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Congrégation vouée au service des malades,fondée en Pologne en 1881.Diffuse en permanence L'apostolat dans différents pays.

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Les saints d'Algérie

Les saints d'Algérie
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LE SIGNE DE LA CROIX…


L’annonce de la béatification de dix-neuf de nos frères et soeurs a suscité beaucoup de réactions et de débats au sein de notre diocèse et de notre Église. C’était très nécessaire et je crois que ce fut l’occasion d’échanges riches en différents lieux et sous différentes formes.
Parmi les suggestions formulées, est revenu à plusieurs reprises le souhait que le témoignage des bienheureux (c’est-à-dire ceux dont la vie a été prise mais aussi ceux (celles) qui sont encore parmi nous !) soit mieux connu des membres de notre Église d’aujourd’hui.
Cette interpellation m’a encouragé à inviter mon frère Pierre Claverie à reprendre du service et à signer cet édito du Lien. La puissance de ses mots dit le sens de ces béatifications davantage que nos conjectures sur leur opportunité, leur date et le lieu de leur célébration. Elle les place sous le signe de la croix davantage que sous le signe de la fête.


« Dans le combat de l’Évangile pour que vienne le Règne de Dieu, Dietrich Bonhoeffer prend une place exceptionnelle et son message m’atteint aujourd’hui comme un appel dans les remous que nous traversons. Nous ne sommes pas les premiers à affronter la violence et la mort avec nos mains nues et la seule force de nos convictions. Nous ne sommes pas les seuls non plus. Dans les moments où nous pourrions être tentés de renoncer, de fuir ou de nous enfermer dans la crainte, comment ne pas entendre la voix de ceux qui opposèrent à la mort leur vie offerte pour témoigner de leur foi en la toute-puissance de l’amour, de la vie ?… Ici et aujourd’hui, en Algérie et maintenant, nous n’avons pas d’autre lieu pour réaliser ce que Dieu attend de nous, croyants, et ce que nous croyons être notre plus haute vérité : vivre, par l’Esprit de Jésus, dans une relation filiale avec Dieu-Père, et une relation ouverte à la fraternité universelle… Alors commence le corps à corps avec la réalité, sa résistance, son opacité, ses dures aspérités et, au terme, la mort. Notre foi ne nous arrache pas à tout cela. Elle nous y plonge, au contraire, avec Jésus. Notre vie prend son sens et sa fécondité dans la suite (la ‘suivance’) de Jésus sur les routes du monde : « le cadre de la vie des chrétiens ce n’est pas la solitude du cloître, mais le camp même des ennemis »… « Si le cloître existe, ce n’est pas pour la solitude mais pour une relation plus profonde avec Jésus et, par lui, avec lui et en lui, avec Dieu-Père et avec le monde. » « Actuellement, dans notre combat, il y va de la grâce qui coûte. La grâce à bon marché, c’est la grâce sans la croix. La grâce qui coûte, c’est l’Évangile qu’il faut toujours chercher à nouveau. Elle coûte parce qu’elle est, pour l’homme, au prix de la vie. »
+ Pierre Claverie
Évêque

Source: Lien n° 410 mars-avril 2018

Photos:S.Lidia

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