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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 13:40
Dimanche des Rameaux : Homélie de Benoît XVI ROME, Mardi 11 avril 2006 (ZENIT.org) -
Nous publions ci-dessous le texte intégral de l’homélie que le pape Benoît XVI a prononcée lors de la célébration du dimanche des Rameaux, place Saint-Pierre. * * *

Chers frères et sœurs, Depuis vingt ans, grâce au pape Jean-Paul II, le dimanche des Rameaux est devenu de façon particulière le jour de la jeunesse, le jour où les jeunes du monde entier vont à la rencontre du Christ, désirant l’accompagner dans leurs villes et leurs pays, afin qu’Il soit au milieu de nous et puisse établir sa paix dans le monde. Si nous voulons aller à la rencontre de Jésus et marcher avec Lui sur sa route, nous devons toutefois nous demander : sur quel chemin souhaite-t-il nous conduire ? Qu’attendons-nous de Lui ? Qu’attend-il de nous ? Pour comprendre ce qui s’est passé au cours du dimanche des Rameaux et savoir ce que cela signifie, pour cette époque, mais aussi pour n’importe quelle époque, il existe un détail important, qui devint également pour ses disciples la clé pour comprendre l’événement lorsque, après Pâques, ils reconsidérèrent avec un regard nouveau ces journées tumultueuses. Jésus entre dans la Ville Sainte à dos d’âne, l’âne étant l’animal des gens simples et ordinaires de la campagne, et qui plus est, sur un âne qui ne lui appartient pas, mais qu’II a emprunté pour l’occasion. Il n’arrive pas sur un magnifique char royal, ni à cheval comme les grands de ce monde, mais sur un âne emprunté. Jean nous raconte que, dans un premier temps, les disciples n’ont pas compris cela. Après Pâques seulement, ils se rendirent compte qu’en agissant ainsi, il accomplissait ce que les prophètes avaient annoncé, que son action dérivait de la Parole de Dieu et qu’elle la conduisait à son accomplissement. Ils se rappelèrent, dit Jean, que dans le prophète Zacharie, on lit : « Sois sans crainte, fille de Sion : voici que ton roi vient, monté sur un petit d’ânesse » (Jn 12,15, cf. Za 9, 9). Pour comprendre la signification de la prophétie et, ainsi, de l’action même de Jésus, nous devons écouter le texte de Zacharie en entier. Il se poursuit ainsi : « Il retranchera d’Ephraïm la charrerie et de Jérusalem les chevaux ; l’arc de guerre sera retranché. Il annoncera la paix aux nations. Son empire ira de la mer à la mer et du Fleuve aux extrémités de la terre » (9, 10). A travers ces paroles, le prophète fait trois affirmations sur le roi à venir. En premier lieu, il dit qu’il sera le roi des pauvres, un pauvre parmi les pauvres et pour les pauvres. La pauvreté doit être comprise dans ce cas dans le sens des anawim d’Israël, ces âmes croyantes et humbles que nous trouvons autour de Jésus - dans la perspective de la première Béatitude du Discours sur la Montagne. Une personne peut être matériellement pauvre, mais avoir le cœur rempli de convoitise de richesse matérielle et du pouvoir qui dérive de la richesse. Le fait précisément qu’elle vive dans l’envie et dans l’avidité prouve qu’au plus profond de son cœur, elle appartient au monde des riches. Elle souhaite renverser la répartition des biens, mais pour arriver à être elle-même dans la situation des riches d’avant. La pauvreté dans le sens où Jésus l’entend - et dans le sens des prophètes - suppose surtout la liberté intérieure par rapport à l’avidité de possession et la soif de pouvoir. Il s’agit d’une réalité plus grande qu’une simple répartition différente des biens, qui resterait toutefois dans le domaine matériel, en rendant même les cœurs plus durs. Il s’agit avant tout de la purification du cœur, grâce à laquelle on reconnaît la possession comme responsabilité, comme devoir envers les autres, en se plaçant sous le regard de Dieu et en se laissant guider par le Christ qui, étant riche, est devenu pauvre pour nous (cf. 2 Co 8, 9). La liberté intérieure est la condition nécessaire pour dépasser la corruption et l’avidité qui désormais dévastent le monde ; cette liberté ne peut être trouvée que si Dieu devient notre richesse ; elle ne peut être trouvée que dans la patience des sacrifices quotidiens, dans lesquels elle se développe comme une véritable liberté. Le dimanche des Rameaux, c’est Lui, le roi qui nous indique la voie vers cet objectif, Jésus, que nous acclamons ; nous Lui demandons de nous prendre avec lui sur son chemin. En second lieu, le prophète nous montre que ce roi sera un roi de paix : il fera disparaître les chars de guerre et les chevaux de bataille, il rompra les arcs et annoncera la paix. Dans la figure de Jésus, cela se concrétise à travers le signe de la Croix. Celle-ci représente l’arc brisé et d’une certaine façon le nouveau, véritable arc-en-ciel de Dieu, qui unit le ciel et la terre et jette un pont sur les abîmes et entre les continents. La nouvelle arme que Jésus dépose entre nos mains est la Croix, signe de réconciliation, de pardon, signe de l’amour qui est plus fort que la mort. Chaque fois que nous faisons le signe de la Croix, nous devons nous rappeler de ne pas opposer à l’injustice une autre injustice, à la violence une autre violence ; nous rappeler que nous ne pouvons vaincre le mal que par le bien et jamais en répondant au mal par le mal. La troisième affirmation du prophète est l’annonce anticipant l’universalité. Zacharie dit que le royaume du roi de la paix s’étend « d’une mer à l’autre... jusqu’aux extrémités de la terre ». L’antique promesse de la terre, fait à Abraham et aux Pères, est ici remplacée par une nouvelle vision : l’espace du roi messianique n’est plus un pays déterminé qui se séparerait ensuite des autres et qui prendrait donc également inévitablement position contre d’autres pays. Son pays est la terre, le monde entier. En franchissant chaque limite, dans la multiplicité des cultures, Il crée l’unité. En pénétrant du regard les nuées de l’histoire, qui séparaient le prophète de Jésus, nous voyons ici apparaître de loin dans la prophétie le réseau des communautés eucharistiques qui embrasse la terre, le monde entier - un réseau de communautés qui constituent le « Royaume de la paix » de Jésus s’étendant d’une mer à l’autre, jusqu’aux extrémités de la terre. Dans toutes les cultures et dans toutes les parties du monde, partout, dans les cabanes misérables et dans les campagnes pauvres, comme dans la splendeur des cathédrales, Il vient. Il est partout le même, l’Unique, et ainsi toutes les personnes rassemblées en prière, dans la communion avec Lui, sont également unies entre elles dans un unique corps. Le Christ domine en se faisant Lui-même notre pain et en se donnant à nous. C’est de cette façon qu’il construit son Royaume. Cette relation devient tout à fait claire dans l’autre parole vétérotestamentaire qui caractérise et explique la liturgie du dimanche des Rameaux et son climat particulier. La foule acclame Jésus : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » (Mc 11,9 ; Ps 117 [118], 25sq). Ces paroles font partie du rite de la fête des tentes, au cours de laquelle les fidèles avancent autour de l’autel, en tenant entre les mains des rameaux composés de branches de palmes, de myrtes et de saules. A présent, les gens élèvent ce cri avec les rameaux dans les mains devant Jésus, en qui ils voient Celui qui vient au nom du Seigneur : cette expression « Celui qui vient au nom du Seigneur », était en effet devenue depuis longtemps la façon de désigner le Messie. En Jésus, ils reconnaissent Celui qui vient vraiment au nom du Seigneur et apporte la présence de Dieu parmi eux. Ce cri d’espérance d’Israël, cette acclamation faite à Jésus lors de son entrée à Jérusalem, est devenue à juste titre dans l’Eglise l’acclamation à Celui qui, dans l’Eucharistie, vient à notre rencontre de manière nouvelle. Nous saluons avec le cri « Hosanna » Celui qui, de chair et de sang, a apporté la gloire de Dieu sur la terre. Nous saluons Celui qui est venu et qui toutefois demeure toujours Celui qui doit venir. Nous saluons Celui qui, dans l’Eucharistie, vient toujours à nouveau à nous, au nom du Seigneur, réunissant ainsi dans la paix de Dieu les extrémités de la terre. Cette expérience de l’universalité fait partie, de manière essentielle, de l’Eucharistie. En raison de la venue du Seigneur, nous sortons de nos particularismes exclusifs et nous entrons dans la grande communauté de tous ceux qui célèbrent ce saint sacrement. Nous entrons dans son royaume de paix et nous saluons également en Lui, d’une certaine manière, tous nos frères et sœurs, vers lesquels Il vient, pour devenir véritablement un royaume de paix au milieu de ce monde déchiré. Les trois caractéristiques annoncées par le prophète - pauvreté, paix, universalité - sont résumées dans le signe de la Croix. C’est pourquoi, à juste titre, la Croix est devenue le centre des Journées mondiales de la Jeunesse. Il y a eu un temps - qui n’est pas encore entièrement terminé - où l’on refusait le christianisme précisément à cause de la Croix. La Croix parle de sacrifice, disait-on, la Croix est le signe de la négation de la vie. Nous, en revanche, nous voulons la vie tout entière sans restrictions et sans renoncements. Nous voulons vivre, rien d’autre que vivre. Nous ne nous laissons pas limiter par des préceptes et des interdictions ; nous voulons la richesse et la plénitude - ainsi disait-on et dit-on encore. Tout cela nous apparaît convaincant et séduisant ; c’est le langage du serpent qui dit : « Ne vous laissez pas intimider ! Mangez tranquillement de tous les arbres du jardin ! ». Cependant, le dimanche des Rameaux nous dit que le véritable grand « oui » est précisément la Croix, que la Croix est précisément le véritable arbre de la vie. On ne trouve pas la vie en se l’appropriant, mais en la donnant. L’amour, c’est se donner soi-même, et c’est pourquoi le chemin de la vraie vie est symbolisé par la Croix. Aujourd’hui la Croix, qui a dernièrement été au centre de la Journée mondiale de la Jeunesse à Cologne, est remise à une délégation spéciale pour commencer son chemin vers Sydney, où en 2008, la jeunesse du monde entend se rassembler autour du Christ pour construire avec Lui le royaume de la paix. De Cologne à Sydney - un chemin à travers les continents et les cultures, un chemin à travers un monde déchiré et tourmenté par la violence ! Symboliquement, il est le chemin indiqué par le prophète, le chemin d’une mer à l’autre, du fleuve jusqu’aux extrémité de la terre. C’est le chemin de Celui qui, sous le signe de la Croix, nous donne la paix et nous fait devenir des porteurs de la réconciliation et de sa paix. Je remercie les jeunes qui porteront à présent sur les routes du monde, cette Croix, dans laquelle nous pouvons presque toucher le mystère de Jésus. Prions-le, afin qu’en même temps, Il nous touche et ouvre nos cœurs, afin qu’en suivant sa Croix, nous devenions des messagers de son amour et de sa paix. Amen.
© Copyright du texte original : Libreria Editrice Vaticana Traduction réalisée par Zenit
Rozważanie o Krzyżu na Niedzielę Palmową
Ks. Jacek Wawrzyniak SDS 2006-04-09
 
