Congrégation vouée au service des malades,fondée en Pologne en 1881.Diffuse en permanence L'apostolat dans différents pays.
Le pape François a annoncé le 27 janvier 2018 sa décision de béatifier 19 religieux et religieuses de l’Église d’Algérie reconnus martyrs (dont Mgr Pierre Claverie, évêque d’Oran), victimes de la violence qui a meurtri ce pays durant les années 1990, faisant entre 150 000 et 200 000 morts. Les plus connus d’entre eux sont les sept moines trappistes de Tibhirine, dont l’enlèvement et la mort violente en mai 1996 avaient ému l’opinion publique internationale.
Une amitié possible. Un communiqué des évêques d’Algérie est venu préciser le sens que l’Église d’Algérie donne à cette béatification : « Devant le danger d’une mort qui était omniprésent dans le pays, ils ont fait le choix, au risque de leur vie, de vivre jusqu’au bout les liens de fraternité et d’amitié qu’ils avaient tissés avec leurs frères et sœurs algériens par amour. » Comme l’a souligné Anne-Bénédicte Hoffner dans le journal La Croix (27 janvier 2018), ce ne sont « pas des martyrs contre mais avec les Algériens ». Il serait dramatique, en effet, que la célébration d’une béatification ait pour résultat d’accroître l’aversion pour le monde musulman, déjà largement stigmatisé. De ce point de vue, l’Église d’Algérie offre un éclairage original, la possibilité d’une amitié, qui mérite d’être souligné.
« Une Église pour un peuple musulman ». Le christianisme, très implanté en Afrique du Nord au temps de saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone et docteur de l’Église, a totalement disparu sous l’impact conjoint de la domination vandale (442-533), des luttes intestines (la querelle donatiste, en particulier) et de l’arrivée de l’Islam vers 650. Il n’est revenu qu’avec la colonisation française en 1830, mais n’a concerné que des colons européens, les « pieds-noirs », qui ont par exemple favorisé la dévotion à Notre-Dame d’Afrique. Du même coup, il est apparu comme « la religion du colonisateur ». La violence de la guerre d’Algérie, qui a abouti à l’Indépendance politique de pays, entraîne le départ en 1962 de la quasi-totalité des Européens, environ un million de personnes, pour la plupart de confession chrétienne. À nouveau, le christianisme aurait pu disparaître. Ce ne fut pas le cas grâce à la hauteur de vue, au courage et à la généreuse intuition du cardinal Léon-Etienne Duval, archevêque d’Alger de 1954 à 1988, qui prit la nationalité algérienne et fit le choix de mettre son Église au service d’un pays nouvellement indépendant qui avait beaucoup à construire ou à reconstruire : écoles, dispensaires, œuvres sociales sont les domaines dans lesquels vont s’investir prêtres, religieux et laïcs chrétiens. « Les conditions de la pérennité de l’Église se trouvent en dehors de ses limites visibles. Dans la mesure où l’amour fraternel sera vivant et agissant, partout cet amour sera la garantie de la vie de l’Église », écrit Mgr Duval dans une lettre pastorale de 1980. Ce projet d’une Église algérienne, au service du peuple algérien, a été le moteur de son activité pendant une vingtaine d’années avec un réel enthousiasme. C’est dans ce climat que Mgr Henri Teissier, successeur du cardinal Duval comme archevêque d’Alger, a pu parler d’« une Église pour un peuple musulman », car elle n’est pas là d’abord pour convertir – c’est socialement impossible, bien que le salut en Jésus soit ouvert à tous les hommes –, mais pour servir et témoigner de l’amour gratuit du Christ pour tout homme, y compris les musulmans[1].
La naissance d’un fondamentalisme religieux. Le début des années 1980 voit naître un nouveau climat : l’Algérie s’est déjà dotée de quelques structures et a moins besoin d’aide extérieure pour former ses cadres ; un nationalisme assez ombrageux refait surface, surtout dans le cadre de la politique d’arabisation du pays ; et l’on voit déjà apparaître – sans s’en rendre compte sur le moment – les signes avant-coureurs d’un fondamentalisme religieux pour lequel ces religieux chrétiens n’ont rien à faire dans ce pays qu’ils considèrent comme une « terre d’islam ».
Une Église solidaire dans l’épreuve. Les mouvements islamistes comme le FIS (Front islamique du salut), qui ont réussi à émerger au grand jour lorsque le régime du parti unique fut dissous en 1989 par une révision constitutionnelle qui instaure le multipartisme, vont tenter de prendre le pouvoir au début des années 1990. Après une grande victoire aux élections locales en 1991, la victoire aux législatives leur échappe de peu en janvier 1992 lorsque le régime algérien, aux mains des militaires, décide d’interrompre le processus électoral. L’Algérie plonge alors dans la spirale infernale de la violence : les islamistes s’attaquent d’abord aux symboles de l’État (policiers, juges), puis aux symboles d’une société ouverte, plurielle (journalistes, artistes, femmes engagées dans la vie sociale) et enfin aux étrangers. C’est alors que se produit ce que personne n’avait osé imaginer : des agressions violentes de religieux et religieuses catholiques qui depuis des décennies servaient la population avec un grand désintéressement. L’assassinat de Sœur Paul-Hélène et du Frère Henri Vergès dans leur petite bibliothèque de la Casbah le 8 mai 1992 est un énorme choc, clairement revendiqué par le GIA (Groupement islamique armé) qui dit vouloir « liquider des juifs, des chrétiens et des mécréants de la terre musulmane d’Algérie ». Ce n’est hélas que le début d’un martyrologe qui va compter dix-neuf noms, dont des religieuses très modestes, des hommes totalement dédiés à la prière et au service du prochain – les moines trappistes de Tibhirine (enlevés dans leur monastère près de Médéa puis assassinés le 21 mai 1996) – et, finalement, Mgr Pierre Claverie, évêque d’Oran, assassiné le 1er août 1996. Cet homme, il est vrai, avait pris fait et cause publiquement pour une Algérie plurielle, ouverte, fraternelle, en solidarité explicite avec la majorité des Algériens qui, eux aussi, refusaient l’enfermement de leur pays dans un islam politique intolérant.
Des dizaines de livres ont aussi été publiés faisant connaître ces hommes et femmes qui ont suivi le Christ jusqu’au bout

Seigneur Dieu, notre Père, nous te louons pour la passion,
la mort et la résurrection de ton Fils Jésus,
lui, le martyr par excellence, de qui vient le Salut.
Tu as voulu faire partager son martyre à nos frères et sœurs de l’Église d’Algérie :
Henri et Paul-Hélène, Caridad et Esther, Jean, Charles,
Alain et Christian, Angèle-Marie et Bibiane, Odette, Christian,
Luc, Christophe, Michel, Bruno, Célestin et Paul,
et ton évêque Pierre Claverie.
Nous te prions, Père, pour que, par leur intercession, se renforcent le dialogue,
le respect et l’amour entre tes enfants chrétiens et musulmans.
Bénis l’Algérie et son peuple, et nous te rendons gloire, dans la paix.
Et toi, Marie, que tous ont aimée et qui es vénérée dans la maison de l’Islam,
écoute notre prière et intercède auprès de ton Fils, Jésus, notre Seigneur. Amen.
d'après: https://www.notrehistoireavecmarie.com//fr/esc/monseigneur-claverie-et-les-martyrs-dalgerie-des-vies-donnees-par-amour/?utm_source=Une+minute+avec+Marie+%28fr%29&utm_campaign=8d0ba83611-NHM_2017_N63&utm_medium=email&utm_term=0_a9c0165f22-8d0ba83611-107093861