qui nous presse à la justice et à la solidarité soit répandu autour de nous en ne nous laissant pas impressionner par le laïcisme qui veut nous cantonner dans nos églises et nos sacristies.

 

Nous sommes ce précieux sel de la terre car nous sommes imprégnés du goût de la Parole de Dieu, de l’Eucharistie et de l’Esprit Saint qui nous habite. Nous sommes porteurs de sagesse et enfouis dans le monde pour lui donner une saveur qu’il a souvent perdu. Nous y sommes envoyés pour que le fil rouge de la Bonne Nouvelle le traverse : « Aimez-vous les uns les autres » auquel nous invite déjà le prophète Isaïe quand il nous entraîne à partager notre pain, accueillir les sans-abri, combler les désirs des malheureux.

 

 

Vous êtes la lumière du monde !

 La lumière permet de voir le chemin, de découvrir des présences que la nuit nous cachait. Après les ténèbres, la lumière fait renaître l'espérance, le désir d'exister. Et sans lumière, on le sait bien on déprime. Les grands malades sur leur lit d’hôpital le savent bien ; les nuits de souffrance sans sommeil sont source d’angoisse et le jour qui vient dans le renouveau est source de soulagement. Dans tous les foyers du grand nord de l’Europe où l’hiver, la durée du jour est limitée à deux ou trois heures, on s’équipe de lampes de luminothérapie pour compenser le manque de soleil et se redonner un peu d’énergie. Le soleil, à son lever, éclaire toute la réalité du monde. Ce sont d’abord les formes qui se dessinent, ensuite les couleurs qui se font plus précises après les nuances de noir et de gris de la nuit. C’est ainsi que progressivement la lumière révèle la beauté du monde.

 « Vous êtes la lumière du monde ». Certes, ce n’est pas encore la lumière du Christ transfiguré sur le mont Thabor devant Pierre Jacques et Jean mais c’est une perspective immense, démesurée, presque infinie. Cette lumière, qui est capable d’éclairer le monde entier, est empreinte d’humilité car nous n’en sommes que le reflet, les témoins. Cette lumière n’a pas sa source en nous. C’est une lumière qui vient de Dieu. Si nous sommes la lumière du monde, c’est « ensemble avec Lui ». Dieu a mis quelque chose en nous, qui doit rayonner jusqu’aux confins de la terre, et jusqu’à la fin du monde. Cette lumière n’est pas celle de l’éclat tapageur, elle est celle de la grâce. Cette vie de lumière intérieure mise en nous par le Créateur, Jésus nous invite à la faire rayonner. C’est dans ce lien, que réside la véritable illumination du monde. C’est la clarté qui jaillit des actes de pur amour.

 

 À ce signe, à l’amour qui vient de Dieu et que nous aurons les uns pour les autres, tous nous nous reconnaîtront pour les disciples de Jésus. La visibilité de la communauté fraternelle est celle du bien qu’elle fait : « Voyez comme ils s’aiment. » C’est notre amour qui est lumière de Dieu et le sel de la terre !

 

Jean- Pierre Hottois, diacre

 

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