Iz 50,4-7; Flp 2, 6-11; Mk 14,1-15
 
 
„Krzyżu Chrystusa, bądźże pozdrowiony,
Krzyżu Chrystusa, bądźże pochwalony,
Z Ciebie moc płynie i męstwo,
W Tobie jest nasze zwycięstwo”.
 
Pewne podanie niesie, że jakiś pisarz chciał napisać książkę, która będzie miała jedną kartkę, jedno słowo. Długi czas nad tym myślał i stwierdził, że to niemożliwe. Ale to co było niemożliwe dla tego pisarza, stało się możliwe dla Chrystusa – to Krzyż!
W Krzyżu zawiera się wszystko: życie doczesne i wieczne, dzieje stworzenia i odkupienia, miłość Boga do ludzi i nasza odpowiedź.
 
Krzyż w czasach Chrystusa był symbolem hańby i odrzucenia. Na krzyżu umierali najgorsi zbrodniarze i przestępcy. I na takim haniebnym drzewie zgodził się umrzeć za nas Jezus. „Czy musiał tak straszną – haniebną –śmiercią umrzeć Pan, żeby zbawienie mi dać? Czy ja naprawdę więcej znaczę niż życie, że za mnie zmarł?” Widocznie tak. Bo sam o tym powiedział: „nikt nie ma większej miłości od tej, gdy ktoś życie swoje oddaje za przyjaciół swoich”. Od tego momentu – Krzyż stał się symbolem wiary, stał się znakiem miłości.
 
Chrześcijanie od samego początku czcili Krzyż Chrystusa. Umieszczali Krzyż tak jak my umieszczamy na grobach zmarłych. Nosimy go na naszych sercach. Stawiamy go na rozstajach dróg prosząc, aby podróżnym wskazywał drogę i ich prowadził. Krzyż wieszamy na ścianach naszych domów jako codzienne wyznanie wiary. Krzyż góruje na wieżach naszych kościołów, na szczytach gór, że wspomnę nasz Giewont, gdzie widoczny z daleka, jawi się jak znak wskazujący niebo. Tego znaku zaprzeć się nie możemy, bo jest naszą siłą i naszą wiarą w Chrystusa. Ten Krzyż umiłowało tak wielu świętych. O tym znaku wiary mówili w sposób prosty i piękny. I tak Założyciel Salwatorianów Ks. Franciszek od Krzyża Jordan powiedział, że
 
„Krzyż jest twoim życiem,
Krzyż jest twoim zbawieniem,
Krzyż jest twoja koroną,
Krzyż jest twoją chwała,
Krzyż jest twoją nadzieją,
Krzyż jest twoja tarczą,
Krzyż jest twoją obroną,
Krzyż jest twoim udziałem,
Krzyż jest twoją radością”.
 
A św. Augustyn powiedział, że: „Krzyż jest najpiękniejszą Księgą Bożej Mądrości”.
Z tym Chrystusowym Krzyżem jest związane nasze życie. Kiedy urodziła nas matka, to wraz z pierwszym pocałunkiem na czole uczyniła drżącą dłonią znak krzyża św. Potem wraz z chrzestnymi przynieśli nas rodzice do kościoła. Na spotkanie wyszedł nam kapłan i zanim przyprowadził nas do stóp ołtarza uczynił znak krzyża na naszym czole, a potem mówiąc: „ja ciebie chrzczę w imię Ojca i Syna i Ducha Świętego” polał nasza głowę wodą chrztu i uczynił to znakiem krzyża. Pierwszą rzeczą, jaka uczyła nas matka, był znak krzyża. Kiedy przyjmowaliśmy sakrament bierzmowania, biskup namaścił nasze czoło olejem i również uczynił znak krzyża na naszym czole. Gdy młodzi wychodzą z domu rodzinnego, by założyć swoją rodzinę, to klękają przed ojcem i matka, a oni błogosławią młodych ludzi znakiem krzyża. Również i my kapłani zanim podeszliśmy do ołtarza aby sprawować Najświętszą Ofiarę, klęknęliśmy przed ojcem i matka, a oni z drżącymi, spracowanymi dłońmi uczynili znak krzyża na naszym czole mówiąc: „idź synu i bądź dobrym i świętym kapłanem Chrystusa”. Kiedy życie nasze się skończy, to w włożą nas do trumny i nasze ręce włożą krzyż, a kiedy przykryją nas wiekiem trumny na niej także będzie krzyż. A gdy złoża nas do grobu postawią na nim krzyż, a przy nim nasze imię i nazwisko. Nasze życie jest więc zamknięte w znaku Krzyża. Czym więc jest krzyż w naszym życiu?
 
Kiedyś w „Tygodniku Powszechnym” opublikowano wypowiedzi ludzi przypadkowo spotkanych na ulicy na temat: dlaczego noszą krzyż i co on oznacza? Z tych wypowiedzi wynikało, że wielu nie wie, w czym istocie krzyż jest, jaki jest jego najgłębszy sens. Noszą go z przyzwyczajenia lub tradycji.
 
