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Congrégation vouée au service des malades,fondée en Pologne en 1881.Diffuse en permanence L'apostolat dans différents pays.

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PIERRE CLAVERIE : MÉMOIRE VIVANTE

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 Un Algerien par alliance site-b4d5e

 

 

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Le 17 décembre 2011, Mgr Teissier donnait au Centre Pierre-Claverie d’Oran une conférence intitulée : Mgr Pierre Claverie : Quels messages pour assumer nos diffé-rences ? Persuadé que les paroles s’envolent et que les écrits restent, il avait préparé six pages de textes de Pierre Claverie lui-même, que tous les assistants avaient en mains pendant qu’il les parcourait et les commentait. Pour ceux qui ont connu Pierre Claverie autrefois ou qui ont lu ses textes, cela pouvait sembler des redites inspi-rées par la piété et la nostalgie. Mais pour d’autres, c’était différent et des mots qui nous sont familiers pouvaient retrouver leur verdeur originelle. Ainsi, venu d’un village situé à une centaine de kilomètres, un jeune professeur de français entendait ces choses-là pour la première fois ; rentré chez lui, il décidait de les redire à son jeune frère ; mais comme celui-ci maîtrise mal le français, il lui traduisit tout le dossier en arabe ; et le frère décidait de ne pas garder cela pour lui et de le communiquer à ses amis qui parta-gent la même culture arabe et islamique.

 

Dans sa circulaire de fin d’année, Jean-Jacques Pérennès écrivait : « Fin juillet, un événement peu banal m’attirait au festival d’Avignon : le spec-tacle « Pierre et Mohamed », monté par un groupe de jeunes frères dominicains à l’occasion des quinze ans de la mort de notre frère Pierre Claverie, évêque d’Oran, dont j’ai écrit la biographie. Le texte, écrit par un jeune dominicain, ra-conte la dernière journée du jeune Algérien, Mohamed Bouchikhi, mort assassi-né avec P. Claverie qu’il ramenait de l’aéroport d’Oran. Ce jeune musulman dit le sens qu’a pour lui cette amitié, sens qui l’aide à accepter les risques réels qu’il court en restant aux côtés de cet évêque courageux. En alternance avec les souvenirs de Mohamed, le texte fait entendre quelques grands textes de Pierre Claverie, dont sa fameuse dernière homélie de Prouilhe, où il assume lui aussi les risques qu’il court et en rappelle le sens. Dans un festival qui propose des centaines de spectacles chaque jour, « Pierre et Mohamed » a rempli une salle de cent places tous les soirs pendant huit jours. Le tout était servi, il faut le dire, par l’immense talent du comédien Nazim Boujenah, de la Comédie française, qui tenait la scène pendant une heure, avec le minimum de mise en scène et un léger accompagnement musical. Beaucoup d’émotion et la conviction qu’une vie donnée est un mes-sage fructueux pour notre temps… Depuis l’été, « Pierre et Moha-med » a été donné à Paris, Lille, Strasbourg, et le sera bientôt à Oran. » (voir Le Lien, n° 376 p. 15)

Effectivement, le spec-tacle a été donné à Oran le 7 janvier dans une salle pleine, dont le silence très dense n’a été interrompu que par quelques applaudissements qui ont salué spontanément trois ou quatre passages. Le message 16 de Pierre Claverie quittait les textes imprimés, lus, cités, répétés, et il redevenait une parole, grâce à Nazim Boujenah, un grand artiste. Et on ne pouvait pas oublier qu’avec lui, c’était le fils d’un Oranais qui redonnait vie aux mots d’un évêque d’Oran. Comme à Avignon, il était accompagné par les notes discrètes de Francesco Agnello qui jouait du « hang », une sorte de « soucoupe volante » mise au point il y a sept ans par deux Ber-nois (hang signifie « main » en dialecte de Berne) pour remplacer les bidons volumineux sur lesquels les musiciens des Caraïbes frappent parfois… Une petite voûte métallique en alliage spécial, avec sept petits renfoncements disposés tout autour ; en les touchant de la main, on peut faire entendre les notes de la gamme de ré mineur (moins le sol) ; elles tombent comme des gouttes d’eau rafraîchissantes qui appellent le silence.

 

Jean-Louis DÉCLAIS

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