Congrégation vouée au service des malades,fondée en Pologne en 1881.Diffuse en permanence L'apostolat dans différents pays.
Par Soeurs Franciscaines de N Dame des Douleurs
Notre pape François a ouvert le jubilé sur l’année de la Miséricorde ; mais qu’est -ce que la miséricorde ?
Nous sommes nombreux à conjuguer ce mot avec d’autres qui nous semblent t-ils lui sont semblables ou le complètent tel que: la bonté, la grâce, le pardon, la charité, la justice et la compassion. En fait toutes ces expressions peuvent se résumer à une seule qui les englobe tous : l’amour. Dés lors, pourquoi ne pas tout simplement appeler cette année, l’année de l’amour ? Qu’est ce que la miséricorde peut bien ajouter à l’amour, celui de Dieu pour nous, le notre pour les autres?
Ce mot nous a été offert par notre Pape en ce temps de l’avent comme un précieux cadeau de Noël, naissance de l’Emmanuel, Dieu avec nous, pour sortir notre monde de la spirale de violence où il se perd. Ce mot est telle une arche, il sauve. Arche se dit téva en hébreu, terme qui signifie également boite ou mot. Les maîtres du judaïsme expliquent que Dieu a demandé à Noé d’habiter sa parole, de pénétrer le sens, la mesure de son langage pour retrouver le chemin de la juste relation à soi, à l’autre. C’est toujours lorsqu’une langue ne veut plus rien dire, que naissent l’incompréhension, la violence et la haine entre les hommes, provoquant leur mort. Le verbe lorsqu’il est habité et médité, sauve. Embarquer à bord de « l’arche miséricorde » est une manière pour chacun de nous de nous revêtir de celui qui a revêtu notre humanité pour la sauver, le verbe de Dieu qui s’est fait chair, Jésus de Nazareth. L’arche de Noé était recouverte à l’intérieur comme à l’extérieur afin de pouvoir flotter de bitume, cofer en hébreu mot qui a la même racine que capara, rachat, pardon. Cette arche est une parole qui recouvre et rachète toute faute pour donner la vie.
Le mot miséricorde vient du latin « misèré(pitié) et cordia » (cœur). La miséricorde c’est la pitié que le cœur ressent pour l’autre, notre capacité à être touché par la situation de misère où il se trouve ; s’émouvoir jusqu’à annuler la dette : d’argent, de vengeance ou de tout autre sentiment. Il s’agit pour le fidèle d’être ici bas, sur terre, le cœur de Dieu pour ses frères.
En hébreu, le mot miséricorde se dit rahamim. Ce mot est construit sur la racine rehem qui signifie utérus. Il fait appel à une réalité très féminine, très maternelle, pour parler d’un des attributs divins, le plus important de tous celui qui est au-delà de toute justice, toute raison car il fait appel aux entrailles du Père , à la divine maternité, lieu de la pure folie d'amour.Une mère donnera tout pour son enfant, elle sera toujours présente, où qu’il soit, quel qu’il soit, jusqu’à donner sa vie pour lui.
L’utérus est un muscle qui permet de recevoir un embryon, de l’abriter, le nourrir jusqu’au temps de la naissance. Être miséricordieux c’est quelque part se faire mère, créer un espace en soi pour l’autre. Pour cela il faut se faire pauvre jusqu'à considérer l’autre comme son propre enfant, le fruit de ses entrailles. C’est par cet acte nous sortons d'une stérilité affective pour enfanter l'amour qui donne et qui se donne.
Rehem veut dire utérus ou matrice. En permutant ces trois lettres on peut écrire les mots suivant : mahar, demain ; homer , matière et hamor âne, ainsi que hèrèm anathème..
L'enfant c'est l’avenir. S’il n’y avait pas cette possibilité de maternité physique et spirituelle, il n’y aurait pas de futur. Il n’y aurait personne qui vient. Dieu dans sa miséricorde nous donne un avenir. Quel avenir il donne à sa créature, quel avenir il donne à Israël, au monde entier ? Le rejeton de justice, le messie, C’est Noël ! Il est là le divin enfant.
L’enfant que l’on doit porter, celui à qui on doit laisser la place en nous, c’est le messie. Il faut que l’on diminue pour qu'il puisse croître. C’est le sens de Noël.
Élisabeth
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