Jan Dobraczyński w książce „Nim ziemia powstała” opisuje, jak kiedyś podróżując przez Francję zatrzymał się w małym miasteczku w restauracji hotelowej zauważył, jak obsługujące go osoby: matka, córka i syn miały na szyi dużych rozmiarów ozdobny krzyżyk. Ponieważ była niedziela, zapytał podającą do stołu córkę, o której godzinie w miejscowym kościele są msze. Ta zrobiła zafrasowaną minę i poszła z tym pytaniem do brata, który odpowiedział: „skąd mogę wiedzieć, przecież nie chodzę do kościoła”. Z kolei dziewczyna zwróciła się do matki: ta przeglądnęła miejscową gazetę, ale nie znalazłszy informacji, wysłała córkę, by się dowiedziała. Przyniosła wiadomość, że msza będzie odprawiona o godz. 10.00… Krzyżyki na szyi były tylko ozdobą. A czym są w naszym życiu?
 
Krzyż jest najkrótszą i najwspanialszą księgą Ewangelii. Na nim dokonało się największe zwycięstwo życia nad śmiercią i największe dzieło zbawienia ludzkości. Obyśmy się w nauce krzyża rozmiłowali. Mówi Apostoł Paweł: „…Nauka o krzyżu dla tych którzy giną jest głupstwem, lecz dla tych, którzy dostępują zbawienia, to jest dla nas, jest mocą Bożą” (1 Kor 1,18).
 
Krzyż jest bowiem pojednaniem z Bogiem i samym sobą, pojednaniem i oczyszczeniem z grzechów. Jest mocą i siła w chwilach ciężkich… wśród pokus i niebezpieczeństw jedyna ostoja: jest pociechą w cierpieniach ratunkiem w godzinach rozpaczy i zwątpień, nadaje sens naszemu życiu i wytycza drogi naszym obowiązkom, jest otwarta księgą mądrości prawdziwej i rozwiązaniem zagadki istnienia ludzkiego, gdzie ludzka mądrość zawodzi, krzyż wyjaśnia wszystko. Krzyż nade wszystko jest źródłem nowego życia, Bożego życia w duszach tych, co w krzyż uwierzyli. Z krzyża zrodziło się nowe życie – życie łaski, Kościół, sakramenty święte. Chrystus przez Krzyż zwyciężył grzech, śmierć i szatana.
 
By Chrystus stał się rzeczywiście naszym życiem, by Jego łaska w nas zwyciężyła, trzeba wznieść krzyż Chrystusowy we własnej duszy. Wznieśliśmy go przy drogach, umieściliśmy na szczytach wież, błyszczący na naszych ołtarzach, oprawiliśmy go w złoto i drogie kamienie, nosimy na piersiach często się nim znaczymy. Słusznie, ale to jeszcze nie wystarczy, to wszystko będzie niczym, jeżeli prawa Krzyża Chrystusowego nie wprowadzimy w nasze życie, jeżeli mądrością krzyża nie zaczniemy się kierować szczerze i dogłębnie, jeżeli miłości krzyża nie pozwolimy działać w nas i władać nami bez reszty.
 
Dlatego zatrzymujemy się w naszych rozważaniach nad krzyżem, pochylamy się nad Jego tajemnicą, aby ją zrozumieć, aby ja pokochać.
Zwiędną kwiaty – pisze biskup Prohaszka – zbutwieją drzewa, ale tylko drzewo Krzyża Chrystusowego zachowa swą świeżość na wieki. Mina uczucia, krew zastygnie, wypali się młodzieńcza miłość, zgaśnie miłość rodzinna – jedno tylko uczucie płonąć będzie: miłość serca Zbawiciela, który pod krzyżem tulić będzie zawsze grzeszne dusze, utrudzone pielgrzymką życia, szukające u Niego ukojenia i zbawienia”.
Oto Krzyż – sztandar naszej wiary i nadzieja naszego zbawienia.
W Imię Ojca i Syna i Ducha Świętego. Amen
 
Ks. Jacek Wawrzyniak SDS

 

 

 


























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29 septembre 2008 1 29 /09 /septembre /2008 23:06

 

  au collège des Bernardins

 

 

Discours du pape Benoît XVI au collège des Bernardins à l'occasion de sa rencontre avec le monde de la culture

 

 

 

Paris, le vendredi 12 septembre
Source : Vatican

 

 

***

Discours de Benoît XVI

 

 

Monsieur le Cardinal,

Madame le Ministre de la Culture,

Monsieur le Maire,

Monsieur le Chancelier de l’Institut,

Chers amis,

Merci, Monsieur le Cardinal, pour vos aimables paroles. Nous nous trouvons dans un lieu historique, lieu édifié par les fils de saint Bernard de Clairvaux et que votre prédécesseur, le regretté Cardinal Jean-Marie Lustiger, a voulu comme un centre de dialogue de la Sagesse chrétienne avec les courants culturels intellectuels et artistiques de votre société. Je salue particulièrement Madame le Ministre de la Culture qui représente le gouvernement, ainsi que Messieurs Giscard d’Estaing et Chirac. J’adresse également mes salutations aux ministres présents, aux représentants de l’Unesco, à Monsieur le Maire de Paris et à toutes les autorités. Je ne veux pas oublier mes collègues de l’Institut de France qui savent ma considération et je désire remercier le Prince de Broglie de ses paroles cordiales. Nous nous reverrons demain matin. Je remercie les délégués de la communauté musulmane française d’avoir accepté de participer à cette rencontre ; je leur adresse mes vœux les meilleurs en ce temps du ramadan. Mes salutations chaleureuses vont maintenant tout naturellement vers l’ensemble du monde multiforme de la culture que vous représentez si dignement, chers invités.

J’aimerais vous parler ce soir des origines de la théologie occidentale et des racines de la culture européenne. J’ai mentionné en ouverture que le lieu où nous nous trouvons était emblématique. Il est lié à la culture monastique. De jeunes moines ont ici vécu pour s’initier profondément à leur vocation et pour bien vivre leur mission. Ce lieu évoque-t-il pour nous encore quelque chose ou n’y rencontrons-nous qu’un monde désormais révolu ? Pour pouvoir répondre, nous devons réfléchir un instant sur la nature même du monachisme occidental. De quoi s’agissait-il alors ? En considérant les fruits historiques du monachisme, nous pouvons dire qu’au cours de la grande fracture culturelle, provoquée par la migration des peuples et par la formation des nouveaux ordres étatiques, les monastères furent des espaces où survécurent les trésors de l’antique culture et où, en puisant à ces derniers, se forma petit à petit une culture nouvelle. Comment cela s’est-il passé ? Quelle était la motivation des personnes qui se réunissaient en ces lieux ? Quelles étaient leurs désirs ? Comment ont-elles vécu ?

Avant toute chose, il faut reconnaître avec beaucoup de réalisme que leur volonté n’était pas de créer une culture nouvelle ni de conserver une culture du passé. Leur motivation était beaucoup plus simple. Leur objectif était de chercher Dieu, quaerere Deum. Au milieu de la confusion de ces temps où rien ne semblait résister, les moines désiraient la chose la plus importante : s’appliquer à trouver ce qui a de la valeur et demeure toujours, trouver la Vie elle-même. Ils étaient à la recherche de Dieu. Des choses secondaires, ils voulaient passer aux réalités essentielles, à ce qui, seul, est vraiment important et sûr. On dit que leur être était tendu vers l’« eschatologie ». Mais cela ne doit pas être compris au sens chronologique du terme – comme s’ils vivaient les yeux tournés vers la fin du monde ou vers leur propre mort – mais au sens existentiel : derrière le provisoire, ils cherchaient le définitif. Quaerere Deum : comme ils étaient chrétiens, il ne s’agissait pas d’une aventure dans un désert sans chemin, d’une recherche dans l’obscurité absolue. Dieu lui-même a placé des bornes milliaires, mieux, il a aplani la voie, et leur tâche consistait à la trouver et à la suivre. Cette voie était sa Parole qui, dans les livres des Saintes Écritures, était offerte aux hommes. La recherche de Dieu requiert donc, intrinsèquement, une culture de la parole, ou, comme le disait Dom Jean Leclercq (1) : eschatologie et grammaire sont dans le monachisme occidental indissociables l’une de l’autre (cf. L’Amour des lettres et le désir de Dieu, p.14). Le désir de Dieu comprend l’amour des lettres, l’amour de la parole, son exploration dans toutes ses dimensions. Puisque dans la parole biblique Dieu est en chemin vers nous et nous vers Lui, ils devaient apprendre à pénétrer le secret de la langue, à la comprendre dans sa structure et dans ses usages. Ainsi, en raison même de la recherche de Dieu, les sciences profanes, qui nous indiquent les chemins vers la langue, devenaient importantes. La bibliothèque faisait, à ce titre, partie intégrante du monastère tout comme l’école. Ces deux lieux ouvraient concrètement un chemin vers la parole. Saint Benoît appelle le monastère une dominici servitii schola, une école du service du Seigneur. L’école et la bibliothèque assuraient la formation de la raison et l’eruditio, sur la base de laquelle l’homme apprend à percevoir, au milieu des paroles, la Parole.

Pour avoir une vision d’ensemble de cette culture de la parole liée à la recherche de Dieu, nous devons faire un pas supplémentaire. La Parole qui ouvre le chemin de la recherche de Dieu et qui est elle-même ce chemin est une Parole qui donne naissance à une communauté. Elle remue certes jusqu’au fond d’elle-même chaque personne en particulier (cf. Ac 2, 37). Grégoire le Grand décrit cela comme une douleur forte et inattendue qui secoue notre âme somnolente et nous réveille pour nous rendre attentifs à Dieu (cf. Leclercq, ibid., p. 35). Mais elle nous rend aussi attentifs les uns aux autres. La Parole ne conduit pas uniquement sur la voie d’une mystique individuelle, mais elle nous introduit dans la communauté de tous ceux qui cheminent dans la foi. C’est pourquoi il faut non seulement réfléchir sur la Parole, mais également la lire de façon juste. Tout comme à l’école rabbinique, chez les moines, la lecture accomplie par l’un d’eux est également un acte corporel. « Le plus souvent, quand legere et lectio sont employés sans spécification, ils désignent une activité qui, comme le chant et l’écriture, occupe tout le corps et tout l’esprit », dit à ce propos Dom Leclercq (ibid., p. 21).

Il y a encore un autre pas à faire. La Parole de Dieu elle-même nous introduit dans un dialogue avec Lui. Le Dieu qui parle dans la Bible nous enseigne comment nous pouvons Lui parler. En particulier, dans le Livre des Psaumes, il nous donne les mots avec lesquels nous pouvons nous adresser à Lui. Dans ce dialogue, nous Lui présentons notre vie, avec ses hauts et ses bas, et nous la transformons en un mouvement vers Lui. Les Psaumes contiennent en plusieurs endroits des instructions sur la façon dont ils doivent être chantés et accompagnés par des instruments musicaux. Pour prier sur la base de la Parole de Dieu, la seule labialisation ne suffit pas, la musique est nécessaire. Deux chants de la liturgie chrétienne dérivent de textes bibliques qui les placent sur les lèvres des Anges : le Gloria qui est chanté une première fois par les Anges à la naissance de Jésus, et le Sanctus qui, selon Isaïe 6, est l’acclamation des Séraphins qui se tiennent dans la proximité immédiate de Dieu. Sous ce jour, la Liturgie chrétienne est une invitation à chanter avec les anges et à donner à la parole sa plus haute fonction. À ce sujet, écoutons encore une fois Jean Leclercq : « Les moines devaient trouver des accents qui traduisent le consentement de l’homme racheté aux mystères qu’il célèbre : les quelques chapiteaux de Cluny qui nous aient été conservés montrent les symboles christologiques des divers tons du chant » (cf. ibid., p. 229).

Pour saint Benoît, la règle déterminante de la prière et du chant des moines est la parole du Psaume : Coram angelis psallam Tibi, Domine – en présence des anges, je veux te chanter, Seigneur (cf. 138, 1). Se trouve ici exprimée la conscience de chanter, dans la prière communautaire, en présence de toute la cour céleste, et donc d’être soumis à la mesure suprême : prier et chanter pour s’unir à la musique des esprits sublimes qui étaient considérés comme les auteurs de l’harmonie du cosmos, de la musique des sphères. Les moines, par leurs prières et leurs chants, doivent correspondre à la grandeur de la Parole qui leur est confiée, à son impératif de réelle beauté. De cette exigence capitale de parler avec Dieu et de Le chanter avec les mots qu’Il a Lui-même donnés est née la grande musique occidentale. Ce n’était pas là l’œuvre d’une « créativité » personnelle où l’individu, prenant comme critère essentiel la représentation de son propre moi, s’érige un monument à lui-même. Il s’agissait plutôt de reconnaître attentivement avec les « oreilles du cœur » les lois constitutives de l’harmonie musicale de la création, les formes essentielles de la musique émise par le Créateur dans le monde et en l’homme, et d’inventer une musique digne de Dieu qui soit, en même temps, authentiquement digne de l’homme et qui proclame hautement cette dignité.

Enfin, pour s’efforcer de saisir cette culture monastique occidentale de la parole, qui s’est développée à partir de la quête intérieure de Dieu, il faut au moins faire une brève allusion à la particularité du Livre ou des Livres par lesquels cette Parole est parvenue jusqu’aux moines. Vue sous un aspect purement historique ou littéraire, la Bible n’est pas un simple livre, mais un recueil de textes littéraires dont la rédaction s’étend sur plus d’un millénaire et dont les différents livres ne sont pas facilement repérables comme constituant un corpus unifié. Au contraire, des tensions visibles existent entre eux. C’est déjà le cas dans la Bible d’Israël, que nous, chrétiens, appelons l’Ancien Testament. Ça l’est plus encore quand nous, chrétiens, lions le Nouveau Testament et ses écrits à la Bible d’Israël en l’interprétant comme chemin vers le Christ. Avec raison, dans le Nouveau Testament, la Bible n’est pas de façon habituelle appelée « l’Écriture » mais « les Écritures » qui, cependant, seront ensuite considérées dans leur ensemble comme l’unique Parole de Dieu qui nous est adressée. Ce pluriel souligne déjà clairement que la Parole de Dieu nous parvient seulement à travers la parole humaine, à travers des paroles humaines, c’est-à-dire que Dieu nous parle seulement dans l’humanité des hommes, et à travers leurs paroles et leur histoire. Cela signifie, ensuite, que l’aspect divin de la Parole et des paroles n’est pas immédiatement perceptible. Pour le dire de façon moderne : l’unité des livres bibliques et le caractère divin de leurs paroles ne sont pas saisissables d’un point de vue purement historique. L’élément historique se présente dans le multiple et l’humain. Ce qui explique la formulation d’un distique médiéval qui, à première vue, apparaît déconcertant : Littera gesta docet – quid credas allegoria… (cf. Augustin de Dacie, Rotulus pugillaris, I). La lettre enseigne les faits ; l’allégorie ce qu’il faut croire, c’est-à-dire l’interprétation christologique et pneumatique.

Nous pouvons exprimer tout cela d’une manière plus simple : l’Écriture a besoin de l’interprétation, et elle a besoin de la communauté où elle s’est formée et où elle est vécue. En elle seulement, elle a son unité et, en elle, se révèle le sens qui unifie le tout. Dit sous une autre forme : il existe des dimensions du sens de la Parole et des paroles qui se découvrent uniquement dans la communion vécue de cette Parole qui crée l’histoire. À travers la perception croissante de la pluralité de ses sens, la Parole n’est pas dévalorisée, mais elle apparaît, au contraire, dans toute sa grandeur et sa dignité. C’est pourquoi le Catéchisme de l’Église catholique peut affirmer avec raison que le christianisme n’est pas au sens classique seulement une religion du livre (cf. n. 108). Le christianisme perçoit dans les paroles la Parole, le Logos lui-même, qui déploie son mystère à travers cette multiplicité. Cette structure particulière de la Bible est un défi toujours nouveau posé à chaque génération. Selon sa nature, elle exclut tout ce qu’on appelle aujourd’hui « fondamentalisme ». La Parole de Dieu, en effet, n’est jamais simplement présente dans la seule littéralité du texte. Pour l’atteindre, il faut un dépassement et un processus de compréhension qui se laisse guider par le mouvement intérieur de l’ensemble des textes et, à partir de là, doit devenir également un processus vital. Ce n’est que dans l’unité dynamique de leur ensemble que les nombreux livres ne forment qu’un Livre. La Parole de Dieu et Son action dans le monde se révèlent dans la parole et dans l’histoire humaines.

Le caractère crucial de ce thème est éclairé par les écrits de saint Paul. Il a exprimé de manière radicale ce que signifient le dépassement de la lettre et sa compréhension holistique, dans la phrase : « La lettre tue, mais l’Esprit donne la vie » (2 Co 3, 6). Et encore : « Là où est l’Esprit…, là est la liberté » (2 Co 3, 17). Toutefois, la grandeur et l’ampleur de cette perception de la Parole biblique ne peut se comprendre que si l’on écoute saint Paul jusqu’au bout, en apprenant que cet Esprit libérateur a un nom et que, de ce fait, la liberté a une mesure intérieure : « Le Seigneur, c’est l’Esprit, et là où l’Esprit du Seigneur est présent, là est la liberté » (2 Co 3, 17). L’Esprit qui rend libre ne se laisse pas réduire à l’idée ou à la vision personnelle de celui qui interprète. L’Esprit est Christ, et le Christ est le Seigneur qui nous montre le chemin. Avec cette parole sur l’Esprit et sur la liberté, un vaste horizon s’ouvre, mais en même temps, une limite claire est mise à l’arbitraire et à la subjectivité, limite qui oblige fortement l’individu tout comme la communauté et noue un lien supérieur à celui de la lettre du texte : le lien de l’intelligence et de l’amour. Cette tension entre le lien et la liberté, qui va bien au-delà du problème littéraire de l’interprétation de l’Écriture, a déterminé aussi la pensée et l’œuvre du monachisme et a profondément modelé la culture occidentale. Cette tension se présente à nouveau à notre génération comme un défi face aux deux pôles que sont, d’un côté, l’arbitraire subjectif, de l’autre, le fanatisme fondamentaliste. Si la culture européenne d’aujourd’hui comprenait désormais la liberté comme l’absence totale de liens, cela serait fatal et favoriserait inévitablement le fanatisme et l’arbitraire. L’absence de liens et l’arbitraire ne sont pas la liberté, mais sa destruction.

En considérant « l’école du service du Seigneur » – comme Benoît appelait le monachisme –, nous avons jusque-là porté notre attention prioritairement sur son orientation vers la parole, vers l’« ora ». Et, de fait, c’est à partir de là que se détermine l’ensemble de la vie monastique. Mais notre réflexion resterait incomplète si nous ne fixions pas aussi notre regard, au moins brièvement, sur la deuxième composante du monachisme, désignée par le terme « labora ». Dans le monde grec, le travail physique était considéré comme l’œuvre des esclaves. Le sage, l’homme vraiment libre, se consacrait uniquement aux choses de l’esprit ; il abandonnait le travail physique, considéré comme une réalité inférieure, à ces hommes qui n’étaient pas supposés atteindre cette existence supérieure, celle de l’esprit. La tradition juive était très différente : tous les grands rabbins exerçaient parallèlement un métier artisanal. Paul, comme rabbi puis comme héraut de l’Évangile aux Gentils, était un fabricant de tentes et il gagnait sa vie par le travail de ses mains. Il n’était pas une exception, mais il se situait dans la tradition commune du rabbinisme. Le monachisme chrétien a accueilli cette tradition : le travail manuel en est un élément constitutif. Dans sa Regula, Benoît ne parle pas au sens strict de l’école, même si l’enseignement et l’apprentissage – comme nous l’avons vu – étaient acquis dans les faits ; en revanche, il parle explicitement du travail (cf. chap. 48). Augustin avait fait de même en consacrant au travail des moines un livre particulier. Les chrétiens, s’inscrivant dans la tradition pratiquée depuis longtemps par le judaïsme, devaient, en outre, se sentir interpellés par la parole de Jésus dans l’Évangile de Jean, où il défendait son action le jour du shabbat : « Mon Père (…) est toujours à l’œuvre, et moi aussi je suis à l’œuvre » (5, 17). Le monde gréco-romain ne connaissait aucun Dieu Créateur. La divinité suprême selon leur vision ne pouvait pas, pour ainsi dire, se salir les mains par la création de la matière. L’« ordonnancement » du monde était le fait du démiurge, une divinité subordonnée. Le Dieu de la Bible est bien différent : Lui, l’Un, le Dieu vivant et vrai, est également le Créateur. Dieu travaille, Il continue d’œuvrer dans et sur l’histoire des hommes. Et dans le Christ, Il entre comme Personne dans l’enfantement laborieux de l’histoire. « Mon Père est toujours à l’œuvre et moi aussi je suis à l’œuvre. » Dieu Lui-même est le Créateur du monde, et la création n’est pas encore achevée. Dieu travaille ! C’est ainsi que le travail des hommes devait apparaître comme une expression particulière de leur ressemblance avec Dieu qui rend l’homme participant à l’œuvre créatrice de Dieu dans le monde. Sans cette culture du travail qui, avec la culture de la parole, constitue le monachisme, le développement de l’Europe, son ethos et sa conception du monde sont impensables. L’originalité de cet ethos devrait cependant faire comprendre que le travail et la détermination de l’histoire par l’homme sont une collaboration avec le Créateur, qui ont en Lui leur mesure. Là où cette mesure vient à manquer et là où l’homme s’élève lui-même au rang de créateur déiforme, la transformation du monde peut facilement aboutir à sa destruction.

Nous sommes partis de l’observation que, dans l’effondrement de l’ordre ancien et des antiques certitudes, l’attitude de fond des moines était le quaerere Deum – se mettre à la recherche de Dieu. C’est là, pourrions-nous dire, l’attitude vraiment philosophique : regarder au-delà des réalités pénultièmes et se mettre à la recherche des réalités ultimes qui sont vraies. Celui qui devenait moine s’engageait sur un chemin élevé et long, il était néanmoins déjà en possession de la direction : la Parole de la Bible dans laquelle il écoutait Dieu parler. Dès lors, il devait s’efforcer de Le comprendre pour pouvoir aller à Lui. Ainsi, le cheminement des moines, tout en restant impossible à évaluer dans sa progression, s’effectuait au cœur de la Parole reçue. La quête des moines comprend déjà en soi, dans une certaine mesure, sa résolution. Pour que cette recherche soit possible, il est nécessaire qu’il existe dans un premier temps un mouvement intérieur qui suscite non seulement la volonté de chercher, mais qui rende aussi crédible le fait que dans cette Parole se trouve un chemin de vie, un chemin de vie sur lequel Dieu va à la rencontre de l’homme pour lui permettre de venir à Sa rencontre. En d’autres termes, l’annonce de la Parole est nécessaire. Elle s’adresse à l’homme et forge en lui une conviction qui peut devenir vie. Afin que s’ouvre un chemin au cœur de la parole biblique en tant que Parole de Dieu, cette même Parole doit d’abord être annoncée ouvertement. L’expression classique de la nécessité pour la foi chrétienne de se rendre communicable aux autres se résume dans une phrase de la Première Lettre de Pierre, que la théologie médiévale regardait comme le fondement biblique du travail des théologiens : « Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte (logos) de l’espérance qui est en vous » (3, 15). (Logos doit devenir apo-logie, la Parole doit devenir réponse). De fait, les chrétiens de l’Église naissante ne considéraient pas leur annonce missionnaire comme une propagande qui devait servir à augmenter l’importance de leur groupe, mais comme une nécessité intrinsèque qui dérivait de la nature de leur foi. Le Dieu en qui ils croyaient était le Dieu de tous, le Dieu Un et Vrai qui s’était fait connaître au cours de l’histoire d’Israël et, finalement, à travers son Fils, apportant ainsi la réponse qui concernait tous les hommes et que, au plus profond d’eux-mêmes, tous attendent. L’universalité de Dieu et l’universalité de la raison ouverte à Lui constituaient pour eux la motivation et, à la fois, le devoir de l’annonce. Pour eux, la foi ne dépendait pas des habitudes culturelles, qui sont diverses selon les peuples, mais relevait du domaine de la vérité qui concerne, de manière égale, tous les hommes.

Le schéma fondamental de l’annonce chrétienne ad extra – aux hommes qui, par leurs questionnements, sont en recherche – se dessine dans le discours de saint Paul à l’Aréopage. N’oublions pas qu’à cette époque, l’Aréopage n’était pas une sorte d’académie où les esprits les plus savants se rencontraient pour discuter sur les sujets les plus élevés, mais un tribunal qui était compétent en matière de religion et qui devait s’opposer à l’intrusion de religions étrangères. C’est précisément ce dont on accuse Paul : « On dirait un prêcheur de divinités étrangères » (Ac 17, 18). Ce à quoi Paul réplique : « J’ai trouvé chez vous un autel portant cette inscription : “Au dieu inconnu”. Or, ce que vous vénérez sans le connaître, je viens vous l’annoncer » (cf. 17, 23). Paul n’annonce pas des dieux inconnus. Il annonce Celui que les hommes ignorent et pourtant connaissent : l’Inconnu-Connu. C’est Celui qu’ils cherchent, et dont, au fond, ils ont connaissance et qui est cependant l’Inconnu et l’Inconnaissable. Au plus profond, la pensée et le sentiment humains savent de quelque manière que Dieu doit exister et qu’à l’origine de toutes choses, il doit y avoir non pas l’irrationalité, mais la Raison créatrice, non pas le hasard aveugle, mais la liberté. Toutefois, bien que tous les hommes le sachent d’une certaine façon – comme Paul le souligne dans la Lettre aux Romains (1, 21) – cette connaissance demeure ambiguë : un Dieu seulement pensé et élaboré par l’esprit humain n’est pas le vrai Dieu. Si Lui ne se montre pas, quoi que nous fassions, nous ne parvenons pas pleinement jusqu’à Lui. La nouveauté de l’annonce chrétienne c’est la possibilité de dire maintenant à tous les peuples : Il s’est montré, Lui personnellement. Et à présent, le chemin qui mène à Lui est ouvert. La nouveauté de l’annonce chrétienne réside en un fait : Dieu s’est révélé. Ce n’est pas un fait nu mais un fait qui, lui-même, est Logos – présence de la Raison éternelle dans notre chair. Verbum caro factum est (Jn 1, 14) : il en est vraiment ainsi en réalité, à présent, le Logos est là, le Logos est présent au milieu de nous. C’est un fait rationnel. Cependant, l’humilité de la raison sera toujours nécessaire pour pouvoir l’accueillir. Il faut l’humilité de l’homme pour répondre à l’humilité de Dieu.

Sous de nombreux aspects, la situation actuelle est différente de celle que Paul a rencontrée à Athènes, mais, tout en étant différente, elle est aussi, en de nombreux points, très analogue. Nos villes ne sont plus remplies d’autels et d’images représentant de multiples divinités. Pour beaucoup, Dieu est vraiment devenu le grand Inconnu. Malgré tout, comme jadis où derrière les nombreuses représentations des dieux était cachée et présente la question du Dieu inconnu, de même, aujourd’hui, l’actuelle absence de Dieu est aussi tacitement hantée par la question qui Le concerne. Quaerere Deum – chercher Dieu et se laisser trouver par Lui : cela n’est pas moins nécessaire aujourd’hui que par le passé. Une culture purement positiviste, qui renverrait dans le domaine subjectif, comme non scientifique, la question concernant Dieu, serait la capitulation de la raison, le renoncement à ses possibilités les plus élevées et donc un échec de l’humanisme, dont les conséquences ne pourraient être que graves. Ce qui a fondé la culture de l’Europe, la recherche de Dieu et la disponibilité à L’écouter, demeure aujourd’hui encore le fondement de toute culture véritable.

Merci beaucoup.

 

Discours  de Benoît XVI  aux Vêpres de Notre-Dame de Paris avec le clergé et les consacrés

 

 

Paris, le vendredi 12 septembre 2008
Source : Vatican

 

 

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Discours de Benoît XVI

 

 

Chers Frères Cardinaux et Évêques,

Messieurs les Chanoines du Chapitre,

Messieurs les Chapelains de Notre-Dame,

Chers prêtres et diacres,

Chers amis membres des Églises et Communautés ecclésiales non catholiques,

Chers frères et sœurs !

Béni soit Dieu qui nous permet de nous retrouver en un lieu si cher au cœur des Parisiens, mais aussi de tous les Français ! Béni soit Dieu qui nous donne la grâce de Lui faire l’hommage de notre prière vespérale pour Lui rendre la louange qu’Il mérite avec les paroles que la liturgie de l’Église a héritées de la liturgie synagogale pratiquée par le Christ et par ses premiers disciples ! Oui, béni soit Dieu de venir ainsi à notre aide – in adiutorium nostrum – pour nous aider à faire monter vers Lui l’offrande du sacrifice de nos lèvres !

Nous voici dans l’église mère du diocèse de Paris, la cathédrale Notre-Dame, qui se dresse au cœur de la cité comme un signe vivant de la présence de Dieu au milieu des hommes. Mon prédécesseur Alexandre III en posa la première pierre, les Papes Pie VII et Jean-Paul II l’honorèrent de leur visite, et je suis heureux de m’inscrire à leur suite, après y être venu voici un quart de siècle pour y prononcer une conférence sur la catéchèse. Il est difficile de ne pas rendre grâce à Celui qui a créé la matière aussi bien que l’esprit, pour la beauté de l’édifice qui nous reçoit. Les chrétiens de Lutèce avaient déjà construit une cathédrale dédiée à saint Étienne, premier martyr, mais, devenue trop exiguë, elle fut remplacée progressivement, entre le XIIe et le XIVe siècle, par celle que nous admirons de nos jours. La foi du Moyen Âge a bâti les cathédrales, et vos ancêtres sont venus ici pour louer Dieu, lui confier leurs espérances et lui dire leur amour. De grands événements religieux et civils se sont déroulés dans ce sanctuaire où les architectes, les peintres, les sculpteurs et les musiciens ont donné le meilleur d’eux-mêmes. Qu’il suffise de rappeler, parmi bien d’autres, les noms de l’architecte Jean de Chelles, du peintre Charles Le Brun, du sculpteur Nicolas Coustou et des organistes Louis Vierne et Pierre Cochereau. L’art, chemin vers Dieu, et la prière chorale, louange de l’Église au Créateur, ont aidé Paul Claudel, venu assister aux vêpres du jour de Noël 1886, à trouver le chemin vers une expérience personnelle de Dieu. Il est significatif que Dieu ait illuminé son âme précisément pendant le chant du Magnificat, dans lequel l’Église écoute le cantique de la Vierge Marie, sainte Patronne de ces lieux, qui rappelle au monde que le Tout-Puissant a exalté les humbles (cf. Lc 1, 52). Théâtre de conversions moins connues, mais non moins réelles, chaire où des prédicateurs de l’Évangile, comme les Pères Lacordaire, Monsabré et Samson, ont su transmettre la flamme de leur passion aux auditoires les plus variés, la cathédrale Notre-Dame demeure à juste titre l’un des monuments les plus célèbres du patrimoine de votre pays. Les reliques de la Vraie Croix et de la Couronne d’épines, que je viens de vénérer, comme on le fait depuis saint Louis, y ont trouvé aujourd’hui un écrin digne d’elles, qui constitue l’offrande de l’esprit des hommes à l’Amour créateur.

Témoin (…) de l’échange incessant que Dieu a voulu établir entre les hommes et Lui, la Parole vient de retentir sous les voûtes historiques de cette cathédrale pour être la matière de notre sacrifice du soir, souligné par l’offrande de l’encens qui rend visible notre louange à Dieu. Providentiellement, les paroles du psalmiste décrivent l’émotion de notre âme avec une justesse que nous n’aurions osé imaginer : « Quelle joie quand on m’a dit : nous irons dans la maison du Seigneur ! » (Ps 121, 1.) Laetatus sum in his quae dicta sunt mihi : la joie du psalmiste, enclose dans les paroles mêmes du psaume, se répand dans nos cœurs et y suscite un profond écho. Notre joie est bien d’aller dans la maison du Seigneur, car, les Pères nous l’ont enseigné, cette maison n’est autre que le symbole concret de la Jérusalem d’en haut, celle qui descend vers nous (cf. Ap 21, 2) pour nous offrir la plus belle des demeures. « Si nous y séjournons, écrit saint Hilaire de Poitiers, nous sommes concitoyens des saints et membres de la famille de Dieu, car c’est la maison de Dieu » (traité sur le Psaume 121, 2). Et saint Augustin renchérit : « Ce psaume aspire à la Jérusalem céleste… C’est un cantique des degrés, qui ne sont pas faits pour descendre, mais pour monter… Dans notre exil, nous soupirons, mais nous rencontrons parfois des compagnons qui ont vu la cité sainte et qui nous invitent à y courir » (Enarratio sur le Psaume 121, 2). Chers amis, au cours de ces vêpres , nous rejoignons par la pensée et dans la prière les innombrables voix de ceux et de celles qui ont chanté ce psaume, ici même, avant nous, depuis des siècles et des siècles. Nous rejoignons ces pèlerins qui montaient vers Jérusalem et vers les degrés de son Temple, nous rejoignons les milliers d’hommes et de femmes qui ont compris que leur pèlerinage sur la terre trouverait son terme au ciel, dans la Jérusalem éternelle, et qui ont fait confiance au Christ pour les y mener. Quelle joie, en effet, de nous savoir invisiblement entourés par une telle foule de témoins !

Notre marche vers la cité sainte ne serait pas possible si elle ne se faisait en Église, germe et préfiguration de la Jérusalem d’en haut. « Si le Seigneur ne bâtit la maison, les bâtisseurs travaillent en vain » (Ps 126, 1). Qui est ce Seigneur, sinon Notre Seigneur Jésus Christ. C’est Lui qui a fondé son Église, qui l’a bâtie sur le roc, sur la foi de l’Apôtre Pierre. Comme le dit encore saint Augustin, « c’est Jésus Christ, Lui-même, Notre Seigneur, qui construit son temple. Beaucoup se fatiguent à bâtir, mais si le Seigneur n’en construit un, c’est en vain que travaillent ceux qui construisent » (Traité sur le Psaume 126, 2). Or, chers amis, Augustin se pose la question de savoir quels sont ces travailleurs ; et il répond lui-même : « Ceux qui prêchent dans l’Église la parole de Dieu, qui administrent les sacrements. Nous courons tous maintenant, nous travaillons tous, nous édifions tous », mais c’est Dieu seul qui, en nous, « édifie, qui avertit, qui ouvre l’intelligence, qui applique notre esprit aux vérités de la foi » (ibid.). Quelle merveille revêt notre action au service de la Parole divine ! Nous sommes les instruments de l’Esprit ; Dieu a l’humilité de passer par nous pour répandre sa Parole. Nous devenons sa voix, après avoir tendu l’oreille vers sa bouche. Nous mettons sa Parole sur nos lèvres pour la donner au monde. L’offrande de notre prière est agréé par Lui et Lui sert pour se communiquer à tous ceux que nous rencontrons. En vérité, comme Paul le dit aux Éphésiens, « Il nous a comblés de sa bénédiction spirituelle en Jésus Christ » (1, 3), puisqu’il nous a choisis pour être ses témoins jusqu’aux extrémités de la terre et qu’il nous a élus dès avant notre conception, par un don mystérieux de sa grâce.

Le Verbe, Sa Parole, qui depuis toujours était auprès de Lui (cf. Jn 1, 1), est né d’une Femme, est né sujet de la Loi, « pour racheter ceux qui étaient sujets de la Loi et pour faire de nous des fils » (Ga 4, 4-5). Dieu a pris chair dans le sein d’une Femme, d’une Vierge. Votre cathédrale est une vivante hymne de pierre et de lumière à la louange de cet acte unique de l’histoire de l’humanité : la Parole éternelle de Dieu entrant dans l’histoire des hommes à la plénitude des temps pour les racheter par l’offrande de lui-même dans le sacrifice de la Croix. Nos liturgies de la terre, tout entières ordonnées à la célébration de cet Acte unique de l’histoire, ne parviendront jamais à en exprimer totalement l’infinie densité. La beauté des rites ne sera, certes, jamais assez recherchée, assez soignée, assez travaillée, puisque rien n’est trop beau pour Dieu, qui est la Beauté infinie. (…) Nos liturgies de la terre ne pourront jamais être qu’un pâle reflet de la liturgie céleste, qui se célèbre dans la Jérusalem d’en haut, objet du terme de notre pèlerinage sur terre. Puissent, pourtant, nos célébrations s’en approcher le plus possible et la faire pressentir !

Dès maintenant, la Parole de Dieu nous est donnée pour être l’âme de notre apostolat, l’âme de notre vie de prêtres. Chaque matin, la Parole nous réveille. Chaque matin, le Seigneur Lui-même nous « ouvre l’oreille » (Is 50, 5) par les psaumes de l’Office des lectures et des Laudes. Tout au long de la journée, la Parole de Dieu devient la matière de la prière de l’Église tout entière, qui veut ainsi témoigner de sa fidélité au Christ. Selon la célèbre formule de saint Jérôme, qui sera reprise au cours de la XIIe Assemblée du Synode des Évêques, au mois d’octobre prochain : « Ignorer les Écritures, c’est ignorer le Christ » (Prologue du commentaire d’Isaïe). Chers frères prêtres, n’ayez pas peur de consacrer beaucoup de temps à la lecture, à la méditation de l’Écriture et à la prière de l’Office Divin ! Presque à votre insu la Parole lue et méditée en Église agit sur vous et vous transforme. Comme manifestation de la Sagesse de Dieu, si elle devient la « compagne » de votre vie, elle sera votre « conseillère pour le bien », votre « réconfort dans les soucis et dans la tristesse » (Sg 8, 9).

« La Parole de Dieu est vivante, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants », comme l’écrit l’auteur de la Lettre aux Hébreux (He 4, 12). À vous, chers séminaristes, qui vous préparez à recevoir le sacrement de l’Ordre, afin de participer à la triple charge d’enseigner, de gouverner et de sanctifier, cette Parole est remise comme un bien précieux. Grâce à elle, que vous méditez quotidiennement, vous entrez dans la vie même du Christ que vous serez appelés à répandre autour de vous. Par sa parole, le Seigneur Jésus a institué le Saint Sacrement de son Corps et de son Sang ; par sa parole, il a guéri les malades, chassé les démons, pardonné les péchés ; par sa parole, il a révélé aux hommes les mystères cachés du Royaume. Vous êtes destinés à devenir dépositaires de cette Parole efficace, qui fait ce qu’elle dit. Entretenez toujours en vous le goût de la Parole de Dieu ! Apprenez, grâce à elle, à aimer tous ceux qui seront placés sur votre route. Personne n’est de trop dans l’Église, personne ! Tout le monde peut et doit y trouver sa place.

Et vous, chers diacres, qui êtes d’efficaces collaborateurs des Évêques et des prêtres, continuez à aimer la Parole de Dieu : vous proclamez l’Évangile au cœur de la célébration eucharistique ; vous le commentez dans la catéchèse pour vos frères et vos sœurs : mettez-le au centre de votre vie, de votre service du prochain, de votre diaconie tout entière. Sans chercher à remplacer les prêtres, mais en les aidant avec amitié et efficacité, soyez de vivants témoins de la puissance infinie de la Parole divine !

À un titre particulier, les religieux, les religieuses et toutes les personnes consacrées vivent de la Sagesse de Dieu, exprimée par sa Parole. La profession des conseils évangéliques vous a configurés, chers consacrés, à Celui qui, pour nous, s’est fait pauvre, obéissant et chaste. Votre seule richesse – la seule, à dire vrai, qui franchira les siècles et le rideau de la mort –, c’est bien la Parole du Seigneur. C’est Lui qui a dit : « Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront jamais » (Mt 24, 35). Votre obéissance est, étymologiquement, une écoute, puisque le mot « obéir » vient du latin obaudire, qui signifie tendre l’oreille vers quelque chose ou quelqu’un. En obéissant, vous tournez votre âme vers Celui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie (cf. Jn 14, 6) et qui vous dit, comme Benoît l’enseignait à ses moines : « Écoute, mon fils, les instructions du maître et prête l’oreille de ton cœur » (Prologue de la Règle de saint Benoît). Enfin, vous vous laissez purifier chaque jour par Celui qui nous a dit : « Tout sarment qui donne du fruit, mon Père le nettoie, pour qu’il en donne davantage » (Jn 15, 2). La pureté de la Parole divine est le modèle de votre propre chasteté ; elle en garantit la fécondité spirituelle.

Avec une confiance indéfectible en la puissance de Dieu qui nous a sauvés « en espérance » (cf. Rm 8, 24) et qui veut faire de nous un seul troupeau sous la houlette d’un seul pasteur, le Christ Jésus, je prie pour l’unité de l’Église. Je salue à nouveau avec respect et affection les représentants des Églises chrétiennes et des communautés ecclésiales, venus prier fraternellement les Vêpres avec nous dans cette cathédrale. La puissance de la Parole de Dieu est telle que nous pouvons tous lui être confiés, comme le fit jadis saint Paul, notre intercesseur privilégié en cette année. Prenant congé à Milet des anciens de la ville d’Éphèse, il n’hésitait pas à les confier « à Dieu et à son message de grâce » (Ac 20, 32), tout en les mettant en garde contre toute forme de division. C’est le sens de cette unité de la Parole de Dieu, signe, gage et garante de l’unité de l’Église, que je demande ardemment au Seigneur de faire grandir en nous : pas d’amour dans l’Église sans amour de la Parole, pas d’Église sans unité autour du Christ rédempteur, pas de fruits de la rédemption sans amour de Dieu et du prochain, selon les deux commandements qui résument toute l’Écriture sainte !

Chers frères et sœurs, en Notre Dame, nous avons le plus bel exemple de la fidélité à la Parole divine. Cette fidélité fut telle qu’elle s’accomplit en Incarnation : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole ! » (Lc 1, 38), dit Marie avec une confiance absolue. Notre prière du soir va reprendre le Magnificat de Celle que toutes les générations diront bienheureuse, car elle a cru en l’accomplissement des paroles qui lui avaient été dites de la part du Seigneur (cf. Lc 1, 45) ; elle a espéré contre toute espérance en la résurrection de son Fils ; elle a aimé l’humanité au point de lui être donnée pour Mère (cf. Jn 19, 27). Ainsi, « dans la Parole de Dieu, Marie est vraiment chez elle, elle en sort et elle y rentre avec un grand naturel. Elle parle et pense au moyen de la Parole de Dieu ; la Parole de Dieu devient sa parole, et sa parole naît de la Parole de Dieu » (Deus caritas est, n. 41). Nous pouvons lui dire avec sérénité : « Sainte Marie, Mère de Dieu, notre Mère, enseigne-nous à croire, à espérer et à aimer avec toi. Indique-nous le chemin vers son règne ! » (Spe salvi, n. 50).

Amen.

 

 

 

 

 

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Published by Soeurs Franciscaines de N Dame des Douleurs - dans Evènements
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16 septembre 2008 2 16 /09 /septembre /2008 21:49

 

 


 

La récente visite du Pape en France aura été, sans nul doute, un grand événement. Les médias s’attendaient a une visite classique, voire banale, mais ce fut tout le contraire. En effet, elle fut d’une incontestable qualité, révélant, entre autres, aux yeux de tous, la personnalité de Benoît XVI dont beaucoup pensaient qu’il était écrasé par le charisme de son prédécesseur alors que, avec son visage exprimant la gentillesse et la douceur, il s’est avéré être , lui aussi, un homme particulièrement brillant.

Et ce fut un grand bonheur, heureux et merveilleux, avec en plus, un temps superbe, ensoleillé comme si ce soleil voulait communiquer sa joie et sa foi avec tout ce monde venu de toute part. Et s’est une immense joie que j’ai ressentie de connaître enfin Benoît XVI, même de très loin, mais, grâce aux écrans, j’ai pu voir son sourire, tellement beau et bienfaisant, sa simplicité transparente.

Ce grand intellectuel qui semblait si lointain a gardé la fraîcheur de son enfance et c’est ce qui a touché tous les cœurs, même les plus endurcis. Benoît XVI l’a dit : »n’ayez  pas peur, Dieu est partout et présent sur l’autel et dans nos cœurs ». Je soulignerai qu’il était réconfortant de voir toute cette foule composée de jeunes, de moins jeunes et surtout de voir tous ces jeunes handicapés qui nous entouraient venus chercher réconfort, joie et un peu de bonheur pour éclairer leur vie, parfois si cruelle et difficile

Il y aurait beaucoup à dire sur le contenu de cette visite papale mais il ne m’est pas possible d’en faire une analyse plus poussée. Je ne soulignerai donc que quelques aspects :

En premier lieu, le retour au « sacré « à condition, bien sûr, qu’il ne soit pas compris de l’intégrisme , me semble être un recadrage justifié qui prend toute sa valeur dans notre époque qui n’a d’autres repères que ceux de consommer plus pour consommer, de se fabriquer des idoles éphémères ou encore, de cultiver la violence pour ne citer que cela.

Ensuite, que l’Eglise affiche une autre ambition que celle de faire du simple syndicalisme comme beaucoup tendaient de le faire dans les années 60-70, est également la confirmation de ce qui a déjà été fait par Jean-Paul II.

Enfin, la laïcité positive et ouverte est, à mon sens, une conception intelligente pour alimenter les rapports entre l’état et les différentes religions : elle devrait contribuer à donner un peu de  hauteur au débat.

Reste que quelques grands sujets demeurent sans réponses ou, au contraire, sont bloqués dans des prises de position incompréhensibles comme celles du mariage des prêtres, de la place des femmes dans l’Eglise ainsi que du problème des couples divorcés. Mais le temps fera, peut-être, son œuvre !!

Quoi qu’il en soit, ce voyage de notre pape, la ferveur des foules immenses et recueillies, la communion pleine de joie de notre groupe, cela m’a redonné encore plus la foi et je continuerai encore plus, à prier pour la paix dans le monde entier.

MERCI BENOIT XVI

Montmorency, le 19 Octobre 2008

Emilienne Michel-84 ans

Résidence pour personnes âgées Héloïse

W katedrze Notre Dame spotkali sie z Ojcem św. biskupi, kapłani i osoby konsekrowane. Do Notre Dame na wyspie św. Ludwika nadciągały różne osoby, młode siostry ze wspólnoty Jerozolimskiej, młodzi zakonnicy w habitach z nietypowa tonsurą jak w XII wieku za czasów św. Franciszka i Antoniego, wiele sióstr i kapłanów z obcych krajów i rzesza zakonnic po cywilnemu. Obecny też był znany ks. Guy Gilbert zajmujący się narkomanami. W oczekiwaniu na otwarcie katedry przeszliśmy prze kilka kontroli. Był to też czas na wzajemne zapoznanie się i spotkanie znajomych osób. Po wejściu do katedry mieliśmy jeszcze dwie godziny oczekiwania na przybycie Ojca św. na Nieszpory. Na telebimach rozmieszczonych w katedrze mogliśmy oglądać spotkanie Ojca św. z ludźmi kultury w Kolegium Bernardin a następnie przejazd do katedry i owacyjne powitanie Papieża na placu przed katedrą przez zgromadzoną tutaj młodzież. W czasie homilii Papież mówił o wierności Słowu Bożemu na różnych szczeblach powołania. Po Nieszporach przeszedł przez katedrę do głównych drzwi  by spotkać się z młodzieżą oczekującą Go na placu. Idąc wzdłuż katedry podawał nam ręce i serdecznym gestem pozdrawiał wszystkich. Następnie młodzież czuwała w katedrze i przeszła procesjonalnie na pola inwalidzkie niosąc światło. Tam oczekiwali na Msze św. którą odprawił Papież o godzinie 10 tej. Podczas całej pielgrzymki Ojca św. trwała podniosła i uroczysta atmosfera. Tak wierzący jak i gnostycy ocenili pielgrzymkę bardzo pozytywnie. Podziwiano inteligencję i pedagogiczne podejście Papieża do młodzieży. Imponowała ludziom jego postawa pełna pokoju i pokory, skupienia, przemówienia pełne treści i pytań. Czuliśmy się bezpiecznie przy boku Ojca, który przyjechał uczcić 150 rocznicę objawień Swojej i naszej Matki w Lourdes. Trzeba też powiedzieć że organizacja wszystkich spotkań była wyjątkowo dobra. Dziękujemy Bogu za ten powiew ożywczy Ducha św. w kościele francuskim, który, jak się okazało, odradza się.

Od paru miesięcy trwały przygotowania do przyjazdu Ojca św. do Francji. Siostry naszych dwóch wspólnot podzieliły się na dwie grupy: jedne otrzymały bilety na spotkanie z Ojcem Świętym w katedrze Notre Dame, drugie uczestniczyły z osobami starszymi we Mszy św. na Esplanade des Invalides.





















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Published by Soeurs Franciscaines de N Dame des Douleurs - dans Evènements
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Centre de soins infirmiers

      
Centre de soins infirmiers des Sœurs

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Tel :01.39.83.15.52

 

Permanence :

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Samedi et Dimanche sur RV

Soins infirmiers à domicile

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dimanche à 10h

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